Récemment, j’ai reçu parmi mes courriels une magistrale leçon de morale catholique. J’aurais juré lire la version exhaustive de la réponse 495½ du Petit Catéchisme ou une ritournelle folklorique de l’Album de la Bonne Chanson de l’abbé Gadbois. J’ai été quelque peu déçu car je croyais mon expéditeur un homme sage et éveillé. Un peu plus et on me condamnait aux flammes de l’enfer.
Selon ce monsieur, de petits zigotos déversent leur hargne sur l’Église catholique, dont je suis, probablement, selon lui. Ce serait un sport à la mode activé par une presse désinformante encore selon lui. Le message du Christ, s’il est authentique, était et est encore un message d’Amour, de Paix et de Tolérance. Rien à voir avec la mafia vaticane, rien à voir avec la toute puissance de cette Église on ne peut plus hypocrite. Je ne suis pas un être parfait, loin de là, sauf que quand, du haut de la chaire, on m’accable depuis ma naissance, de culpabilités multiples, quand on m’envoie encore une fois aux flammes de l’enfer, où le péché mortel est le billet de saison, parce que, à l’adolescence, j’ai osé, en privé, faire de petits solos de guitare, là je ne marche plus.
Ceux qui ont vécu cette époque se souviennent certainement que le soir, on n’osait pas s’endormir de peur de mourir et d’aller dans les Géhennes brûler pour l’éternité pour de telles broutilles. Une des armes de la puissance est la peur. Dire qu’à une époque, on a cru à de telles aberrations ! Dans les campagnes, des femmes mourraient en couches parce qu’épuisées (des familles de 12 enfants et plus), le curé visitait annuellement les familles pour réclamer, bien sûr, sa dîme et la petite gentillesse en passant était de culpabiliser ces femmes si, depuis la dernière année, elles n’étaient pas encore enceintes suite à leur DEVOIR conjugal. Jouir de l’acte sexuel normal était un péché. Semblerait-il qu’il n’y avait qu’eux (les curés et autres clergitudes)qui y avaient droit en s’enfilant de petits garçons dans les pensionnats ! Vous vous rendez compte.
Les jeunes qui me lisent ne croiront pas de telles horreurs et certaines personnes voudraient, aujourd’hui, qu’on respecte ces abuseurs, ces donneurs de conseils et de condamnations ! On nous disait que l’orgueil était le plus grand des péchés. Que pensez-vous alors d’un cardinal, revenant de Rome, la tête enflée au point de ne plus supporter sa mitre, bouffi d’orgueil qui déclare : « Bravo Montréal de t’être faite belle pour accueillir ton prince »…et on nous enseignait l’humilité, la soumission ! Ce même cardinal était à la base de ce qu’on est convenu d’appeler "les Enfants de Duplessis", vous vous souvenez ? Au québec nous sommes devenus tellement humbles et soumis qu’on n’ose même pas secouer la chape de plomb fédérale entretenue par notre Jean Charest national et autres mous. Je ne parlerai pas des deux dernières perles de l’Église, c’est –à-dire la petite fille de 9 ans enceinte et de l’usage du condom, ce ne sont que des broutilles comparées à tous les massacres, tueries, tortures et autres exactions commises par elle au nom de Dieu tout au long de son histoire.
M. Gil Courtemanche dans un courageux article dans Le Devoir de la fin de semaine du 28 et 29 mars, n’a exprimé que le ras le bol général des excès de bondieuseries et autres « erreurs » de cette très « sainte » mère l’Église. Appelez ça de la hargne, du fiel ou autre expression de même acabit, les récents commentaires qu’on ne peut plus taire, expriment la colère de s’être fait avoir pendant aussi longtemps sous de fausses représentations. Il n’est pas facile de réaliser qu’on a été dupes. Jésus doit se retourner dans sa tombe…pardon dans son ciel, de voir celle qui prétend le représenter, agir comme elle l’a fait et comme elle le fait toujours.
Il est certain que certaines personnes, semble-t-il, ne peuvent vivre sans s’accrocher à un merveilleux mythe d’un dieu tout puissant, aimable et à qui le péché déplaît. Qu’ils continuent si ça leur fait du bien de s’abandonner dans de telles croyances. Ils sont libres aussi de croire au père Noël et à la fée des étoiles, mais, au moins, ceux-là, arrêtez de nous faire suer en tentant de nous faire croire à vos lubies et à l’église catholique prétendument sainte et universelle ( ? pas sûr). Celle-ci sera respectée, la journée où elle sera respectable et qu’elle vivra ce qu’elle enseigne, c’est-à-dire l’Amour, le Pardon et la Tolérance dans l’Humilité.
Ivan Parent


