La propulsion fédérale dans le firmament de l’attraction souverainiste
Charrette, n. f.
[Familier] Période de travail intensif effectué pour terminer à temps
un projet urgent. (Antidote)
Le projet urgent n’était pas la réélection opportuniste d’un gouvernement démissionnaire. Le projet urgent était de gouverner de manière responsable pour faire face à la crise.
La précipitation est toujours la pire des solutions. Penser faire oublier le déclenchement d’élections précipitées peut fonctionner une fois. Les Conservateurs de la Art-Peur sont parvenus à le faire, mais peut-être seulement, justement, grâce à l’erreur de la Art-Peur que pense ne pas faire le Premier ministre Jean Charest démissionnaire. On peut donc le faire une fois. Mais deux fois ? Le pari est risqué.
Surtout si l’on s’abstient de tenir compte de l’effet de reprise et d’accumulation de la frustration. Le problème avec les tares de la dépendance au jeu, c’est que le jeu fonctionne un temps. Mais il faut savoir quand s’arrêter.
La troisième fois est la bonne, après les élections aux États-Unis l’appel au changement devient irrésistible. Le calculateur a oublié de compter jusqu’à trois.
À l’examen politique, le pire n’est pas tant de faire une erreur dans une équation, le pire c’est d’oublier une donnée de l’équation. Le calcul s’en trouve faussé alors qu’on pense avoir trouvé la solution.
Jean Charest est un piètre calculateur politique qui se prétend le grand calculateur économique de la stabilité. En invoquant la condition du gouvernement majoritaire, erreur que n’a pas faite le gouvernement démissionnaire de la Art-Peur, le déclenchement précipité d’élection trouve sa raison. Par contre, le moindre resserrement dans les sondages prive de raison les élections. Comme cela se trouve à être confirmé par les récents sondages.
SONDAGE EXCLUSIF - Léger / Le Journal
Charest perd des points Le Journal de Montréal - 2008 11 11
En pensant ne pas faire l’erreur de la Art-Peur, Jean Charest s’est collatéralement privé d’une distraction essentielle capable de camoufler l’odieux d’un déclenchement précipité. En pensant ne pas faire l’erreur des autres, il aura commis l’irréparable erreur de faire l’erreur que les autres n’ont pas faite. Dur dur de penser pouvoir gouverner en démissionnant alors que tout nous permettait de... gouverner.
Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument.
Les faibles se contentent de peu. La faible avance dans les sondages du PLQ aura contenté M. Charest un peu trop vite. Le faible démissionnaire pensant ne jamais pouvoir rêver mieux se sera dit que ce ne pourrait qu’être pire lorsqu’il devra cesser de ne pas gouverner pour faire face à la crise. Le démissionnaire a parlé.
Le triple démissionnaire a parlé... Il démissionne.
Démissionnaire irresponsable de l’État responsable
Le démissionnaire de la culture économique de la démission de l’État face à un capitalisme de la spéculation. Le propagandiste de la culture de la déréglementation, du retrait de l’État donc, se trouve à avoir été l’allié de celles et ceux qui ont par leur démission permis au capitalisme sauvage d’aller au bout de sa déraison qui a provoqué une crise que prétendent pouvoir juguler ceux-là même qui ont accordé licence complète au bar ouvert des valeurs frelatées par des pilleurs assoiffés. La dépendance aux profits faciles et à courte vue est l’égal mur sur lequel se frappent les tenants de cette culture du mauvais calcul démissionnaire.
Démissionnaire de la gouverne de l’État
Pas étonnant que la seule solution de cette culture soit la précipitation dans la démission. En démissionnant encore, Jean Charest prouve qu’il n’est pas de bon gouvernement. En affirmant n’accepter vouloir gouverner que dans la superbe de la majorité, il abdique et refuse de gouverner en minoritaire. La liquéfaction du mirage majoritaire ne fait que donner au peuple qu’une seule avenue. Un gouvernement responsable du PQ de Pauline Marois, un gouvernement qui accepte de former un gouvernement minoritaire. Le Premier ministre Charest démissionnaire l’a refusé en démissionnant. En réitérant cette abdication qui pose la condition du mirage majoritaire, il persiste et signe : il ne désire pas former le prochain gouvernement minoritaire. Nous n’avons pas le choix d’élire le seul parti capable de le faire.
Responsable de la démission du peuple seul fondateur de l’État
responsable
Pas étonnant que ce démissionnaire-là, se trouve aussi à être responsable apologiste de la démission du peuple seul et unique fondateur de l’État qu’il désire. Le Jean Charest de la culture économique de la démission se trouve aussi à être le Jean Charest de la culture politique de la démission irresponsable face à un Canada responsable de l’enfermement du peuple souverain dans un État unilatéral du statut quo des manoeuvres commanditaires, dans un État du Canada des manifestations de chantage émotif de l’Amour infini à coup d’argent dépensé en tout irrespect des règles du Québec, dans un État du Canada des manipulations immigratoires et des menaces de représailles économiques, politiques, sociétales et culturelles proférées sans ménagement contre le peuple démocratique et souverain du Québec.
La même culture de la menace qui statuait que l’État devait se retirer de la gestion de la gestion du capitalisme de marché supposé s’autoréguler sans autres interventions extérieures au marché lui-même, sous peine de régression, de stagnation, voire de recul. Cette crise démontre plutôt le contraire et confirme la faillite d’un capitalisme sauvage. Cette crise revalorise l’État responsable s’opposant à l’État de la démission.
La charrette libérale en péril
Le mirage de la majorité mirage
En mettant la charrette de l’opportunisme calculateur devant les boeufs de la coutume politique qui veut qu’un gouvernement gouverne, en précipitant le Québec dans une charrette sous de faux prétextes de majorité/mirage, Jean Charest signifie par sa culture de la triple démission son propre licenciement, tout aussi sûrement que s’il l’avait décidé lui-même, aussi sûrement que s’il se le signifiait lui-même à lui-même dans le miroir de l’absolutisme arrogant. En provoquant des élections prématurées qui font du Québec une charrette précipitée à l’heure de pointe dans le trafic d’un boulevard encombré de bouchons électoraux, il trafique lui-même la machine de l’espace-temps qui l’aspire dans le trou noir de l’Histoire, là où se trouvent enfermés les enfermeurs du peuple démocratique et souverain qui jamais n’a été appelé à valider l’État du Canada du statut quo, jamais été appelé à légitimer un fédéralisme démissionnaire qui se contente de tenir pour légitime ce qui n’est que légalité imposée de force et d’autorité par un Canada avatar d’un Empire monarchique de droit divin désuet et déraisonnable, un État illégitime et abuseur répudié par le peuple et son Assemblée nationale, un État unilatéral et abusivement légalisé par quelques juges de Cour... de Cour suprême, et ce, sans jamais appeler le peuple souverain du Québec à se valider et légitimer nommément et démocratiquement.
Cette incurie s’ajoutant à l’incurie de gouvernement, multiplié par l’incurie de règlements d’un capitalisme déréglementé de licence économique et financière complète, ne peut que ramener le Premier ministre de la sinistre triple démission à ses propres et privées écuries du licenciement que ne manquera pas de lui signifier un peuple avide de changement et de gouvernement responsable et souverain.
Le gouvernement responsable et souverain
Nous avons obtenu il y a plus d’un siècle le gouvernement responsable, nous reste à nous donner un gouvernement souverain. Cela passe maintenant par l’élection d’un gouvernement souverainiste responsable, cela passe par un gouvernement souverainiste du Parti Québécois. Cela, grâce au bloc du vote de tous les hommes et de toutes les femmes souverainistes. Cela en mettant de côté la querelle irresponsable. Cela en choisissant l’unité et l’appui responsable.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

