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On dit, chez les fédéralistes, que la province peut bouger et qu’elle n’a pas à attendre d’être prise en main. En fait, le Québec ne bouge que dans le sens prescrit pour ne pas être accusé de provoquer des crises inutilement. Si le Québec ne peut rien instituer qui serve sa souveraineté sur son territoire, c’est que son gouvernement n’est pas pleinement responsable. Le Québec est gouverné par organes fédéraux interposés. - André Savard
             
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Réplique à Jacques Noël
Jacques Noël et Stéphane Dion : même combat
En sacrifiant à ce que l’on récuse, on se vautre dans la fange que l’on dénonce.
Raymond Poulin
Tribune libre de Vigile
samedi 29 mars 2008      167 visites


Moi non plus je n’aime pas Stéphane Dion. Ses allusions passées au supposé nazisme des indépendantistes québécois en font à mes yeux un être bas et méprisable. Mais justement : si un tel amalgame est intolérable, il le demeure tout autant lorsqu’on le pratique à son égard ou, encore pire, à l’encontre de ceux qui lui sont apparentés. C’est ce que vient de faire M. Jacques Noël dans son article intitulé "Le beau-père de notre Stéphane adoré : un soldat de l’armée hitlérienne"

Le père de Mme Janine Krieber, comme tant d’autres Autrichiens après l’Anchluss, à qui on ne demandait pas leur accord, fut soldat sur le front de l’Est pendant la Deuxième Guerre mondiale. Pour ceux qui ne sortent pas d’un jardin d’enfance, ce seul fait ne le transforme pas en nazi ni en acteur volontaire d’atrocités. À moins d’être abyssalement ignorant ou particulièrement mal renseigné, ce qui m’étonnerait au plus haut point, M. Noël sait parfaitement tout cela, en dépit de quoi il n’hésite aucunement à laisser entendre, sans l’affirmer expressément, que M. Krieber fut nazi et barbare, simplement pour atteindre Stéphane Dion par ricochet. Il pratique allègrement, en toute mauvaise foi, ce qu’il dénonce chez ses adversaires, et il le fait de manière à se ménager une porte de sortie possible au cas où on le poursuivrait en justice pour ses propos.

Lisez ses autres articles, il emploie les mêmes procédés, l’amalgame et l’allusion, pour s’en prendre à l’immigration. Voilà des tactiques que l’on commence à voir sporadiquement, quoique beaucoup plus discrètement, dans d’autres textes publiés sur Vigile. Comme l’écrivait Camus dans L’Homme révolté : « Si la fin justifie les moyens, qui justifiera la fin ? »

Ce qui est inacceptable des fédéralistes l’est tout autant des indépendantistes, et c’est souiller la cause que l’on défend que d’y recourir. En sacrifiant à ce que l’on récuse, on se vautre dans la fange que l’on dénonce.

Raymond Poulin

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