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Je profite de l’intervention de Bernard Thompson sur André Pratte et la haute couture, pour faire une mise au point. Beaucoup de personnes bon chic bon genre lèvent le nez sur le code de vie d’Hérouxville. L’ont-elles lu ? Il y a quand même pas mal de temps, je participais à un blogue de discussion et une des participantes a eu l’idée géniale de poser la question : savez-vous de quoi vous parlez ? Et elle a mis le code de vie de Hérouxville sur le blogue. Je l’ai lu au complet, heureusement avant que les faiseurs d’opinion en fassent un document xénophobe et ne déforment mon jugement. Même Richard Martineau a parlé de xénophobie mais il s’est ravisé depuis : il ne méprise plus le code de vie.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que moi, un montréalais de naissance et un urbain mur à mur, j’étais en accord total avec ce texte qui décrit avec précision et justesse la façon de vivre des Québécois et des Québécoises, leurs moeurs, leurs coutumes, leurs valeurs. Et même, j’ai beaucoup apprécié une sorte d’humour décapant dans la façon par exemple de décrire l’égalité homme-femme comme si on expliquait à un enfant de dix ans qu’une femme police doit être respectée à l’égal d’un policier mâle.
Quant au fameux passage sur la lapidation des femmes, qui existe réellement dans certains pays musulmans (ce qu’on ne peut nier), c’était l’EXEMPLE dont on se servait le plus pour montrer la xénophobie et je dirais même la kétainerie du code de vie. Or, cette référence à la lapidation des femmes dans la religion musulmane était d’une ironie mordante à l’égal des satires voltairiennes contre le fanatisme religieux, l’intégrisme musulman et l’intolérance. Ce qui était kétaine, c’était de dire qu’il n’y avait jamais eu de lapidation à Hérouxville : comment des “régionaux” pouvaient-ils en parler... comme si, à Hérouxville, on n’avait pas le droit d’être ouvert sur le monde dont pourtant on nous parle tous les jours aux nouvelles.
Quand j’ai entendu Gérard Bouchard citer l’exemple du code de vie de Hérouxville comme exemple de dérive xénophobe, là le vase a débordé. Le sociologue et historien Gérard Bouchard aurait eu intérêt à développer sa culture littéraire. Il aurait compris la saveur d’une satire voltairienne de la religion musulmane. Qui aurait cru que le Commissaire Bouchard était un intellectuel bon chic bon genre !
Par ailleurs, pour les auteurs du Code de vie, tout le problème réside dans la nature juridique des accommodements. "Comment se fait-il que ce sont des avocats et des juges qui gouvernent ?, s’interroge Bernard Thompson. Selon lui, la question ne se règlera pas tant que les lois québécoises seront assujetties à la Charte des droits et libertés et à la Cour suprême. On prône quoi dans ce temps-là ?, demande M. Thompson. On pense un peu comme Bouchard, répond-il. Je ne serais pas surpris que les accommodements aient un impact énorme sur la question de l’indépendance."
Enfin, Gérard Bouchard a dit que "dans tout le débat sur les accommodements raisonnables, les Québécois de souche se comportent avec les minorités issues de l’immigration comme s’ils formaient eux-mêmes une minorité sur leur propre territoire". Selon lui, on est devant "une majorité qui craint ses minorités" et donc, ajouterai-je, une majorité qui ne se comporte pas comme une véritable majorité, conséquence de la Charte de Trudeau, du multiculturalisme et de la situation minoritaire des Québécois dans le Canada.
Selon l’ingénieur André Drouin, il faut se placer dans une perspective de résolution de problème. Tout le monde n’a pas la subtilité pour apprécier l’humour raffiné que je qualifierais de rural et la logique implacable d’un des auteurs du code de vie d’Hérouxville. Même Guy A. Lepage s’y est laissé prendre lui qui pourtant devrait s’y connaître en humour quoique le dernier spectacle télévisé de RBO nous permettait d’en douter. Pour régler le problème de l’identité québécoise dont le code de vie de Hérouxville est une magnifique expression, la logique implacable d’André Drouin le conduit à prôner l’indépendance du Québec pour se débarrasser de la Charte de Trudeau, du multiculturalisme et de notre situation de minoritaires au Canada qui sont les causes véritables du problème.
Y a-t-il à se surprendre que tous les partisans kétaines du statu quo de Gesca ou d’ailleurs insistent sur la xénophobie et l’intolérance de ces indépendantistes de Hérouxville qu’il faut remercier pour nous avoir rendu le service inestimable de relancer le débat sur l’identité québécoise qui est un des fondements de notre projet politique.
Robert Barberis, Marie-Victorin, 3 décembre 2007
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Très bien dit ! Enfin on est au moins 2 à voir ET prendre la peine de DIRE l`affaire ainsi !
Voir mon "billet" sur le passage de Drouin à "Tout le monde en parle", "Hérouxville et les censeurs" sur la T.L. de Vigile du 10 février 2007. J`avais lu leur texte in extenso : vraiment très utile avant de parler mais j`en arrivais à penser être plutôt rare de mon espèce...
Selon Christian Charron,l`authentique journaliste est celui qui vérifie ses sources : à cette enseigne,il faut croire que bien peu de ceux qui s`intitulent tels,tout "accrédités " qu`ils soient,échappent à l`imposture ! Dommage que Bourgeault ne soit plus là...

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