De toute évidence, il n’y aura pas d’enquête publique sur le système mis en place où financement des partis politiques et attributions des contrats de services professionnels et de construction sont coordonnés tant au niveau municipal que provincial sans parler de la collusion entre les donneurs d’ouvrages au moment des soumissions lors d’appels d’offres. Ce système nous coûte cher en argent sonnant et en éthique bafouée.
Il serait assez facile de prendre les noms des membres des compagnies qui obtiennent des contrats des gouvernements, bureaux d’ingénieurs, firmes de construction et de vérifier sur le site du Directeur général des élections la liste des donateurs de 1,000 $ au municipal et de 3,000$ au provincial. Cette recherche a été faite par la journaliste Isabelle Porter du Devoir et elle conclut, dans l’édition du jeudi 22 octobre 2009 : Dessau et BPR ont financé le parti de Labeaume en 2008, deux firmes d’ingénieurs qui ont obtenu d’importants contrats à Québec. Les dons qui ont été faits respectent le montant maximal autorisé par la loi.
Or, sans me référer aux deux firmes précitées que je n’accuse de rien, je rappelle le témoignage de Benoît Labonté à propos de la pratique très répandue, des prête-noms. C’est son expérience que de nombreuses compagnies qui font des affaires avec les gouvernements municipal ou provincial financent le parti au pouvoir pour obtenir des contrats en donnant mettons 50,000$ au parti qui seront camouflés en 50 chèques de 1,000.$ sous des prête-noms qui seront remboursés par la compagnie à chaque individu qui aura fait un chèque. La même combine pourra exister au niveau provincial mais cette fois-ci le montant maximum sera de 3,000$,
J’ai déjà démontré que les membres de la famille Desmarais et des membres des compagnies affiliées à Power Corporation financent chaque année depuis 1997 le salaire de 75,000$ payé chaque année à Jean Charest par le Parti libéral du Québec, salaire qui n’a été révélé que l’an dernier. 750,000 $ au noir pour le premier ministre du Québec, comme dirait Mario Lemieux, c’est quelque chose. Et on n’a pas la preuve que ce n’est pas un montant plus élevé.
Pensez-vous que Jean Charest a intérêt à ce qu’une corrélation soit faite entre les donateurs au Parti libéral du Québec et les dirigeants des grosses compagnies (comme Power Corporation) les employés des bureaux d’ingénieurs ou les gros contracteurs des travaux d’infrastructures (40 milliards, c’est le même montant perdu par les “traders” assoiffés de rendement et de profits personnels de la Caisse de dépôt, “traders” encouragés par le changement à la loi qui régit la Caisse fait par le Parti libéral au pouvoir).
Le rapport financier du Parti libéral du Québec au 31 décembre 2008 accessible sur le site du Directeur général des élections nous donne les renseignements suivants. En 2008, le Parti libéral du Québec a ramassé 8,345,660 $ qui proviennent de 14,091 contributions de plus de 200.$ Une commission d’enquête pourrait obtenir la liste des dirigeants et employés des compagnies, sociétés, bureaux d’ingénieurs (et d’avocats), gros contracteurs en construction, donneurs de services professionnels et comparer cette liste avec la liste des donateurs du Parti libéral du Québec. Il serait alors très facile de savoir quel ”organisme” qui fait affaire avec les gouvernements pourrait être susceptible d’être accusé de faire usage de prête-noms, pratique illégale. Pour le moment je ne fais qu’une hypothèse qui n’est pas encore “documentée” pour employer l’anglicisme utilisé par Diane Lemieux.
Pensez-vous que Jean Charest souhaite une enquête qui mettrait à jour “le système” sous lequel fonctionne le gouvernement libéral du Québec ? Il a un intérêt direct à ce que la lumière ne soit pas faite sur un “système” qui a rapporté en 2008, 8 millions, 345 mille, 660 dollars au parti libéral qu’il dirige de façon absolue. Jean Charest est dans une situation qu’on appelle un “conflit d’intérêts”.
Aucune pression ne sera assez forte pour qu’il y ait une enquête. A moins que des journalistes d’investigation de La Presse, du Devoir, de ruefrontenac.com, de Radio-Canada appliquent au Parti libéral du Québec la même médecine qu’ils ont servie à Gérald Tremblay, Benoît Labonté, Tony Accurso et aux autres. Il faudrait être bien naïf pour croire qu’il n’y a aucun lien entre le tout-puissant Tony Accurso et le Parti libéral du Québec que des ministres soient allés sur son yacht ou pas.
Voyez-vous le journal de Paul Desmarais faire enquête sur le financement du Parti libéral du Québec et sur les liens entre ce financement et l’attribution de contrats pour les infrastructures ? Voyez-vous Radio-Canada faire enquête sur le même sujet : autour de l’affaire du salaire de 75,000$ de Jean Charest, est-ce que Radio-Canada a interrogé le grand spécialiste de la question, Patrick Bourgeois ? (Lire "La Nébuleuse" Petit voyage au coeur des relations non recommandables de Jean Charest, par Patrick Bourgeois.) Le Devoir ou ruefrontenac.com pourraient faire quelque chose. Isabelle Porter, votre article sur le financement du maire Labeaume est prometteur. Continuez. Vous êtes capable.
En attendant, il faut mettre de la pression sur Jean Charest jusqu’au moment où les électeurs lui montreront la porte. Ce qui ne sera pas facile car il y a beaucoup de monde qui profite du système. Sans parler des fatalités électorales. Nous devons être des marathoniens. Et continuer à payer plus cher qu’ailleurs les services d’ingénierie et les travaux de construction et d’infrastructures.
***
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 27 octobre 2009


