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Héritage culturel et loi 101
Maria Hotes
Lettres au Devoir
samedi 25 août 2007


Arrivée en décembre 2003 à Montréal, ayant 15 ans à ce moment-là et n’ayant que des notions élémentaires de français à l’époque, je puis témoigner des apports de la loi 101. Quoique je sois d’origine latino-américaine, j’avais des bases solides en anglais car j’avais fréquenté une école bilingue depuis le primaire. En effet, il aurait été beaucoup plus simple pour moi de m’inscrire dans une école anglaise. La loi 101 m’a « contraint » (car je la percevais comme une contrainte) à étudier en français.

Cela explique pourquoi j’ai fait mes deux dernières années du secondaire dans une école francophone. Or, après ces deux années, j’étais en mesure de choisir par moi-même la langue d’enseignement qui me convenait le mieux pour mes études post-secondaires. Encore un peu attachée à l’anglais, mais ayant étudié deux ans dans un milieu francophone, le choix n’était pas évident. Je me suis donc inscrite à un cégep anglophone et à deux cégeps francophones. Ce qui étonne certains, c’est le « pourquoi » de mon choix. Au moment de m’inscrire au cégep, je maîtrisais aussi bien l’anglais que le français et j’étais même plus à l’aise avec l’anglais (peut-être pas à l’écrit, mais certainement était-ce le cas à l’oral) qu’avec le français. Or, à la fin de cette même année, je n’ai pas choisi « simplement » une langue d’enseignement : j’ai choisi une culture.

Si l’on me demande aujourd’hui ce que j’aurais fait s’il n’y avait pas eu de loi 101, je réponds que j’aurais certainement étudié en anglais. Pourtant, je sais bien que je compterais, en ce moment, d’un handicap majeur car je ne me serais jamais vraiment donné la peine d’apprendre le français. Maintenant, j’utilise d’abord le français pour communiquer, je lis en français et, bien sûr, j’étudie en français.

L’an prochain, par exemple, je n’ai aucune intention de fréquenter une université anglophone. Pourquoi ? Encore une fois, je vous répéterais que je ne choisis pas « simplement » une langue, mais bien une culture. Cet « amour » pour la culture francophone, soit dit en passant, ne pourrait se passer de cette loi, si controversée (surtout parmi les nouveaux arrivants, je vous l’assure !), qu’est la loi 101. Pour peu charmant que cela puisse paraître, je suis satisfaite de ce déterminisme social qui m’a conduite à mieux connaître l’univers francophone et à l’apprécier tel quel, à sa juste valeur.

***

Maria Hotes, Montréal

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