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Pourquoi il n’y aura pas d’enquête publique ouverte et indépendante
Jean Charest est en conflit d’intérêts
Il faudrait être bien naïf pour croire qu’il n’y a aucun lien entre le tout-puissant Tony Accurso et le Parti libéral du Québec que des ministres soient allés sur son yacht ou pas.
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mardi 27 octobre 2009      519 visites      4 messages


De toute évidence, il n’y aura pas d’enquête publique sur le système mis en place où financement des partis politiques et attributions des contrats de services professionnels et de construction sont coordonnés tant au niveau municipal que provincial sans parler de la collusion entre les donneurs d’ouvrages au moment des soumissions lors d’appels d’offres. Ce système nous coûte cher en argent sonnant et en éthique bafouée.

Il serait assez facile de prendre les noms des membres des compagnies qui obtiennent des contrats des gouvernements, bureaux d’ingénieurs, firmes de construction et de vérifier sur le site du Directeur général des élections la liste des donateurs de 1,000 $ au municipal et de 3,000$ au provincial. Cette recherche a été faite par la journaliste Isabelle Porter du Devoir et elle conclut, dans l’édition du jeudi 22 octobre 2009 : Dessau et BPR ont financé le parti de Labeaume en 2008, deux firmes d’ingénieurs qui ont obtenu d’importants contrats à Québec. Les dons qui ont été faits respectent le montant maximal autorisé par la loi.

Or, sans me référer aux deux firmes précitées que je n’accuse de rien, je rappelle le témoignage de Benoît Labonté à propos de la pratique très répandue, des prête-noms. C’est son expérience que de nombreuses compagnies qui font des affaires avec les gouvernements municipal ou provincial financent le parti au pouvoir pour obtenir des contrats en donnant mettons 50,000$ au parti qui seront camouflés en 50 chèques de 1,000.$ sous des prête-noms qui seront remboursés par la compagnie à chaque individu qui aura fait un chèque. La même combine pourra exister au niveau provincial mais cette fois-ci le montant maximum sera de 3,000$,

J’ai déjà démontré que les membres de la famille Desmarais et des membres des compagnies affiliées à Power Corporation financent chaque année depuis 1997 le salaire de 75,000$ payé chaque année à Jean Charest par le Parti libéral du Québec, salaire qui n’a été révélé que l’an dernier. 750,000 $ au noir pour le premier ministre du Québec, comme dirait Mario Lemieux, c’est quelque chose. Et on n’a pas la preuve que ce n’est pas un montant plus élevé.

Pensez-vous que Jean Charest a intérêt à ce qu’une corrélation soit faite entre les donateurs au Parti libéral du Québec et les dirigeants des grosses compagnies (comme Power Corporation) les employés des bureaux d’ingénieurs ou les gros contracteurs des travaux d’infrastructures (40 milliards, c’est le même montant perdu par les “traders” assoiffés de rendement et de profits personnels de la Caisse de dépôt, “traders” encouragés par le changement à la loi qui régit la Caisse fait par le Parti libéral au pouvoir).

Le rapport financier du Parti libéral du Québec au 31 décembre 2008 accessible sur le site du Directeur général des élections nous donne les renseignements suivants. En 2008, le Parti libéral du Québec a ramassé 8,345,660 $ qui proviennent de 14,091 contributions de plus de 200.$ Une commission d’enquête pourrait obtenir la liste des dirigeants et employés des compagnies, sociétés, bureaux d’ingénieurs (et d’avocats), gros contracteurs en construction, donneurs de services professionnels et comparer cette liste avec la liste des donateurs du Parti libéral du Québec. Il serait alors très facile de savoir quel ”organisme” qui fait affaire avec les gouvernements pourrait être susceptible d’être accusé de faire usage de prête-noms, pratique illégale. Pour le moment je ne fais qu’une hypothèse qui n’est pas encore “documentée” pour employer l’anglicisme utilisé par Diane Lemieux.

Pensez-vous que Jean Charest souhaite une enquête qui mettrait à jour “le système” sous lequel fonctionne le gouvernement libéral du Québec ? Il a un intérêt direct à ce que la lumière ne soit pas faite sur un “système” qui a rapporté en 2008, 8 millions, 345 mille, 660 dollars au parti libéral qu’il dirige de façon absolue. Jean Charest est dans une situation qu’on appelle un “conflit d’intérêts”.

Aucune pression ne sera assez forte pour qu’il y ait une enquête. A moins que des journalistes d’investigation de La Presse, du Devoir, de ruefrontenac.com, de Radio-Canada appliquent au Parti libéral du Québec la même médecine qu’ils ont servie à Gérald Tremblay, Benoît Labonté, Tony Accurso et aux autres. Il faudrait être bien naïf pour croire qu’il n’y a aucun lien entre le tout-puissant Tony Accurso et le Parti libéral du Québec que des ministres soient allés sur son yacht ou pas.

Voyez-vous le journal de Paul Desmarais faire enquête sur le financement du Parti libéral du Québec et sur les liens entre ce financement et l’attribution de contrats pour les infrastructures ? Voyez-vous Radio-Canada faire enquête sur le même sujet : autour de l’affaire du salaire de 75,000$ de Jean Charest, est-ce que Radio-Canada a interrogé le grand spécialiste de la question, Patrick Bourgeois ? (Lire "La Nébuleuse" Petit voyage au coeur des relations non recommandables de Jean Charest, par Patrick Bourgeois.) Le Devoir ou ruefrontenac.com pourraient faire quelque chose. Isabelle Porter, votre article sur le financement du maire Labeaume est prometteur. Continuez. Vous êtes capable.

En attendant, il faut mettre de la pression sur Jean Charest jusqu’au moment où les électeurs lui montreront la porte. Ce qui ne sera pas facile car il y a beaucoup de monde qui profite du système. Sans parler des fatalités électorales. Nous devons être des marathoniens. Et continuer à payer plus cher qu’ailleurs les services d’ingénierie et les travaux de construction et d’infrastructures.

***

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 27 octobre 2009




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Vos commentaires:
  • Jean Charest est en conflit d’intérêts
    27 octobre 2009, par Mario Goyette

    Bonjour M.Barberis

    Heureusement qu’il y a Internet pour nous informer convenablement, car les médias n’en ont que pour la grippe H1N1 ou le dernier album-photo de Céline. Peu avant que David Whissel démissionne de son poste de Ministre de l’asphalte, le nouveau député libéral de Rivière-du-Loup, Jean d’Amour, était mis sous enquête par le commissaire au lobbyisme pour sa relation d’affaire avec la firme BPR, voir les compteurs d’eau de Montréal. Ce gouvernement libéral nous sert de la boue dans un bas de soie(j’attenue l’expression) quand ce n’est pas le baîllon. http://www.radio-canada.ca/regions/...


  • Jean Charest est en conflit d’intérêts
    28 octobre 2009, par Nosco
    Dans le même ordre d’idée, voici un texte initialement diffusé sur le forum du Québécois. Une commission d’enquête publique est inévitable L’excellent travail de plusieurs journalistes d’enquête a permis de mettre à jour cette corruption qui tourne autour du financement des partis. Au Québec, la construction d’infrastructure sert à blanchir l’argent du crime organisé. Pour acheter ces droits, (...)

    Lire ce commentaire

    Dans le même ordre d’idée, voici un texte initialement diffusé sur le forum du Québécois.

    Une commission d’enquête publique est inévitable

    L’excellent travail de plusieurs journalistes d’enquête a permis de mettre à jour cette corruption qui tourne autour du financement des partis. Au Québec, la construction d’infrastructure sert à blanchir l’argent du crime organisé. Pour acheter ces droits, l’entrepreneur corrompu graisse les fonctionnaires et les caisses des partis politiques. Tout cela sous la supervision des firmes d’ingénieries. Cette problématique est intimement associée au blanchiment d’argent provenant du trafic de la drogue et autres activités criminelles, dont Montréal est depuis fort longtemps une plaque tournante, un peu comme la sœur de New York. Il semble également que certains fédéralistes auraient ouvert la porte à ce système afin de lutter avec plus d’efficacité contre le mouvement indépendantiste. Peut-être était-ce en mai 70, quand le gouvernement canadien a créé la section G de la GRC chargée de combattre le séparatisme ? Y aurait-il des forces étrangères qui auraient profité de la présence du mouvement indépendantiste québécois pour offrir divers services et se placer les pieds aux plus hautes instances du Canada ? La nomination en septembre 2000 de Guilano Zaccardelli à la tête de la GRC n’avait rien de rassurant à cet égard.

    Plus récemment, la démission de Coderre et de ces acolytes est fort probablement due aux enquêtes en cours plus qu’à une chicane entre deux individus de même origine. Quand le PLC de Coderre confie son financement à Jean (Giovanni) Rizzuto, frère de feu Pietro Rizzuto, celui qui en 1970 a construit, avec son entreprise InterState Paving sous la supervision de DESjardins SAUriol, le viaduc de la Concorde et anciennement responsable lui aussi du financement du PLC, on est en droit de ce poser de sérieuses questions. Comment se déroulent les contrats de réparation de nos viaducs ? Combien d’enquêteurs devront nous mettre là-dessus ? Les Ramsol, Angeco, Catcan, Opron, Garnier, Pilmo, et autres nous chargent-ils le prix attendu pour rénover nos viaducs ? Comment ont-ils obtenu les contrats ? Si l’on paie vraiment 38% de plus qu’ailleurs il faut se demander où va cet argent.

    Toute cette problématique doit être regardée dans son contexte nord-américain. Il semble que le positionnement de la mafia sicilienne au Canada pourrait avoir encouragé les visées de Rudolph Giuliani l’ancien maire de New York sur la présidence de la première puissance mondiale. Ce Sicilien dont le père à fait de la prison pour vol à main armée a recruté son bras droit Bernard Kérick dans les forces policières de New York. Ce dernier serait lié à l’entreprise InterState Industrial Corporation qui opérerait, semble-t-il, le même genre de combine. Il est actuellement accusé de corruption par la justice américaine. Monsieur le maire préconisait la tolérance zéro pour les bas étages, mais pour ce qui est des hautes sphères de la finance et son entourage ce n’était pas la même histoire...

    Les fédéralistes canadiens auraient-ils perdu le contrôle ? Une commission d’enquête publique s’impose et rapidement. Il ne faut pas commettre l’erreur d’envoyer en prison les coupables avant de faire une commission d’enquête. Cela pourrait servir la cause de ces corrompus qui profiteraient de leur séjour en prison pour se mettre à l’abri de la commission d’enquête publique, sur la base des droits des prisonniers. Tout comme la commission Gomery, les deux enquêtes doivent avoir lieu simultanément et elles doivent intégrer les firmes de construction et d’ingénieries, les partis politiques de même que les questions de blanchiment d’argent provenant d’activités criminelles. Il faut changer les lois de manière à réduire cette problématique qui a pris des proportions endémiques.

    Nosco


  • Jean Charest est en conflit d’intérêts
    28 octobre 2009, par Marie Mance Vallée

    Jean Charest est non seulement en conflit d’intérêt, mais il est un renégat.

    Dans l’affaire de madame Roy, leader de l’ADQ, il a mis en place le tribunal d’une inquisition québécoise. Il adopte la méthode bien connue de la mafia ; il intimide pour faire taire même les députés de l’Opposition à l’Assemblée nationale.

    Il doit être bien mal pris avec ses amis !!! pour réagir de cette façon.


  • Jean Charest est en conflit d’intérêts
    5 novembre 2009, par André Bissonnette
    pourquoi ne serait-il possible d’obliger les donateurs d’inscrire le nom de leur employeur sur la formule du don, sans quoi le don serait carrément refusé ? On pourrait ainsi faire les recoupements qui mèneraient vers l’employeur qui utilise des prête-noms.
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