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Le directeur général des élections, Me Marcel Blanchet, a envoyé une mise en demeure au site You Tube pour empêcher la diffusion d’un clip vidéo intitulé "le rap des libéraux" qui ridiculisait le gouvernement Charest et produit par 2 jeunes hommes, Félix Roberge et Éric Savard. Sous les pressions du DGE, les 2 auteurs de la vidéo ont décidé de la retirer, mais ils ont fait un autre clip dans lequel ils dénoncent l’attitude du DGE. Il n’y aucune preuve que les 2 jeunes gens sont membres d’un quelconque parti politique ou agissent au nom d’un parti.
Le DGE invoque l’article 402 de la Loi électorale, L.R.Q. chapitre E-3.3. qui se lit comme suit :
402 - Est une dépense électorale, le coût de tout bien ou service utilisé pendant la période électorale pour :
1 - favoriser ou défavoriser, directement ou indirectement, l’élection d’un candidat ou celle des candidats d’un parti ;
2 - diffuser ou combattre le programme ou la politique d’un candidat ou d’un parti ;
3 - approuver ou désapprouver des mesures préconisées ou combattues par un candidat ou un parti ;
4 - approuver ou désapprouver des actes accomplis ou proposés par un parti, un candidat ou leurs partisans.
Soit. Mais ce que le DGE oublie de nous dire, c’est que l’article 404 contient un bon nombre d’exception qui réflètent l’esprit de la loi, dont au moins 2 doivent retenir notre attention. Elles se lisent comme suit :
404 - Ne sont pas des dépenses électorales.
1 - La publication, dans un journal ou autre périodique, d’articles, d’éditoriaux, de nouvelles, d’entrevues, de chroniques ou de lettre aux lecteurs, à la condition que cette publication soit faite sans paiement, récompense ou promesse de paiement ou de récompense, qu’il ne s’agisse pas d’un journal ou autre périodique institué aux fins ou en vue de l’élection et que la distribution et la fréquence de publication n’en soient pas établies autrement qu’en dehors de la période électorale.
(...)
3 - La diffusion par un poste de radio ou de télévision d’une émission d’affaires publiques, de nouvelles ou de commentaires, à la condition que cette émission soit faite sans paiement, récompense ou promesse de paiement ou de récompense.
Quand cette loi fut adoptée en 1989, l’Internet ne connaissant pas l’ampleur qu’on lui connait aujourd’hui et elle n’a pas été modifiée depuis pour en tenir compte.
On constate en lisant ces exceptions, que "l’esprit de la loi", n’était pas, à l’époque, d’interdir le droit à la libre expression du citoyen, garanti par les 2 chartes (canadienne et québécoise), mais de lui faire une place dans les vecteurs de communication qu’étaient - et sont toujours - les médias traditionnels de masse (journaux, radio et télévision) à la condition que soit respecté le critère de gratuité.
Avec l’arrivée de l’Internet, qui est un à la fois un nouveau média de communication et de la relation et surtout une zone citoyenne de liberté totale, on se rend de plus en plus compte que les médias traditionnels de masse ne sont pas des observateurs neutres et impartiaux dans le jeu politique, mais des acteurs importants et engagés qui ont une influence considérable sur les citoyens et surtout et des intérêts particuliers à défendre qui ne coincident pas nécessairement avec ceux du peuple.
Or, chez nous, il se trouve que la majorité des médias traditionnels de masse sont contrôlés ou possédés en très grande majorité par les forces fédéralistes. Dans les journaux, l’empire Gesca est un exemple frappant. Les différents postes de radio et les entreprises de télévision sont sous contrôle fédéral et on connait fort bien la mission de Radio-Canada.
Il s’en suit que, avant, pendant et après les campagnes électorales, le peuple québécois est soumis continuellement à la propagande et au matraquage publicitaire fédéraliste, direct et indirect et sous toutes ses formes.
Même pendant la campagne électorale, qui est la zone de juridiction du DGE, les André Pratte, Alain Dubuc et comparses de l’empire Gesca nous abreuvent continuellement de leurs diatribes anti-péquiste et anti-indépendance. Cela n’empêche pas non plus les animateurs de "trash radio" de Québec ou du Saguenay de cracher leur venin sur les "hosties de tapettes séparatistes", Radio-Canada de continuer sa propagande subtile en faveur du fédéralisme ou les journaux de Power Corporation de commander des prétendus sondages pour confirmer leurs prises de positions politiques, sans que notre bon DGE ne trouve rien à redire. les citoyens, eux, doivent se contenter de la rubrique "Lettre aux lecteurs" quand cela ne dérange pas trop les idées politiques fédéralistes des équipes éditoriales.
Or, voilà que, lorsque 2 jeunes citoyens, de façon bénévole et ludique, utilisent des nouvelles armes que leur procure gratuitement l’Internet pour dénoncer le gouvernement fédéraliste de John James Charets, notre bon DGE sent le besoin de monter aux barricades et de s’ériger en grand censeur en brandissant une loi désuete et inique qui accorde des privilèges au 4è pouvoir des infoscapitalistes qui nous contrôlent et nous manipulent, en tapant sur les citoyens qui veulent s’exprimer bénévolement et gratuitement dans une zone citoyenne de liberté absolue. Un genre de "lettre aux lecteurs électronique" sous support vidéo produite bénévolement et gratuitement devient soudainement le monstre à abattre alors que les infoscapitalistes du 4è pouvoir et les éditorialistes à leur solde sont payés grassement pour manger du "péquiste" et du "séparatiste".
Le DGE nous prouve en agissant ainsi qu’il n’a rien compris à la montée du 5è pouvoir et à l’esprit d’Internet, qu’il encourage le "2 poids 2 mesures" et qu’il se loge du côté de la négation de la liberté d’expression et de la protection des privilèges d’une petite élite médiatique qui nous manipule et contre le pouvoir citoyen.
HONTE À VOUS, ME BLANCHET et dites-vous que vous ne gagnerez pas ce combat d’arrière garde. Le peuple de l’Internet ne vous le pardonnera pas et ne se laissera pas faire ! Ce n’est pas en muselant le peuple de cette façon qu’on rend service à la démocratie.
Pierre Cloutier ll.m
avocat

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