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Dans un texte paru récemment sur Vigile, Éric Tremblay dénonce un débat péquiste qui a cours, dit-il, entre référendistes et affirmationnistes. Je ne sais pas à quel point cette discussion a réellement lieu, ne connaissant pas ce parti de l’intérieur, mais je suis d’accord avec monsieur Tremblay pour dire qu’actuellement, le PQ ne semble pas faire de l’indépendance une priorité — c’est le moins qu’on puisse dire, d’ailleurs —, et je salue ses efforts pour souligner ce navrant état de choses.
Cependant, je remarque que, du même souffle, monsieur Tremblay prend lui-même part, allègrement, à ce débat qu’il qualifie pourtant, avec raison, de byzantin.
En effet, il se dit fermement opposé au référendum, et affirme : " Les indépendantistes ne veulent pas rejouer dans la sinistre farce d’un troisième référendum qui permettrait à Ottawa de nous voler une seconde fois. ".
Bien sûr, personne ne veut se faire voler, mais pour le reste, je ne souscris pas à cette affirmation, et je dénonce à mon tour cet empressement à lier anti-référendisme et indépendantisme.
Le référendum, je ne suis ni pour ni contre. C’est un outil comme il y en a, j’imagine, d’autres. Si on me présente une façon alternative d’accéder à l’indépendance, jugée solide et efficace par des gens crédibles et qualifiés, j’y adhère. À cet égard, l’argument voulant qu’il faille changer de moyen parcequ’Ottawa ne joue pas franc jeu dans les référendums ne pèse pas lourd, puisqu’on peut fort bien en conclure, justement, qu’Ottawa enfreindra les règles de quelque démarche que ce soit, et fera tout pour faire avorter le projet de toute façon, référendum ou pas.
Je ne souhaite pas l’indépendance-sans-référendum, je souhaite l’indépendance, point.
Cette position catégorique anti-référendiste permet d’une certaine façon au PQ de continuer dans le flou, sachant ses éventuels concurrents tenants de cette démarche dont il est loin d’être certain, à ce moment-ci, qu’elle soit aussi rassembleuse que semble le prétendre Monsieur Tremblay.
Remarquons ici que, en disant refuser de parler de mécanique tout en se disant " souverainiste ", le PQ, paradoxalement, ne fait que ça dans le fond, mettre l’accent sur ladite mécanique.
Ainsi s’ouvre encore davantage le piège de la division à ce sujet, qui pourrait repousser des militants et électeurs vers ce parti qui fait mine de laisser certaines portes ouvertes, même s’il se prépare peut-être à proposer un " bon gouvernement " sans aucune velléité indépendantiste réelle.
N.Payne
Montréal
Bonjour Monsieur Bergeron.
Non, je ne suis pas politicien.
Le titre vous a-t-il trompé ? Je dis seulement que, pendant que le PQ ne semble plus indépendantiste, je trouve potentiellement contre-productif de lier obligatoirement l’indépendance à cette démarche que vous défendez ici bec et ongles, et que je n’ai pourtant pas dénoncée. Je constate simplement qu’elle fait l’objet de controverse — pas de ma part, j’insiste — depuis des décennies, et ne semble pas avoir fait clairement, jusqu’ici, l’unanimité chez les indépendantistes.
Quant à moi, contrairement à ce que vous dites, je serais bien tenté d’en accepter le résultat demain matin. Je ne dis pas que cette vision des choses n’est pas bonne. Mais je trouverais plus prometteur, à ce moment-ci, un parti résolument indépendantiste — ce que n’est pas le PQ en ce moment, on s’entend sans doute là-dessus — qui débatterait de la démarche avec ses membres, dans un cadre de temps précis, plutôt que de s’y cantonner dès sa fondation.

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