@ P.B.
J’ai dit, comme vous dites :
« négocier sans être dépendant de la négociation »
Vous disiez que l’indépendance c’est le refus de négocier. Je dis que l’indépendance inclue la négociation, une négociation dont serait exclue la dépendance.
Oui, le fédéralisme rénovateur, le con-fédéralisme, sont dépendant de la négociation. Leur avènement dépend de la négociation. Pas la souveraineté du Québec. L’accession à la souveraineté du Québec ne dépend que de notre décision.
Oui, le PQ historique prévoyait un mandat de négocier la souveraineté. Or, le résultat... son avènement, ne dépendait pas de la négociation puisqu’il était clair que si la négociation échouait, c’était la souveraineté qui prévaudrait.
Pour ce qui est du PQ. C’est la souveraineté d’un État du Québec souverain qui prévaut. M. Landry n’est pas le PQ. Il n’est plus chef du PQ. Et, même s’il l’était, ce qui compte c’est que l’État émane du peuple souverain du Québec. Ce qui n’est pas le cas. Ce qui sera le cas lorsque cet État sera créé par les souverainistes. Pour l’heure, nous en sommes à débattre du principe, de la validité du principe. Rien n’est arrêté quant à la forme que prendra cet État. Plusieurs formules sont possibles, sont sur la table : partenariat économique, ou même politique.
Les souverainistes en débattent. Le PI contribue à ce débat. Il y contribue dans la mesure de l’Union, et non de la division. Dans l’Union, il fait valoir l’importance de ne pas se retrouver dans la situation actuelle de dépendance. Il a raison. Est-ce que le projet de M. Landry nous ferait être à nouveau enfermés dans un Canada politique excluant le peuple souverain du Québec de son pouvoir souverain ? Je ne crois pas, puisque c’est État émanerait du peuple souverain, puisque cet État donc serait tout le contraire de l’État actuel du Canada qui n’émane pas du peuple, ni ne reconnaît son existence même, et à plus forte raison ses pouvoirs afférents.
Ainsi. Dans l’attente que se précise les termes définissant cet État du peuple souverain du Québec, ce à quoi nous devons ensemble travailler, c’est à la défense et l’illustration du principe conférant au peuple souverain du Québec le pouvoir de fonder l’État qu’il désire. Votre rôle, est d’y travailler de concert avec les souverainistes, et non contre eux. Votre rôle est de défendre l’importance de l’indépendance de ce peuple souverain. Votre rôle est de proposer l’État souverain que vous désirez. Votre rôle est de le proposer en tant qu’État souverain capable d’indépendance et d’interdépendance, comme tout État souverain, que ce soit dans un contexte nord-américain de libre échange, ou de structure continentale à l’européenne. Tout ça reste à préciser. Reste le principe de l’État souverain du peuple souverain du Québec à créer. Ce que désire et ce à quoi travaillent tous les souverainistes.
Vous devez décider de quel côté vous êtes. Du côté de l’Union du peuple souverain du Québec, ou du côté de ses adversaires qui favorisent sa division. Si vous persister à enfoncer, pourfendre les souverainistes du PQ et du Bloc, si vous persister à voir en eux des adversaires, vous serez donc aussi le nôtre et vous serez tenu par l’histoire pour avoir été l’allié objectif des canadianisateurs prosélytes de la division.
Comme le dit madame Maude Levasseur, votre haut le coeur est disgracieux, tel qu’aveuglé par une obsession malsaine, méprisante. Je ne vois aucune contradiction à parler d’économie et d’insécurité, même le jour où l’on dévoile un manifeste pour la souveraineté du peuple souverain du Québec. Ce n’est pas la faute du PQ si ce document est prêt à être publié alors que vient du surgir une crise économique importante. Auriez-vous préférer que sa publication soit reportée pour autant ? Préfèreriez-vous que les canadianisateurs en profitent pour dire que les souverainistes préfèrent « renégocier le bail du loyer » alors que la maison est en feu ? Cette présentation de la situation de madame Marois permet au contraire que ne soit pas disqualifiée bêtement et sans raison une profession de foi souverainiste importante qui aura ainsi le loisir de s’imposer au delà de la situation actuelle circonstancielle, donc, temporaire. Elle permet de protéger le crédit que ce document mérite.
Du reste, tout ça se discute et ne saurait se résumer et se confondre à de simplificateurs édits d’ex-communications, ou de fâcheux et improductifs procès d’intention.
La division ou l’union de nos forces
Pourquoi supposer que la prochaine question au référendum ne sera pas ce que vous proposez ? M. Parizeau qui appui toujours le PQ et madame Marois, présent hier soir au spectacle du 40e du PQ, l’a proposé. Qui vous dit que la prochaine fois ne sera pas la bonne ? D’autant si vous cesser d’abonder dans l’hostilité, la vindicte. Cela doit cesser.
Ce qui ne vous empêche aucunement de faire valoir de manière constructive et positive vos idées, en appui et non en opposition constante. Vous pourriez très bien argumenter hors l’hostilité. Vous pourriez fort utilement proposer que les souverainistes suivent l’exemple du Monténégro. Cela dit, ce n’est pas au Monténégro que nous sommes. Aucun exemple ne saurait s’appliquer ici. Notre situation est unique, comme l’est celle du Monténégro. Ce peuple souverain a trouvé sa manière à lui d’accéder à l’État qu’il désire. À nous de trouver, de mettre au point notre manière à nous de le faire. Nous sommes sur la bonne voie. Cela, d’autant si l’union des forces souverainistes, toutes mouvances et obédiences confondues, s’impose dans la synergie et l’appui. Vous n’êtes pas pour l’heure partie de cette union en prenant le parti de la désunion. Mais il suffirait de peu de chose pour que, renonçant à votre vindicte, à votre rancune, à vos blessures, vous soyez de ce même combat qui est, sachez-le, le nôtre. C’est-à-dire, le vôtre et le mien, le nôtre donc. Pour peu que vous renonciez à votre dépendance à l’hostilité et au conflit.
Un jour, il faudra songer même à refuser une telle obstinée cabale. Il faudra que Vigile prenne le parti de l’union. Non pas en refusant l’exposition de propositions constructives, la discussion, l’échange, qui pourrait en résulter, mais en refusant le dénigrement, l’hostilité qui caractérisent vos contributions, ce qui mine, plombe, l’échange et la discussion qui seules nous permettent de construire ce qu’il nous faut édifier pour emporter l’adhésion concrète de ce peuple souverain du Québec qui est le nôtre, et qui désire un État qui émane nommément de lui.
L’Union du peuple souverain du Québec
Ce peuple attend patiemment que cette union se manifeste dans ces élites. Pour l’heure, la désunion des souverainistes que votre action divisionniste confirme, est tout sauf invitante. Il a donc raison de nous refuser sa confiance. Vous ne faites rien, voire, vous faites tout le contraire, pour ce cela advienne. Pour que ce peuple qui désire déjà un État qui émane de lui, accorde à ses élites souverainistes l’appui qu’il faut pour qu’il se sente confiant de remettre son pouvoir entre les mains d’un gouvernement souverainiste capable de faire l’union de ses forces qui seule peut mener à bien se projet emballant.
À vous de voir ! Et, de vous gouverner en conséquences.
Luc A.