Proche et Moyen-Orient

JUDÉO-SIONISME : lorsque la mystification devient vérité

mercredi 21 septembre 2011

JUDÉO-SIONISME : LORSQUE LA MYSTIFICATION DEVIENT VÉRITÉ

« Plus le mensonge est gros, plus on le répète, plus il aura des chances d’être cru dans un monde majoritairement compo-sé de Gentils, de judéo-chrétiens ou d’occidentaux »
Alan Hart (“Zionism, the Real Enemy of the Jews”)

Thami Bouhmouch - En ces temps de pensée unique, de propagande et de lavage de cerveau, des intellectuels moralement libres montent au créneau pour dénoncer les crimes de l’Etat juif et pester contre la lâcheté ambiante. Ils sont déterminés et de plus en plus nombreux… mais rien ne semble y faire. Comment un Etat, une armée peuvent-ils commettre autant de forfaits, infliger autant de souffrances à des civils démunis, pendant autant de décennies, sans que les puissances de ce monde et les instances internationales (ONU, CPI) ne se résolvent à y mettre le holà ? Comment l’entité judéo-sioniste s’est-elle débrouillée pour s’arroger le privilège insolite d’être au-dessus de la légalité ?

La queue du chien

Il y a deux conceptions d’apparence antinomiques :

L’une part du postulat selon lequel l’administration étasunienne ne fait pas le poids devant les ténors du sionisme. Ce seraient donc eux qui donneraient les directives à suivre et ainsi décideraient du sort du monde. Il est alors question de réseaux de soutien tentaculaires et de nababs sionistes exerçant une influence irrésistible à la fois sur les présidents étasuniens et sur les sociétés multinationales. Cette conception, largement connue, ne semble pas faire l’unanimité : « Y a-t-il un autre exemple, dans l’histoire de l’humanité, d’une superpuissance de 310 millions d’habitants complètement inféodée à un petit pays insignifiant d’au plus sept millions et demi d’individus se chamaillant pour quelques kilomètres de terres semi-arides ?

Est-il concevable qu’un pays pesant à peine 206 milliards de dollars de PIB annuel puisse contrôler et diriger une superpuissance qui aligne 14.510 milliards de PIB annuel ? ». (1) A priori, le doute est possible, surtout si l’on pense à la fameuse interrogation d’U. Avnery : « Est-ce le chien qui remue la queue ou la queue qui remue le chien ? ». (2)

L’autre conception se fonde sur l’idée que l’Etat hébreu ne serait qu’une tête de pont destinée à maintenir une tension constante au Proche-Orient et asservir ses populations. D’aucuns l’assimilent à une sorte de « base militaire », à une « colonie de peuplement et d’exploitation » implantée au cœur du monde arabe. On a été jusqu’à le qualifier de « quasi cinquante-et-unième État de l’Union ». De là, le projet judéo-sioniste n’est jamais qu’une variante régionale du projet impérialiste étasunien. C’est sous cet angle que doit être appréhendée l’aide financière et militaire accordée par Washington – une aide faramineuse, sans laquelle les crimes contre les Palestiniens ne seraient pas possibles. Selon S. Amin, « cet Etat surarmé [Israël], à l’avant-garde des technologies de pointe, morceau avancé d’Occident au Proche-Orient, dépensant 60% de son PIB à l’armée, c’est l’Etat rêvé pour les dirigeants occidentaux qui ne souhaitent pas un Israël vivant en paix avec les Palestiniens sur la base du droit international. L’Etat d’Israël joue aujourd’hui un rôle-clé pour l’Occident permettant le contrôle du Proche-Orient et des ressources pétrolières ». (3)

Certes, l’explication par le poids du lobby israélien ne suffit pas, mais ne doit pas pour autant être écartée. Il ne convient pas non plus de négliger l’approche par l’implantation d’un Etat factice en tant qu’instrument de l’hégémonie. A mon sens, si l’influence des officines sionistes est opérante au plus haut point, c’est parce qu’elle est perçue et accueillie favorablement, parce qu’elle s’accorde avec les intérêts bien compris de l’Occident. En somme, la politique de Washington concernant la Palestine s’avère être l’œuvre du Pentagone et des affairistes de l’armement autant que et parallèlement à celle des officines sionistes. A cela il faut s’empresser d’ajouter le rôle joué par les chrétiens sionistes dans la prééminence accordée historiquement à Israël dans le champ politique officiel des Etats-Unis.

Un pharisaïsme stupéfiant

Pourquoi les lobbyistes pro-Israël, les propagandistes et autres défenseurs à la solde du sionisme (y compris l’ONU) se bousculent-ils au portillon ? C’est parce que l’Etat juif, fier de son Mossad et son armée de criminels de guerre, de ses engins de destruction massive, de ses Apaches, ses drones « futés » et ses sous-marins nucléaires, a d’autres tours dans son sac. Les chefs sionistes en effet se sont appuyés très tôt sur la fourberie et les subterfuges permanents. Ils inventent sans relâche les échappatoires et les esquives. Farder la vérité est une arme redoutable, autant sinon plus que l’arsenal sophistiqué et démesuré dont ils disposent.

Le fait vaut d’être souligné : un pharisaïsme d’un genre extraordinaire caractérise le judéo-sionisme ; c’est une armature essentielle du mouvement et en même temps le signe annonciateur de sa mort. Selon Alan Hart, en effet, « en 1986, ce pharisaïsme a été décrit par Y. Harkabi, ancien directeur des renseignements militaires israéliens, comme "le plus grand danger réel" pour l’État juif ». (4)

La réalité du sionisme est « médiamensongée » à un point jamais atteint dans l’histoire. Il y a une combine que les juifs israéliens manient de main de maître (et qu’ils ont inculquée à leurs acolytes étasuniens) : plus l’artifice, le mensonge, l’hypocrisie sont gros, plus ils sont gobés d’une traite par l’opinion mondiale. Les attrape-nigauds du genre « lutte contre le terrorisme », « danger islamiste », « Israël, état démocratique », « menace de destruction d’Israël » font partie depuis belle lurette de la boite à outils du parfait sioniste. C’est un langage éculé, mille fois répété, martelé ad nauseam, mais il a le mérite de bien fonctionner. Les mouvements sionistes sont à l’origine de tout un assortiment de diversions mielleuses et de mensonges savamment échafaudés. La rhétorique d’hypocrisie est flagrante et virulente, un véritable affront à la raison. « Le bon sens, note B. Gratton, reste l’ennemi numéro 1 des mensonges sionistes. Avec le bon sens, l’absurdité de certaines histoires saute aux yeux, il peut s’agir d’impossibilité technique flagrante, d’absence totale de preuves, de coïncidences plus que curieuses, de diabolisation excessive et injustifiable » (5)

Des brigades d’hasbaristes (propagandistes) bien entraînés sont à l’œuvre un peu partout, même là où on les attend le moins. Wikipedia, par exemple, infiltrée par une escouade de juifs sionistes, n’arrête pas de fabriquer les contrevérités les plus invraisemblables. Vous voulez un exemple ? Composez les mots Nakba Palestine et vous découvrirez ce que la dissimilation et la manipulation veulent dire. On ment à propos du mouvement Hamas (« ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix »), d’Hugo Chavez (« despote, populiste »), d’Ahmadinejad (« le terrible dictateur religieux antisémite ») et de Nasrallah (« un terroriste soutenu par la Syrie et l’Iran »), comme on l’a fait à propos de Saddam Hussein. Les médias, bien entendu, suivent tête baissée.

Les juifs israéliens ont le toupet monstrueux de clamer que l’Iran ne doit pas développer des capacités nucléaires alors que chacun sait qu’ils disposent depuis longtemps d’un arsenal militaire colossal (sans parler des armes chimiques et biologiques). C’est d’ailleurs grâce à cet armement qu’Israël, 6ème puissance mondiale dans ce domaine, tient en otage tous les peuples de la région.

Les boniments sur le « futur Etat palestinien », sur la distinction entre colonies « légales » et colonies « irrégulières » ou « sauvages » ont déjà trop duré. Une réflexion d’I. Pappé mérite mention : « les sionistes ont appris que le colonialisme n’était pas populaire, alors ils l’ont traduit différemment, ils ont trouvé le mot "settlement" [implantation], qui signifie quelque chose d’autre en anglais ; et ils ont trouvé cette réponse : "Oui, c’est coloniser, mais ce n’est pas comme coloniser, c’est une chose différente". L’État pour les Palestiniens, c’est deux Bantoustans, divisé par douze en Cisjordanie et clôturé comme un camp de concentration à Gaza, qui n’a pas de connexion entre les deux, et qui a une petite municipalité à Ramallah que l’on appellera gouvernement ; voilà l’État ». (6) Qui, à part un sioniste, peut se permettre de parler avec autant de désinvolture et de dérision ?

Les « accords » signés sont systématiquement foulés aux pieds. La boutade de Ben Gourion à ce propos est très éloquente : « Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal, nous avons pris leur pays » (cité par Nahum Goldmann dans « Le paradoxe juif », 1976). La bravade est proférée sur un ton plein de morgue et de dérision.

Les Israéliens croient dur comme fer, qu’à la longue, ils arriveront à effacer définitivement le « problème palestinien ». Notamment, en affirmant et en répétant que le peuple palestinien n’existe pas et n’a jamais existé. Pour le démontrer, rien n’est plus facile : les livres scolaires israéliens expliquent insidieusement qu’à l’époque des Ottomans, des populations venues « d’ailleurs » et peu nombreuses « ont été installées » dans la région. Des générations d’écoliers ont été abreuvées ainsi, puis lâchées sur les Palestiniens. Comme le relève P. Stambul, « la colonisation sioniste et la création de l’Etat d’Israël se sont accompagnées d’un négationnisme total (j’emploie intentionnellement ce mot qui est très chargé symboliquement dans l’Histoire juive) vis-à-vis des Palestiniens. Il s’agit de justifier a posteriori un des mensonges fondateurs, l’idée de la "une terre sans peuple pour un peuple sans terre". On y ajoute contre toute vraisemblance quelques énormités comme l’idée que les Juifs auraient toujours vécu en "Eretz Israël" ou qu’ils sont majoritaires à Jérusalem depuis les années 1800 ». (7)

Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais un membre du gang sioniste a bien voulu avouer le vol, il y a plus de quarante ans : « Des villages juifs furent construits à la place des villages arabes. (…) Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’ait pas eu une ancienne population arabe ». (8) Le discours sur « le retour des juifs en Israël » n’est qu’une imposture. Notons, sans y insister, que pour les religieux non sionistes, l’État juif de l’Antiquité « a été détruit par Dieu ». De plus, le père du sionisme, T. Herzl, voulait un état pour les juifs, mais peu lui importait qu’il fût à Madagascar, en Ouganda, en Argentine ou en Judée-Samarie.

Le projet sioniste, vieux de plus d’un siècle, s’est toujours fondé sur les artifices et la duperie pour effacer l’Histoire. Parfois le maquillage aboutit à des absurdités. G. Atzmon, au sujet de l’incendie qui a ravagé le Mont Carmel en décembre 2010, rappelle un fait révélateur : depuis les années 1930, le Fond National Juif ou KKL (Keren Kayemet Le Israel) a œuvré pour planter des arbres en Palestine au fur et à mesure qu’il dépossédait les autochtones de leurs terres. « Arrachant les oliviers, le KKL a planté principalement des pins, pour effacer toute trace des villages palestiniens rasés et pour affirmer, en plein Proche-Orient, que le projet sioniste était d’essence occidentale. "Il fallait que nos paysages ressemblent à la Suisse", résume Gilad Atzmon. Sauf que dans une région où il peut faire 31°C à l’ombre un 2 décembre, comme c’était le cas hier à Haïfa, même la "Suisse" peut brûler ». (9)

Une autre combine est utilisée à très grande vitesse : le fait accompli sur le terrain. Sharon, le chef sanguinaire, le disait bien en 1998 : « Chacun doit bouger, courir et s’emparer d’autant de collines qu’il est possible pour agrandir les colonies, parce que tout ce que l’on prendra maintenant restera à nous… Tout ce que nous ne prendrons pas leur restera ». (10) On sait au moins à qui on a affaire et à quoi s’en tenir. Désormais, la confiscation/annexion des terres palestiniennes n’est plus rampante ; elle se veut accélérée et irréversible. Plus de 500.000 colons sont installés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dont une multitude d’illuminés de l’extrême droite religieuse, pour qui « Dieu a donné cette terre aux Juifs ».

Observez les puissants de ce monde : le sionisme a fini par les avilir à un point stupéfiant. Ils se gardent de condamner l’agression contre la flottille humanitaire turque pour Gaza, les prêches haineux du rabbin Ovadia Yossef et ceux du rabbin Meir Kahane (appelant à tuer les Arabes), la publication de la « Torah du Roi » incitant à la violence raciale. Ils ne trouvent aucun inconvénient à s’acoquiner avec les partis extrémistes et racistes Israel Beiteinu et Shass au pouvoir… Dans quelques jours à l’ONU le veto américain sera utilisé, non pas pour mettre un terme à une profonde injustice mais pour l’affermir, non pas pour favoriser l’émancipation d’un peuple mais pour l’empêcher. Oui, d’ici fin septembre, un veto infâme sera opposé à la demande d’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU. Vous aspirez à la dignité et à un Etat à vous ? C’est hors de question !

Stratagèmes et tours de passe-passe

Les judéo-sionistes ont réussi à se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. En 1978, Begin, l’un des dirigeants sionistes les plus sadiques, a reçu le Prix Nobel de la Paix. Voici une de ses harangues typiques : « Notre race est la race des maitres. Nous sommes des dieux divins sur cette planète. Nous sommes aussi différents des races inférieures comme ils le sont des insectes. En fait, comparé à notre race, les autres races sont des bêtes et des animaux, un bétail au mieux. Les autres races sont comme l’excrément humain. Notre destin doit être de régner sur ces races inférieures. Notre royaume terrestre sera gouverné par notre chef avec une baguette de fer. Les masses lécheront nos pieds et nous serviront comme des esclaves ». (11) Un délire totalement débridé... Accorder le Prix Nobel de la Paix à ce criminel dégénéré, cela a-t-il un sens ?

La propagande sioniste est également parvenue à faire passer l’armée israélienne pour « la plus morale de tous les temps ». Qu’importe s’il s’agit d’une bande de criminels de guerre (dixit Gilad Atzmon), qui s’est distinguée par sa cruauté et sa rapacité. Les soldats israéliens ne reconnaissent pas les droits humains, pillent, assassinent, violent et arrachent les arbres. Aux checkpoints, ils donnent libre cours à leur haine et leur sadisme. Ils sont capables de tuer des enfants de douze ans (conformément aux fatwas des rabbins), de les torturer, de les forcer à boire l’eau des latrines (cf. Aya Kaniuk et Tamar Goldschmidt). Ils se font photographier à côté des cadavres des enfants abattus, pour le souvenir, pour montrer aux copains (comme l’ont fait les soldats US en Irak). Les pilotes dorment bien la nuit après avoir largué des bombes sur des immeubles habités. Tuer, ils aiment ça (dixit Nurit Peled). Mais cela a-t-il de l’importance ? Non, disent les organisateurs zélés des soirées de gala en l’honneur de Tsahal. Non, disent les médias de masse qui en parlent avec considération.

L’appareil de propagande a inculqué au monde que l’Etat juif était une oasis démocratique. « Euh, Israël n’a jamais respecté le droit international et agit dans l’impunité la plus totale, n’est-ce pas ? Mais non, me dira-t-on, vous n’avez pas compris, Israël est la seule démocratie du Moyen Orient !… Ah bon, pardon » (dérision empruntée à S. Moleaud). M. Collon en est venu à s’élever contre la supercherie : « Un Etat colonial, basé sur le vol de la terre et l’expulsion d’un peuple, ne sera jamais une démocratie. Malgré ses lois et ses discussions démocratiques à la Knesset. Même s’il possède un parlement, même si les voleurs discutent démocratiquement entre eux sur la meilleure façon de voler, ça reste un Etat de voleurs qui règnent par la force ». (12)

Et ce BHL, ravi d’être désigné par ses initiales (d’où certainement sa notoriété) : sous ses allures de l’intello sûr de lui, qui analyse les évènements tous azimuts, c’est l’un des porte-paroles du sionisme les plus cyniques... Appelé « faux-cul maléfique » par les uns, « BHL-moi-je » par les autres, il squatte littéralement le paysage médiatique français. Bien qu’il se rapporte à la France, ses exhortations sont tapageusement au service d’Israël. Le jour du bombardement criminel de Gaza, il a exprimé une jubilation toute naturelle (je cite de mémoire) : « Le plus remarquable dans cette affaire, ce qui m’a le plus étonné, ce n’est pas la brutalité d’Israël. C’est bien sa longue retenue ». Les sionistes abjects sont bien sûr nombreux, mais c’est l’individu qui gesticule le plus et il se présente toujours sous un masque. Alors même que ses mensonges outranciers et son allégeance au sionisme sont flagrants, il a réussi à s’insinuer parmi les nouveaux satrapes libyens (désignés par le sigle CNT).

Que dire du soupçon (accusation) d’antisémitisme brandi immanquablement et avec agressivité dès que quelqu’un s’élève contre les atrocités commises par l’Etat voyou ? Rappelons-nous le procès intenté par les porte-paroles du sionisme contre les actions de boycott des produits « Made in Israël » dans des hypermarchés en France. L’Etat français n’a jamais poussé les juges à condamner ceux qui appelaient au boycott du Mexique et de la Chine (puisque ce n’est pas illégal). Mais, s’agissant d’Israël, il était tenu de le faire (puisque c’est illégal). L’association EuroPalestine s’interroge : « On n’a jamais vu personne poursuivi pour avoir appelé au boycott de la Chine, du Soudan, du Mexique ou de la Patagonie… » (13) Si l’antisémitisme aux débuts du siècle a fait le lit du sionisme, aujourd’hui, c’est une véritable aubaine pour les officines sionistes et autres agents provocateurs, c’est l’un de leurs stratagèmes favoris, leur arme secrète. Deux époques, deux situations différentes où l’attitude censée être hostile aux juifs est exploitée à outrance.

Faire volontairement l’amalgame entre antisémitisme (une forme de racisme) et antisionisme (critique d’un projet politique) est une énorme escroquerie intellectuelle. L’occupation de la Palestine se fondant sur le judéo-sionisme, comment lutter contre l’une sans dénoncer l’autre ? N’allez pas le dire aux fripouilles du CRIF et de la LICRA, aux nervis de la LDJ, aux Levy, Finkielkraut, Ghozlan, Goldnadel, Attal et autres Glucksmann (c’est qu’ils sont nombreux) ; ils vous répondront par une moue narquoise. « Le Crif combat tout ce qui peut de près ou de loin écorner l’image d’Israël, ce veau d’or moderne des Juifs convertis au nationalisme, un nationalisme auquel ils furent pourtant, dans l’Histoire, si longtemps réfractaires. […] Le Crif, en un mot, terrorise psychologiquement certains Juifs et tous les non-Juifs au nom de la défense d’Israël ». (14) Pour détourner l’attention sur l’image exécrable de l’Etat juif et camoufler les tueries perpétrées à répétition, les agents pro-Israël décrètent une fois pour toutes que l’antisionisme n’est que le paravent de l’antisémitisme ; ils s’emploient à faire de la Shoah la religion dogmatique de notre époque.

Les tours de passe-passe semblent réussir, c’est cela le véritable sujet d’étonnement : regardez tous ces hommes politiques, ces journalistes, ces universitaires qui se rétractent et se rapetissent face aux actions d’intimidation dont ils font l’objet. Les intrigants sionistes savourent leur victoire (facile) lorsque des personnages publics se démènent pour se défendre, crient leur innocence, puis se dédisent de leurs prises de position. On invente n’importe quel subterfuge et voilà que la partie concernée de perdre du temps à réagir à l’accusation, à apporter un démenti, à se disculper. Autant la duperie est sournoise, autant la réaction semble ingénue. Petit à petit, Israël se trouve hors d’atteinte et assuré d’une impunité et une immunité totales. Le nettoyage ethnique et le carnage peuvent alors continuer.

A bien réfléchir, l’assimilation entre l’antisionisme et l’antisémitisme débouche sur une conclusion à laquelle nul ne s’attend : si on est contre le sionisme, on est ipso facto contre les juifs. D’où : un juif est un sioniste (et vice et versa) ; le judaïsme équivaudrait au sionisme, ils seraient indissociables. Si l’on admet cet enchainement et contre toute attente, le racisme à l’égard des juifs, du fait du terrorisme criminel israélien, devient tout simplement justifié. On voit à quel point les tenants du sionisme se débattent dans les contradictions les plus absurdes.

Quoi qu’il en soit, ne faisons pas semblant d’oublier qu’Israël a été fondé pour les juifs, fait aujourd’hui des pieds et des mains pour être reconnu en tant qu’Etat juif. C’est au nom de cet État que les dirigeants israéliens, depuis près d’un siècle, persécutent tout ce qui n’est pas juif. Les massacres sont perpétrés souvent explicitement au nom du judaïsme. La vérité est ainsi, on n’a pas besoin de la broder... Bien entendu, si les spoliateurs aux mains tâchées du sang palestinien sont des juifs, l’inverse n’est pas vrai. Il suffit pour s’en convaincre de se référer aux intervenants sur le site nkusa, à des intellectuels comme Noam Chomsky, Gilad Atzmon, Ilan Pappé, Nurit Peled, Pierre Stambul, Olivia Zemor et Norman Finkelstein (entre autres).

Tous ces personnages et tant d’autres, attachés au respect des droits de l’Homme, du droit international et de la justice, n’ont pas choisi d’être du côté de la partie surarmée, arrogante, appuyée et financée par l’Empire. Ils ont choisi de soutenir la partie vulnérable, trahie par tous, affaiblie par 60 ans de détresse. Ils ont décidé de prendre les devants, à l’instar de ceux qui ont triomphé jadis de l’apartheid. Leurs voix finiront par défaire le sionisme. Les Palestiniens, malgré les drames qu’ils endurent, sont restés pleinement humains. Leurs capacités de résistance sont un modèle remarquable d’héroïsme, mais vu le rapport de force et l’étendue des complicités, elles ne peuvent suffire.

***

Thami Bouhmouch
Professeur univ., Casablanca.
http://bouhmouch.over-blog.com/

(1) Robert BIBEAU, http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito5122010.html Décembre 2010

(2) Uri AVNERY, http://www.france-palestine.org/article3547.html Avril 2006

(3) Samir AMIN, http://www.michelcollon.info/2011-le-printemps-arabe.html Mai 2011

(4) Alan HART, http://www.alterinfo.net/Le-sionisme-demasque-un-conte-de-fees-qui-est-devenu-un-cauchemar-terrifiant_a42775.html Février 2010

(5) Bob GRATTON, http://cristos.over-blog.com/pages/Principes_de_propagande_sioniste-1511149.html

(6) Cité par Chems Eddine CHITOUR, http://www.legrandsoir.info/LA-NEKBA-AN-63-Le-desespoir-au-quotidien.html Mai 2011

(7) Pierre STAMBUL, http://la-feuille-de-chou.fr/archives/18517 Février 2011

(8) Moshe Dayan, ministre de la Guerre, adressé à The Technion Haifa, rapporté par Ha’aretz, 4 avril 1969.

(9) CAPJPO-EuroPalestine, http://www.europalestine.com/spip.php?article5661 Décembre 2010

(10) Cf. Michel COLLON, « Israël, parlons-en ! ».

(11) Cf. http://libreeurope.blogspot.com/2009/01/quelques-citations.html

(12) Michel COLLON, http://www.michelcollon.info/Boycott-d-Israel-qu-est-ce-qui-est.html Novembre 2010.

(13) CAPJPO-EuroPalestine, http://www.ep-mir.com//spip.php?article5995

(14) Esther BENBASSA http://www.rue89.com/passage-benbassa/2011/01/15/israel-palestine-le-crif-bafoue-la-liberte-dexpression-et-sen-vante-1857 Janvier 2011


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