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Mise à jour le mercredi 21 mars 2007 à 8 h 35
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Cadre financier de l'ADQ

Irréaliste et improvisé, selon ses adversaires

François Legault

François Legault

Comme attendu, le cadre financier de l'Action démocratique du Québec (ADQ) n'a pas tardé à soulever des réactions, hostiles s'entend, de la part des adversaires politiques.

Premier à ouvrir le feu des critiques, le candidat du Parti québécois (PQ) dans Rousseau, François Legault, a indiqué d'emblée que l'ADQ prend trop d'engagements pour la première année, soit 1,7 milliard de dollars.

Il a également relevé les compressions de 560 millions dans les budgets du gouvernement. Ces compressions sont de nature à nuire aux systèmes de santé et d'éducation, a affirmé M. Legault, qui a expliqué que les plus grosses dépenses de la fonction publique vont aux salaires. C'est ce qui lui faire craindre des compressions de personnel en santé et dans les écoles.

C'est mal connaître le réseau [de la santé] que de vouloir diminuer d'autant sans toucher à la qualité des services directs aux citoyens. — François Legault, ex-ministre péquiste de la Santé

Le critique péquiste en matière de finances s'est demandé comment l'ADQ compte régler les problèmes de santé avec seulement 145 millions destinés aux cliniques privées et aux coopératives de santé. Il a rappelé que son parti prévoit un investissement de 1,2 milliard en santé.

M. Legault a aussi noté que le parti de Mario Dumont n'a rien prévu pour les soins à domicile. « [M. Dumont] abandonne les personnes âgées et les malades », a-t-il dit.

François Legault a également critiqué l'intention « irresponsable » de l'ADQ de réduire de 300 millions les subventions aux entreprises, car selon lui le moment est mal choisi. Il a notamment fait référence à la crise qui touche le secteur manufacturier.

Il a jugé aussi irréaliste le projet adéquiste de replacer en emploi, en l'espace de neuf mois seulement, quelque 25 000 assistés sociaux. « Ça ne fait pas sérieux, c'est un travail de cégépien, de quelqu'un qui n'a jamais gouverné [...] », a commenté François Legault.

Le candidat du PQ dans Rousseau en a encore remis en affirmant que beaucoup d'engagements électoraux de Mario Dumont ne se retrouvent pas dans le cadre financier présenté mardi, et qu'il qualifie de vide. « Il est déculotté », a-t-il asséné en parlant du chef adéquiste, Mario Dumont.

Boisclair enfonce Dumont

André Boisclair

André Boisclair

Lors d'un rassemblement à Gatineau, le chef péquiste a tourné en dérision le cadre financier de l'ADQ qu'il compare à « un bout de papier aussi imaginaire que farfelu. »

Dumont est en « culotte courte », a indiqué André Boisclair qui n'a pas épargné aussi Gilles Taillon, en rappelant sa position de 2002 qui ne reconnaît pas, selon lui, le déséquilibre fiscal.

« Il est le Taillon d'Achille de Mario Dumont », a lancé ironiquement M. Boisclair, en allusion à l'expression « talon d'Achille », qui signifie un point faible.

Il a constaté en outre l'absence de dépenses pour la santé, l'éducation et les aînés dans le cadre financier de l'ADQ. « Il [M. Dumont] doit expliquer pourquoi il veut laisser le système de santé à l'abandon », a déclaré le chef péquiste, qui a également sérieusement douté de la capacité de l'ADQ de réintégrer en emploi 25 000 personnes dans une période de neuf mois.

Par ailleurs, André Boisclair a qualifié son rival adéquiste de « bonimenteur » et de « Peter Pan de la politique », qui vit de rêves irréalisables dans un « pays imaginaire ».

« Son autonomisme n'existe que dans un rêve », a-t-il lancé en réplique à son adversaire qui disait que les souverainistes vivaient dans un rêve.

Un déficit de crédibilité, selon le PLQ

Alain Paquet, Monique Jérôme-Forget et Line Beauchamp critiquent le cadre financier de l'ADQ.

Alain Paquet, Monique Jérôme-Forget et Line Beauchamp critiquent le cadre financier de l'ADQ.

Le Parti libéral du Québec a lui aussi vertement critiqué le cadre financier de l'ADQ. Les candidats Monique Jérôme-Forget, Line Beauchamp et Alain Paquet lui ont reproché de ne chiffrer que 16 des 86 engagements du parti. Ils accusent également Mario Dumont d'avoir fait, pendant la campagne, des promesses qui ne se trouvent pas dans le cadre financier. Ils soulignent que les postes les plus coûteux, notamment la santé et l'éducation, ne sont pas chiffrés.

Ce que je trouve c'est pas que Mario Dumont ne peut peut-être pas arriver avec ce qu'il a comme argent, c'est qu'il a créé des espoirs, des attentes à un niveau tel que les gens s'attendent à beaucoup plus que ce qui est compris dans le cadre financier. — Monique Jérôme-Forget

Les libéraux reprochent notamment à Mario Dumont d'avoir promis aux régions beaucoup plus que les 138 millions prévus dans le cadre financier. Ils signalent également qu'on n'y trouve aucune allusion à la promesse adéquiste d'ajouter 1500 médecins à l'effectif actuel.

Cet écart entre les promesses et le cadre financier, Alain Paquet le qualifie de « grand déficit de crédibilité ». Monique Jérôme-Forget croit que c'est la preuve que le cadre financier « a été improvisé pendant la nuit ».

Le « lapin sort du chapeau », dit Charest

De passage en Mauricie mardi soir, le chef libéral, Jean Charest, a lui aussi pourfendu le cadre financier de l'ADQ.

Accusant Mario Dumont d'avoir revu ses promesses à la baisse, il a lui aussi souligné les engagements de l'ADQ qui n'ont pas été chiffrés. Il a reproché à M. Dumont de ne pas avoir dit un mot sur la nécessité de financer la formation de médecins et d'infirmières.

Le chef libéral estime qu'il manque d'argent pour permettre à l'ADQ de réaliser ses promesses envers les travailleurs inaptes, l'environnement et les régions.


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