Texte publié dans Le Devoir du mercredi 23 janvier 2008
J’ai bien connu Robert Lemieux, alors qu’il était engagé dans le comité pour la défense des prisonniers politiques. Son dévouement était exemplaire et suscitait l’admiration et le respect des militants.
Pour ma part, c’est sa détermination, sa combativité et son courage qui m’émouvaient. Alors que sa connaissance exhaustive des codes criminels et civils du Canada et du Québec et des fonctionnements officiel et officieux du système de Droit canadien lui permettait de faire la plus brillante carrière dans les grands bureaux d’avocats du Québec, il choisit de se battre contre la Loi pour la Justice, en utilisant avec intelligence toutes les règles et les astuces du système.
Contre les armadas fédéral et fédéraliste férocement lancées à l’assaut du mouvement indépendantiste, il a défendu avec succès les Vallières, Gagnon, Rose, pour ne parler que des procès intentés aux militants les plus radicaux, c’est-à dire les plus logiques, si l’on considère la nature de la guerre permanente que le Canada livre au peuple québécois, depuis des siècles.
Que ses proches veuillent bien accepter mes plus sincères condoléances.
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Andrée Ferretti, écrivaine
Brigham, 21 novembre 2008
Une photo souvenir prise à la commémoration des Patriotes à Saint-Denis à la fin novembre 1976, après la victoire du Parti Québécois, gracieuseté de J.-L. Dion



