Madame Marois,
Je suis consterné d’apprendre que vous avez « flushé » un homme que je respecte et que j’admire beaucoup, Monsieur Patrick Bourgeois. J’aurais peut-être compris si Monsieur Bourgeois avait fait des commentaires inappropriés devant les journalistes, ou qu’il vous aurait mis dans une situation politique intenable. Toutefois, malgré une position ferme et radicale dans ses propos, Monsieur Bourgeois a toujours eu, dans son ton et dans ses propos, beaucoup de courtoisie et beaucoup de générosité envers la famille péquiste. Pourtant, le PQ a démontré davantage de couardise et de manque d’imagination, depuis le départ de Monsieur Parizeau, que de conviction et de vision.
Vous croyez probablement que vous êtes présentement en réserve de la République depuis les dernières élections. Je vous informe que, malheureusement, tout ce que vous avez gagné aux dernières élections c’est le rôle de deuxième violon dans un gouvernement provincial dont les pouvoirs, au train où vont les choses, seront bientôt réduits à ceux d’une grosse municipalité.
J’ai le regret de vous annoncer que j’ai pris la décision de ne plus militer au Parti Québécois et de ne plus appuyer ce parti lors d’élections tant que vous demeurerez le chef. Aux dernières élections, j’ai pris la peine d’aller voter pour le PQ, et j’ai convaincu ma conjointe de venir avec moi, même si nous demeurons dans un conté perdu d’avance, soit celui de Madame Forget, la Ministre des Finances. C’est avec beaucoup de tristesse que je prends cette décision, puisque j’aimais beaucoup l’idée d’avoir une femme à titre de chef d’État. De plus, j’ai beaucoup de respect pour vos talents de gestionnaire et votre vaste expérience. Malheureusement, il vous manque un petit quelque chose qui aurait pu faire de vous une politicienne exceptionnelle.
À l’avenir, je vais appuyer le Parti Indépendantiste. Si ce parti ne présente pas de candidat dans mon conté alors je choisirai entre appuyer un candidat de Québec Solidaire ou simplement d’annuler mon vote.
Je vous confirme donc, très respectueusement, que je me permets à mon tour de vous servir la même médecine que vous avez servie à Monsieur Bourgeois, en vous avisant que je vous « flushe » à mon tour.
En passant, tant qu’à y être, pourquoi ne changez-vous pas le nom du parti pour « Peak-You ». Ça vous permettrait de pratiquer votre anglais. Par contre, peut-être ne serait-ce pas le nom le plus approprié, malgré votre demi victoire électorale du 8 décembre dernier.
Très sincèrement,
Bernard Colagrosso
Ex-militant du PQ
Ex-membre du PQ
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
