Je lisais ce matin cette invective de Patrick Bourgeois à l’égard de Radio-Canada et sa grande prêtresse Christiane Charette. Je n’ai pu m’empêcher de sourire. Pas par ironie mais plutôt via ce sentiment que je ne contrôle plus le rictus nerveux qui m’accable à l’approche d’une nouvelle en provenance de Radio-Canada.
Comme l’Affaire Hérouxville’ a fait le tour de la planète et que l’analyse de l’attitude des médias envers Hérouxville est présentement analysée par des universitaires, sociologues, philosophes et recherchistes de tout acabit, je ne peux ici que participer à leurs travaux en leur indiquant combien Radio-Canada a traité la nouvelle avec une extrême condescendance. Tous pourraient conclure que l’Affaire Hérouxville’ aurait connu un meilleur traitement si elle était née à Montréal plutôt qu’à Hérouxville.
Avez-vous déjà remarqué qu’à Radio-Canada, une seule clique d’animateurs et d’animatrices se partage le pactole de l’information d’une émission à l’autre ? Toujours les mêmes invités, les mêmes tables rondes, les mêmes propos diffusés d’une émission à l’autre, a mari usque ad mare, sans véritables nuances et surtout sans choc des idées. Lorsqu’un animateur ou une animatrice est à la radio, il ou elle se retrouve systématiquement à la télévision quelques années plus tard et vice versa. La formule est simple, elle indique que l’échangisme demeure une règle médiatique populaire à la SRC. Des preuves ? Mesdames Bazzo et Charrette ne se sont-elles pas échangé leur auditoire ? Lorsque RBO fait un ‘Bye Bye’, n’est-ce pas l’équipe de ‘Tout le monde en parle’ qui embrasse soudainement l’humour ? Lorsque RDI nous inflige à cœur de semaine les opinions scabreuses de trois ex de la politique, est-elle consciente de l’absence totale d’une diversité d’opinions ? On croirait plutôt y déceler le signe d’un club à l’agonie.
Lorsque la SRC invite toujours les mêmes soi-disant experts à se prononcer sur un sujet, en fait, elle désinforme. Elle ne peut même pas s’enorgueillir d’une certaine originalité. Je me souviens de ces intervenants, toujours les mêmes, qui avaient reçu la grâce de faire valoir leur opinion sur les accommodements raisonnables. Étaient-ils représentatifs de toutes les tendances ? Certes non. Le moindre écart de pensée et l’animateur rabrouait parfois même effrontément l’invité. À combien de reprises a-t-on déformé la pensée de certains auteurs opposés à la sempiternelle rectitude politique ? Constat navrant s’il en est un.
La SRC cherche avant tout, comme son acolyte GESCA, à indiquer à leurs auditoires respectifs que ‘tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes’. Ironiquement, il est vrai que Montréal ne connaît aucun problème d’intégration, de langue ou autre ! Allons-donc ! Que penser justement de ces journalistes de GESCA qui répandent leur unique point de vue à travers les ondes de notre société d’État ? Le mariage de La Presse et de Radio-Canada a été depuis longtemps célébré. L’union semble résister à toute dénonciation au grand désespoir de leurs auditoires. De quoi se convaincre que la convergence est affaire d’État et mère de nécessité.
J’ai été à même de constater la folle censure dont a fait l’objet mon
essai racontant l’Affaire Hérouxville’. J’ai reçu des dizaines de demandes
d’entrevues de la part des recherchistes de toutes les émissions télévisées
d’affaires publiques de Radio-Canada sans pourtant qu’une seule ne se soit
concrétisée. Peut-ton maintenant se poser la question : Pourquoi ? On avait
presque condamné le récit avant même sa publication. Il fallait cacher tout
discours s’opposant à l’opinion intellectuelle rectiligne des bien-pensants
de la SRC. D’ailleurs, Télé-Québec n’a pas échappé non plus à cette règle.
Constatons que beaucoup d’animateurs et animatrices de Télé-Québec ont
avant tout séjourné à la SRC. Quel heureux hasard que ces mêmes personnes
soient liées aux mêmes intérêts convergents !
Nous savons tous que le mandat de Radio-Canada est avant tout dicté par le gouvernement fédéral. Le gouvernement actuel ne tolère aucunement que la diversité s’applique à l’opinion publique, surtout si elle provient du Québec. Il semble que le ROC ne saurait apprécier que le Québec puisse dominer le discours. Sachant d’ores et déjà que notre premier ministre canadien n’accepte aucunement qu’on se distancie de ses opinions, comment pourrait-on se surprendre que Radio-Canada soit muselée ?
Aussi, comme Montréal contrôle toute l’information, je crains qu’il soit utopique de croire que les régions puissent avoir leur mot à dire. Dans l’odyssée de Patrick Bourgeois, Matane n’est qu’un exécutant. Ce que Radio-Canada juge important se mesure désormais à la jugeote de décideurs ligotés.
D’ailleurs, ce phénomène généraliste subsiste dans toute la presse écrite. Soixante pour cent de leurs articles proviennent d’agences de Presse. Comment peut-on pouvoir y déceler une richesse d’opinions ? On ne discerne même plus le vrai du faux. Image de notre époque, direz-vous.
Malheureusement, ici comme ailleurs, les colporteurs de nouvelles, tels des messagers omnipotents, revendiquent leur bulle, celle de l’infaillibilité ! Pourtant la bulle n’est que papale !
Si on dit que les absents ont toujours tort, n’en croyez rien. On s’étonnera davantage de les voir mener leur rébellion bien légitime à travers ce média beaucoup plus objectif qu’est Internet.
Bernard Thompson
Hérouxville
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —


