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Indemnités de départ - L’argent des autres


L’ex-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. Henri-Paul Rousseau, a quitté son poste l’été dernier avec, en poche, une indemnité de fin d’emploi de 378 750 $. Méritait-il une telle prime ? Pas le moins du monde !

En 2002, M. Rousseau avait accepté un salaire de base de 420 000 $, plus les primes au rendement, pour quitter la présidence de la Banque Laurentienne. Tout le monde convenait que l’homme encaissait ainsi une baisse de rémunération importante, ce qui était tout à son honneur. On aurait donc pu comprendre qu’il exige une clause prévoyant une importante indemnité de départ dans le cas où le gouvernement le forcerait à partir avant la fin de son contrat. Après tout, on ne quitte pas un job de banquier sans contracter une police d’assurance contre les caprices des politiciens !

Mais voilà que l’on apprend que le contrat signé par le gouvernement de Bernard Landry ouvrait le droit à une telle prime quel que soit le motif du départ, même pour rejoindre les rangs d’une autre organisation.

Il n’était donc pas question d’indemnité de congédiement, d’allocation de transition ou de retraite. Il s’agissait d’un cadeau qui, dans les faits, constituait même une incitation à quitter le navire pour des eaux plus calmes le jour où l’aventure tournerait mal.

Après seulement six ans à la direction de la Caisse, l’affaire des PCAA lui ayant rendu la vie difficile, M. Rousseau a donc pu négocier son passage chez Power Corp. sans perdre le droit de toucher les 380 000 $ d’allocation.

Selon les informations rassemblées par le journaliste Francis Vailles, d’autres présidents de sociétés d’État, comme la SAQ et Hydro-Québec, ont aussi accès à ce privilège que l’on explique par la difficulté de recruter des candidats compétents. Pourtant, il n’y a rien de plus faux : on mythifie le degré de compétence nécessaire pour remplir ces fonctions, comme on mythifie la compétence de ces dirigeants que l’on place à la tête des grandes sociétés publiques ou privées. Des individus capables de remplir de façon efficace les plus hautes fonctions de nos sociétés d’État, il s’en trouve bien plus que l’on veut l’admettre. Que l’on se donne la peine d’ouvrir les yeux au lieu de tomber dans la facilité avec l’argent des autres !

Quant à M. Rousseau, il est parti auréolé trop vite du sauvetage des PCAA. La vérité, c’est que les dirigeants de la Caisse n’avaient aucune idée du risque qu’ils prenaient en détenant 13 milliards de papiers commerciaux et en spéculant massivement sur les marchés des produits dérivés. Aujourd’hui, encore plus qu’au moment de sa démission, nous pouvons déplorer que M. Rousseau ait remis sa démission avant que la stratégie d’investissement élaborée durant son mandat n’ait subi l’épreuve de la crise.

j-rsansfacon@ledevoir.ca



Source
http://www.ledevoir.com/2009/01/20/228358.html




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