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Certains électeurs ont voulu croire que l’ADQ était un bon parti. Ils y ont placé leurs derniers espoirs. Ils ont compris qu’ils s’étaient fourvoyés.
Il ne reste, pour ainsi dire, plus qu’un parti à l’Assemblée nationale du Québec, lequel ironiquement, se compose de Canadiens. Le Parti québécois qui se bat, non pour un Québec libre et indépendant, mais pour avoir le privilège d’administrer le Québec avec des miettes, ne constitue plus une alternative.
Les Québécois ne sont pas vernis. Il leur incombera, s’ils tiennent à leur peau, à leur langue, à leur identité, à leur territoire, à leurs différences, de trouver eux-mêmes des solutions. En ce sens, la présence dans la course de l’écrivain et éditeur Victor-Lévy Beaulieu, en tant que candidat indépendantiste indépendant, doit être entendue comme un appel lancé aux indépendantistes qui n’ont pas peur des mots.
Notre avenir nous appartient. Nous ne pouvons le confier à des politiciens qui n’ont pour seule ambition que de siéger. De toute évidence, le Parti québécois ne comprend pas que l’impopularité galopante du parti vient de son incapacité à faire de l’indépendance du Québec son cheval de bataille. Au contraire, les sommités péquistes attribuent le recul du PQ à son projet de pays. Ils estiment aussi que la langue française leur porte ombrage. Ils font donc la promotion de la langue qui menace notre existence en prétendant qu’il en va de notre intérêt.
Pendant ce temps à Montréal, c’est l’anglais plein les yeux, plein les oreilles, plein les bouches. La plupart des commerces, même là où il se vend des produits d’ici, offrent des émissions de radio en anglais à leurs clients. Les employés communiquent en anglais entre eux. Dans les rues, c’est l’anglais qui domine. Petit à petit, on observe que le journal Mirror est placé plus en évidence que le Voir ou l’Ici, que les boîtes et les conserves présentent leur version anglaise sur les rayons. Les mauvaises nouvelles proviennent généralement des institutions de langue française : pas d’argent pour l’UQAM, des élèves moins performants, des universités moins performantes, des écoles décrépites, des temps d’attente plus longs dans les urgences des hôpitaux, des salaires plus bas, un méga centre hospitalier dont la construction branle dans le manche, des salles de nouvelles qui ferment boutique, etc. Le Québec français, contrairement aux provinces anglaises de l’Ouest canadien, tombe en ruines : un petit aéroport de campagne pour Montréal, plus de Grand Prix, pas de club de baseball, plus de Bourse, pas d’argent pour la bagatelle culturelle, pas de zoo dans la capitale nationale, etc.
Bien entendu, personne ne remet à question le surfinancement des établissements de langue anglaise par rapport aux nôtres. On s’accommode de notre rôle de parent pauvre, celui qui nous est dévolu depuis l’invasion britannique. Rien pour attirer les immigrants. Qui veut être un porteur d’eau ?
Et parce que le PQ a perdu des années à vouloir expier l’argent et le vote ethnique de M. Parizeau au lieu de voir une victoire dans les résultats du référendum de 1995 ou, à tout le moins, la volonté du peuple de s’affranchir d’Ottawa, il a oublié le sens du combat qu’il menait. La cagnotte vide et les appuis qui fondent comme neige au soleil ne suffisent pas à le convaincre d’aller au front.
Le 8 décembre, les Canadiens iront voter. Ils ont leur parti. Les Québécois rongeront leur frein en sachant qu’ils devront de nouveau subir l’arrogance libérale et le pillage de leurs ressources. Mais sitôt élu, Jean Charest annoncera qu’il ne peut respecter ses engagements électoraux because les coupures du gouvernement fédéral en partie attribuables à la guerre en Afghanistan et because la crise. Et because la crise, il faudra couper, faire venir plus d’immigrants sans avoir les moyens de les franciser, privatiser, vendre le Kwibec. Crise oblige…
Les Québécois ne peuvent plus se reposer sur les politiciens pour faire du Québec un État moderne, modèle. Puisqu’ils n’ont plus pour qui voter, ils devront envisager la possibilité de se présenter eux-mêmes ou d’appuyer un candidat indépendantiste indépendant. Une fois élus, ceux-ci n’auront plus qu’à déclarer l’indépendance. Les Québécois pourront alors se retrousser les manches et se mettre au travail.
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