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« En participant à la libération d’un peuple, votre nouveau peuple, vous, les nouveaux arrivants, les Québécois bientôt sans le "néo" avant, vous qui avez peut-être fui la guerre et la pauvreté, en l’espace d’une campagne, vous passeriez du statut d’immigrants à celui de fondateurs, rien de moins. » Chafiik, du groupe Loco Locass
             
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Il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point
Au slogan creux de la chicane il va falloir opposer celui de la dignité, de la fierté et de l’égalité
Pierre-Paul Sénéchal
Tribune libre de Vigile
mardi 13 octobre 2009      161 visites      4 messages


Souveraineté : l’inexcusable obsession de la plomberie référendaire alors que dérive le navire.

Je n’ai pas participé à ce colloque des IPSO du 6 juin. Non plus que je n’ai suivi les discussions entourant la nouvelle approche référendaire-sectorielle du Parti québécois. Je confesse que, dans l’état actuel des choses, je suis, comme un très grand nombre de souverainistes, totalement désintéressé par ce type de débat devant nous permettre de trouver le processus idéal pour...

Ce qui me fatigue dans ce genre d’exercice c’est de constater à quel point est considérée importante, la mécanique qui va enfin pouvoir nous conduire à la souveraineté. Comme si la passe difficile dans laquelle est actuellement enferré le mouvement souverainiste pouvait se résumer à une affaire de mécanique. Comme si ces considérations avaient été déterminantes dans pour les peuples qui ont acquis leur souveraineté au cours des dernières décennies. Le problème est d’un tout autre ordre.

Pour que le Québec franchisse le fossé qui le sépare encore de la liberté politique et d’un statut d’État souverain, il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point. Il faut un mouvement de fond. Et la masse critique pour le créer n’existe pas à l’heure actuelle. Arrêtons alors de nous bercer d’illusions. Il faut, à un moment donné, prendre acte de la situation, puis chercher à comprendre de façon lucide les origines du problèmes.

Un mouvement politique c’est une trajectoire majeure marquées par les idée, les émotions et les aspirations d’un peuple. Pour qu’un tel mouvement se remette en branle, il faut que le Québec prenne conscience qu’on est en train de le flouer sur les plans, linguistique, économique, social et politique. Si on pense que, dans l’état actuel des choses, il suffirait d’une « crise programmée » pour voir apparaître dans le sillage quelque conditions favorable à la cause, on se trompe. Le caractère éphémère du scandale de la CDP est là pour nous le rappeler. En quelques mois, on a réussi à l’extirper de la mémoire collective. Rien ne se produira si en amont, il n’y a pas résurgence d’une conscience politique au Québec au sein d’une masse plus critique de la population et au sein des réseaux qui font l’influence politique.

Depuis deux décennies, un fort mouvement contraire s’acharne sur les Québécois, il vise justement à évacuer tout sens critique et tout réflexe politique. Cette offensive intelligente et sournoise à la fois, agit avec un certain succès pour inculquer dans la tête des Québécois, que oui ils forment une nation, mais qu’au fond, cela n’a pas de conséquences, car il ne s’agit pas d’une véritable nation mais de quelque chose d’autre. Une nation « pour le fun »… pour avoir la paix. Quand on analyse les événements qui se sont succédés depuis 1995, on peut y voir une vaste stratégie devant conduire au détournement de la trajectoire qui fut celle des Québécois depuis la révolution tranquille. Habilement déployée à travers le cartel des médias, celui des associations d’affaires, de la publicité des sociétés d’État fédérales, principalement la SRC, des réseaux du savoir comme les chaires du Canada et autres réseaux d’influences, cette stratégie se déploie sur plusieurs plans.

Elle s’acharne à discréditer les individus, les partis et les groupes politiques porteurs de l’idée ou de l’idéal de souveraineté, elle tente par tous les moyens de les mettre en marge de la patinoire politique, chose possible et très réalisable dans notre système. Elle s’attaque actuellement au cœur même du mouvement, à ses leaders passés et présents, à ses partenaires.

Pour mettre toutes les chances de son côté, le clan Canada ne lésine sur aucun moyen. Il a placé à la tête de notre gouvernement national un homme qui a essentiellement pour mission de s’attaquer à l’âme même de la nation, i.e. à son identité, à ses institutions politiques et économiques, à sa capacité de leadership politique. Ce imposteur, comme l’a si justement qualifié madame Marois, est soutenu par la plus formidable machine à fabriquer une opinion publique jamais imaginée sur notre territoire. Cette dernière organise de toute pièce la pensée politique au Québec. Elle crée les événements et les héros favorables au système en place (les Canadiens de Montréal, les Julie Payette, les Jean Leclerc les Desmarais… ), tandis qu’elle dissimule sous un flot de variétés et de spectacles, les scandales et l’état véritable de l’économie, celui des finances publiques, du français à Montréal et tout le reste. La situation devant laquelle on se retrouve aujourd’hui comme peuple est sans doute la plus critique de notre histoire. Elle n’est pas sans rappeler celle qui suivi l’échec du mouvement patriote du 19e siècle. Ce qui est essentiellement visé, c’est de casser définitivement les reins des Québécois dans un contexte où ils ne disposent plus que de très peu de moyen pour contrer l’offensive.

Devant cet état de situation, mettons fin, bon sang, aux savantes interrogations sur la mécanique miracle ou sur les vertus attendues d’une crise constitutionnelle fabriquée. D’autres chantiers sont à mettre en route bien en amont de tout cela, D’abord, il nous faut re-tricoter ce qui a été détricoté depuis quinze ans sur le plan identitaire et sur le plan de l’attachement collectif à notre nation. Cela non plus ne se fera pas en un soir. Il n’y aura jamais de souveraineté si on ne met pas un terme au processus de désamour des Québécois pour leur pays, s’il n’y a pas émouvantes retrouvailles des Québécois avec leur Québec. Les artistes, sont l’âme du peuple, ils doivent être les premiers à se sentir interpellés. Les organisations de travailleurs doivent redevenir des agents de changements sociaux et politiques qu’ils étaient naguère. Les organisations étudiantes doivent redevenir le fer de lance des idées politiques. Voilà le chantier auquel nous sommes conviés.

Il faut au plus vite s’attaquer à la question de la convergence des médias, elle est scandaleuse et agit contre la démocratique. Il faut trouver les façons de mettre en échec les tentatives de conditionnement de l’opinion publique. Et ces façons existent. Voilà des chantiers pour les IPSO et autre groupes de réflexions. Mais après la réflexion, des actions devront suivre.

Il faut aussi changer le langage et l’attitude. Au lendemain du 15 novembre 1995, le clan Canada a réussi à inculquer au peuple québécois un sentiment généralisé de culpabilité face au projet de souveraineté politique. D’une certaine façon, il y est arrivé ; ce sentiment a même percé les cercles souverainistes. Au slogan creux de la chicane il va falloir opposer celui de la dignité, de la fierté et de l’égalité C’est sur cette vision de dignité qu’il faut reconstruire des plans d’actions concrets, reconstruire des réseaux politiques, officiels et officieux, investir à nouveau la rue, décaper les sur-couches de vernis de respectabilité que s’est donné le mouvement depuis 1995, évacuer notre pudeur de dénoncer publiquement les voleurs et les imposteurs. C’est la mission que se sont donné les jeunes souverainistes, qu’ils oeuvrent dans le RRQ ou dans d’autres réseaux. Il ne faut pas les dénoncer, il faut au contraire les soutenir dans leur action.




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Vos commentaires:
  • Il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point
    13 octobre 2009, par Michel Gendron
    Monsieur Sénéchal, Je pense comme vous, sur plusieurs points. Ce que j’aime, c’est que vous voyez large. Le combat doit se mener sur plusieurs fronts, si vous me permettez le cliché. La citation qui suit résume à elle seule l’essence de votre message : Pour que le Québec franchisse le fossé qui le sépare encore de la liberté politique et d’un statut d’État souverain, il y a plus qu’une plomberie (...)

    Lire ce commentaire

    Monsieur Sénéchal,

    Je pense comme vous, sur plusieurs points. Ce que j’aime, c’est que vous voyez large. Le combat doit se mener sur plusieurs fronts, si vous me permettez le cliché. La citation qui suit résume à elle seule l’essence de votre message :

    Pour que le Québec franchisse le fossé qui le sépare encore de la liberté politique et d’un statut d’État souverain, il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point. Il faut un mouvement de fond. Et la masse critique pour le créer n’existe pas à l’heure actuelle. Arrêtons alors de nous bercer d’illusions. Il faut, à un moment donné, prendre acte de la situation, puis chercher à comprendre de façon lucide les origines du problèmes.

    Analyse concrète de la situation concrète, donc. Vous évitez la facilité, vous ne désignez pas de traîtres ou de soi-disant coupables. Notre mouvement est désarçonné, embourbé dans ses contradictions, et il y en a suffisamment comme ça pour dénoncer tantôt le PQ, le BLOC, QS, quand ce n’est pas untel ou un autre. Jeter l’anathème ne nous mène nulle part.

    Parfois le temps aide, parfois il nuit. Nous vivons un "creux", mais nous savons que tout peux changer. Quand ? Je n’ai pas la réponse, et comme vous (peut-être)il m’arrive d’avoir envie de lancer la serviette. Mais comme trop de choses qui auraient dû avoir été faites ne l’ont pas été, puis-je réellement baisser les bras ? Non, mais avouons que l’absence de cohérence du mouvement indépendantiste me place quelque peu en position d’attentisme. Il y a des signes encourageants, je l’admets, mais ceux-ci ne semblent pas avoir de portée dans le durable. Sûr, il y a eu le Moulin à paroles, sûr il y a eu cette lutte pour éviter que le 250e de la Conquête ne vire à la fête foraine. L’action citoyenne, j’en suis, mais elle doit s’inscrire dans une perspective stratégique plus large.

    Vous parlez de l’implication des syndicats, des artistes, des étudiants. Que la société civile se mette en marche, je veux bien. Et si elle le fait de temps à autres à propos de la question nationale - même timidement - c’est qu’il se passe quelque chose quelque part. Cela ne suffit toutefois pas à motiver le québécois moyen, si vous me permettez cette expression qui dit tout et rien en même temps.

    Le temps aide, le temps nuit, le temps fuit aussi. Nous venons de mettre au pas la course folle du référendum à tout prix. Je dis bravo. Cela nous permettra de passer à autre chose, comme le disent si bien nos dénigreurs canadianisateurs, mais pas dans le sens que eux le veulent, cela va de soi. Ne gaspillons pas le temps.

    Pour ma part, j’estime que des États généraux pour l’indépendance pourraient nous permettre de faire le point, d’élaborer une amorce de stratégie qui serait autre chose que du brettage inspiré uniquement par l’actualité immédiate. Apprendre à se comprendre serait déjà un précieux pas vers l’avant. Le RRQ ne sera jamais le PQ : un groupe de pression ne pourra jamais assumer le rôle "coincé" d’un parti de masse. Idem avec les associations étudiantes et les syndicats, surtout lorsque ces derniers font dans le corporatisme le plus élémentaire. Et ainsi de suite. Vivement des États généraux pour réanimer ce qui peut et doit nous faire avancer comme nation. Pour mieux se comprendre et élaborer un début de stratégie, pour ouvrir des chantiers - pas pour faire des bilans et affimer ce que nous savons tous déjà -, mais pour agir en respectant les missions et les limites de tout un chacun. Apprendre à faire de l’action citoyenne en synergie avec le politique, bordel ! Cette incapacité à le faire montre à quel point nous sommes aliénés.

    IPSO est un élément qui peut aider. Il y a des gens au PQ qui le peuvent, chez QS itou. Dans les syndicats, les associations étudiantes, voire quelques organismes communautaires. Il y a des gens d’affaires et des artistes. Et bien sûr, il y a le simple citoyen comme moi qui attend qu’on l’interpelle pour qu’il s’associe à quelque chose de sérieux.

    Il y a tant à faire. La masse critique dont vous parlez aime les gagnants, les connectés sur le réel. Pas les chiâleux qui dénoncent mais ne proposent jamais rien.

    Je reviendrai là-dessus.

    Salutations sincères.


  • Il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point
    13 octobre 2009, par O

    L’automne, c’est la saison des faut qu’on :

    D’abord, il nous faut re-tricoter. . Les artistes, sont l’âme du peuple, ils doivent être les premiers. Les organisations étudiantes doivent redevenir. Il faut au plus vite s’attaquer à la question de la convergence des médias. il va falloir opposer celui de la dignité. qu’il faut reconstruire des plans d’actions concrets. évacuer notre pudeur de dénoncer publiquement les voleurs et les imposteurs. RRQ ou dans d’autres réseaux. Il ne faut pas les dénoncer, il faut au contraire les soutenir dans leur action…(pourquoi sommes-nous si rares à leurs manifs contre Sabia, Charest, La reconstitution, la visite royale ?)

    Maintenant qu’on a formulé tous ces vœux pieux, qu’on les a mis dans les mains des ipso, qu’on ne fréquente pas… comment faisons-nous pour accroître le nombre requis de voteurs indépendantistes aptes à débarquer le valet de Desmarais à la prochaine afin de proclamer unilatéralement l’indépendance du Québec sans recourir au piège fédé de la loi de l’égalité ?


  • Il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point
    14 octobre 2009, par André Gignac
    J’ai lu avec attention votre texte. Est-ce que le mouvement indépendantiste est au courant (hic !) que nous sommes en guerre avec le gouvernement fédéral ? Ont-ils un plan pour contrer cette propagande fédéraliste véhiculée par les journaux de Gesca ? Ça fait presque 15 ans, depuis le dernier référendum, que nous nous faisons rentrer dedans par les forces fédéralistes et le mouvement indépendantiste n’a pas encore trouvé moyen de (...)

    Lire ce commentaire

    J’ai lu avec attention votre texte. Est-ce que le mouvement indépendantiste est au courant (hic !) que nous sommes en guerre avec le gouvernement fédéral ? Ont-ils un plan pour contrer cette propagande fédéraliste véhiculée par les journaux de Gesca ? Ça fait presque 15 ans, depuis le dernier référendum, que nous nous faisons rentrer dedans par les forces fédéralistes et le mouvement indépendantiste n’a pas encore trouvé moyen de créer un journal quotidien indépendant pour attaquer cette propagande de l’adversaire, trouvez-vous ça normal ? Et qu’attendent les souverainistes pour crever le tabou de la langue et de l’immigration au Québec ? Lorsqu’un peuple est menacé d’assimilation comme nous le sommes présentement, il faut se défendre avec l’énergie du désespoir, il me semble. J’ai ici en main une photocopie d’un poster de Mme Harel photographiée avec un slogan électoral rédigé en anglais seulement qui doit être affiché dans le West Island, je suppose. Commençons par nous respecter si nous voulons que les immigrants s’identifient et se joignent à nous en tant que groupe majoritaire. La loi 101 n’est même plus appliquée au Québec par ce gouvernement de vendus, de pourris qui nous administre présentement. Le PQ qui est sensé être l’opposition officielle ne fait rien actuellement pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement en place, c’est comme s’il cautionnait cette assimilation qui est en marche pour nous faire disparaître. Trouvez-vous ça normal ?

    Et où sont les mouvements syndicaux qui pourraient organiser rapidement une grosse manifestation dans les rues de Montréal pour la défense de la langue française ? Sommes- nous si colonisés et aliénés au point d’accepter de mourir à petit feu et de laisser tomber 450 années de notre histoire ? Si nos chefs souverainistes (hic !) croyaient vraiment au pays du Québec, ils changeraient de tactiques puisque celles qu’ils emploient présentement ne sont que des tactiques de "boy scouts", en culotte courte, qui nous ont menés dans le cul-de-sac actuel.

    C’est en provoquant des choses que la vague de fond va se créer pas en demeurant passif comme ils le font actuellement, ce qui aide nos adversaires à nous rentrer davantage dedans. À la guerre comme à la guerre ! C’est avec des bonnes tactiques et du courage que nous vaincrons ! André Gignac 14-10-09


  • Il y a plus qu’une plomberie référendaire à mettre au point
    14 octobre 2009, par O

    ERRATUM. 

    Si quelqu’un a lu ma brève intervention ci-haut intitulée La saison des Faut qu’on il a pu comprendre que le dernier mot devait être non pas « égalité » mais « clarté » pour l’ignoble loi Dion de la clarté (C-20). Le paragraphe repris :

    Maintenant qu’on a formulé tous ces vœux pieux, qu’on les a mis dans les mains des ipso, qu’on ne fréquente pas… comment faisons-nous pour accroître le nombre requis de voteurs indépendantistes aptes à débarquer le valet de Desmarais à la prochaine afin de proclamer unilatéralement l’indépendance du Québec sans recourir au piège fédé de la loi de la clarté ?

    Et depuis mon coup de gueule, Monsieur Sénéchal, vous avez reçu l’opinion de Michel Gendron, plus diplomate, mais guère plus optimiste. Et M. Gignac, qui résume les impatiences exprimées à répétition ici par les Vigiliens, les quelque 1000 indépendantistes encore vivants au Québec. Car il n’y a plus de doute, la cause a été entendue. L’opposition officielle a du mal a contenir ses habits qui dépassent derrière le personnage d’opérette que joue Jean Allaire en proposant des conditions humanitaires pour l’agonie du français en Amérique.

    Quand j’attire l’attention, sous l’article Koivu de R. B.-G., sur la brise de fraîcheur qu’apportent les ABCD de la souveraineté, en particulier Jean-Martin Aussant, appuyé par Blanchet, Cloutier et Drainville, je me dis qu’ils gagneraient en visibilité et en crédibilité s’ils claquaient la porte de ce parti privé de chef depuis 15 ans. Comme le temps nous est compté, ils se gagneraient vite l’adhésion des indépendantistes prêts à s’engager dans la libération de notre territoire, et qui sait, réveilleraient-ils des moribonds. Il est trop tard pour faire la liste sempiternelle des Faut qu’on !



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