J’aime bien Françoise David, Amir Khadir et Québec Solidaire, et j’aurais souhaité qu’on améliora notre mode de scrutin pour permettre la représentation à notre Assemblée nationale de la diversité politique, mais malheureusement les libéraux et les péquistes ont fait en sorte que la réforme électorale est tombée en panne.
Dans ces conditions, tous ceux qui veulent que le Québec devienne enfin un pays souverain doivent se rallier et voter pour le PQ, si imparfait soit-il.
C’est une erreur de prétendre que nous sommes en 2007 dans la même situation qu’en 1968, à la fondation du Parti Québécois. Le Parti libéral avait alors rejeté la proposition de René Lévesque et de son groupe – dont je faisais partie – et l’Union nationale était un vieux parti, corrompu et opposé à la Révolution tranquille, auquel il était impensable de nous rallier. Ne restait alors que la possibilité de rejoindre le turbulent RIN ou de fonder un nouveau parti souverainiste auquel tous les indépendantistes pourraient se rallier. Ce qui fut fait.
La situation est toute autre aujourd’hui. Comment les Solidaires peuvent-ils raisonnablement espérer absorber le PQ ? Leur nouveau parti ne peut que diviser le vote souverainiste, favoriser les fédéralistes, retarder la solution de la question nationale et décourager les Québécois qui, depuis quarante ans, espèrent pouvoir passer à autre chose. D’où la tentation de se réfugier à l’ADQ si trompeusement autonomiste.
J’admire le courage et la force des convictions des membres du QS, mais les souverainistes n’ont qu’un choix, celui d’appuyer le PQ et de le rendre meilleur, pas de fuir la réalité en désertant le PQ pour se complaire dans quelques puretés idéologiques.
Marc Brière
Montréal

