Vigile.net
La souveraineté telle que nous la concevons est le contraire du repli sur soi. - Jacques Parizeau - 1994
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 12806$  64%  
Objectif : 20000$
Heureusement qu’il y a des jeunes...
Les choses que l’on n’ose plus nommer n’existent tout simplement plus
Pierre Schneider
Tribune libre de Vigile
mardi 8 janvier 2008      264 visites      2 messages


Au début des années soixante, Pierre Elliott Trudeau publiait dans Cité Libre un texte retentissant intitulé "La trahison des clercs", texte dans lequel il fustigeait notre repli dans des valeurs qu’il jugeait dépassées, nous incitant à nous ouvrir au multi-culturalisme.

On a vu depuis ce qu’engendrait comme destruction massive de l’identité québécoise cette philosophie tour de Babel qui contribue jour après jour à réaliser les voeux de Lord Durham.

"Si on ne peut éliminer ces trouble-fête québécois, noyons-les dans la multitude des immigrants qui tentent de recréer ici les conditions de vie de leurs pays d’origine. D’où les guettos linguistiques et culturels et le recul constant du français dans la métropole.

Mais aujourd’hui, issus de ma génération qu’on dirait sortir de la "république des satisfaits", les nouveaux clercs pontifient à qui mieux mieux dans les médias et dans les universités sur les tactiques sous-marines nous permettant de devenir souverains. Ils ont abandonné en cours de route le mot INDÉPENDANCE, jugeant qu’il était trop clair, trop dur et qu’il faisait peur !

Devenus carriéristes et bien-pensants, plusieurs se sont enrichis scandaleusement au nom du principe des petits-pas. Un pas en avant, un pas en arrière... et dérive la galère. Pour nous rassurer, ils n’ont eu cesse de nous parler d’argent, de points de péréquation et autres astuces comptables dont la population n’a rien à cirer tant qu’elle n’en constate pas les bienfaits concrets.

Et au lieu d’abolir les paliers de gouvernements, ils en ont ajouté en créant des conseils d’arrondissements, multipliant ainsi les dépenses bureaucratiques.

Ces nouveaux clercs, qui ne se fient qu’aux faiseurs d’images professionnels, aux focus groups et aux sondages sont complètement déconnectés de la réalité québécoise. À un point tel que personne parmi ces grands penseurs-petits faiseurs n’a contesté publiquement et sur la scène internationale les résultats tronqués du référendum volé de 95.

Au sein du principal véhicule prônant timidement la "souveraineté" sans faire d’éclats, on n’a de cesse de reléguer aux oubliettes la base militante. Nos bien-pensants seraient-ils devenus staliniens ? La question vaut d’être posée.

Pour un militant de la première heure, il est évident que notre projet de pays a été récupéré à des fins de pouvoir pour le pouvoir et que ce n’est pas demain la veille qu’on va mobiliser le peuple pour lui insuffler ferveur et dignité.

Les choses que l’on n’ose plus nommer n’existent tout simplement plus. Ils demeurent des voeux pieux voués à leur autodestruction.

Des clercs des années soixante à ceux d’aujourd’hui, je me demande bien quelle est la différence. Un projet de révolution nationale (car c’en est un) ne saurait s’accomplir en douceur et en catimini.

Voilà où nous en sommes rendus en ce début de 2008 sur la "scène" politique québécoise.

Heureusement qu’il y a des jeunes qui affûtent leurs armes et qui ne baissent pas les bras, comme au RRQ. Faisons donc "tabula rasa" de tous ces opportunistes qui logent sous l’enseigne de la souveraineté et revenons donc à nos valeurs fondamentales et à l’action de terrain.

Un projet révolutionnaire ne saurait se faire qu’avec des moyens non conformistes. Nos nouveaux clercs l’ont depuis longtemps oublié.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

Suggérer cet article par courriel


Vos commentaires:
  • Heureusement qu’il y a des jeunes...
    9 janvier 2008, par David Litvak
    Très bon article, j’en partage, en fait, tous les propos. Heureusement, aussi, qu’il y a des plus vieux, qui voient clairs.
  • Heureusement qu’il y a des jeunes...
    10 janvier 2008, par Mathieu Gauthier-Pilote

    Je ne suis pas vraiment d’accord avec la description que vous avez fait des conséquences du mutliculturalisme de Trudeau.

    Parlant de la réalité québécoise, je crois que le comportement des communautés immigrantes, qui ne font que faire ce que les Québécois émigrés aux États-Unis ont fait, soit créer un tissu communautaire dans leur nouveau pays d’adoption, n’a rien à voir avec la prétendue politique de multiculturalisme de l’État fédéral. Si c’était le cas, alors la réalité canadienne serait particulière et inédite parmi les sociétés qui reçoivent des immigrants, ce qui n’est pas du tout le cas à ma connaissance.

    Le problème particulier du Québec c’est la compétition de l’anglais et du français dans la sphère publique, c’est la présence de deux sociétés d’accueil dans la région de Montréal particulièrement. S’il n’y avait que le français à Montréal, alors le Québec serait, tout simplement, comme le Canada, les États-Unis, la France, confronté à la difficulté de l’intégration dans une société de consommation individualiste. Trudeau n’a rien à voir là-dedans.

    Et je commence à en avoir assez de l’intellectualité mythique de Trudeau, comme s’il avait été le seul à écrire des bons textes dans Cité libre (comme si c’était une référence en plus !!). C’est carrément de l’idolâtrie, ce que la raison de tous et chacun devrait récuser par principe.

    Qu’est-ce que la politique du multiculturalisme mis à part une stratégie de marketing pour donner une bonne image du Canada à l’étranger ? http://www.pch.gc.ca/progs/multi/policy/act_f.cfm

    La lecture du texte de loi montre très bien que ce n’est qu’une banale et vague déclaration qui camoufle mal son objectif de favoriser l’adhésion des immigrants au projet de construction nationale du Dominion fédéral. Hors Québec, ce Dominion est aussi (sinon plus) unilingue anglais que les États-Unis.

    J’attends qu’on me démontre l’impact de cette politique sur les comportements des immigrants au Canada, qui, à ma connaissance, sont on ne peut plus standards par rapport au reste de l’Amérique. En attendant, je persiste à croire que c’est un mauvais point de départ que d’associer la problématique de l’intégration avec le mirage du multiculturalisme.

    Je suis par contre, malgré cela, assez d’accord avec la conclusion du texte, qui n’est que très vaguement liée aux paragraphes que la précèdent. Je crois qu’il est de bonne diplomatie de parler d’union des générations, et de bonne stratégie que cette union se fasse sous un leadership jeune.


  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     12806$  64%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    4/09 Jean-Roch Villemaire : 25$
    30/08 Claude Morin : 50$
    26/08 Jean-François Houle : 25$
    26/08 Georges-Étienne Cartier : 200$
    26/08 Giselle Chagnon : 100$
    25/08 Meili Faille, BQ Vaudreuil-Soulanges : 100$
    25/08 Gilles Bousquet : 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net