Haïssez-vous les Russes ?
Si vous les haïssez, Serge Truffaut vous fera plaisir aujourd’hui (2 septembre 2009). Il a fait un succulent éditorial qui va vous ravir et pour ceux qui ne les haïssent pas encore, vous comprendrez qu’il faut les haïr, parce qu’ils sont vraiment sataniques ces maudits Soviétiques qu’on appelle "Russes" maintenant.
Le Soviétique est dans le Russe comme l’arbre est dans ses feuilles.
Il faut lire Serge Truffaut
« Deuxième Guerre mondiale - Le choc russe »
J’aurais bien aimé envoyer le commentaire suivant sous son article, mais, étrangement (sans doute une défectuosité "technique") Le Devoir ne permet pas de commenter cet éditorial si percutant.
Je remercie Vigile de bien vouloir me permettre de m’exprimer.
Je vous mets en garde, les lignes que vous lirez dans les minutes qui suivent sont totalement empreintes d’une très forte émotion viscérale et parfois la fiole d’assaisonnement ironique m’a légèrement glissé des doigts. Ce qui fait que le texte est bien évidemment à prendre avec un grain (ou un brin) de sel.
Avant de me lire, il est préférable de bien lire Monsieur Truffaut.
Ensuite, lisez ma réaction presque cutanée qui débute tout juste après ces deux points « : »
* * * *
« Les écoeurants »
Le sophisme.
Poutine a fait un raisonnement faux !
Une « apparence » de raisonnement "logique" fait expressément dans le but de « tromper ».
À quoi d’autre aurait-on pu s’attendre d’un être satanique comme Poutine ? Monsieur Truffaut qui s’évertue à dénoncer ces fourbes et ces méchants ne peut manquer de mettre en lumière cette tentative de "réécrire" l’Histoire.
Réécrire l’Histoire…
Ça ne date pas d’hier. Combien d’historiens ont réécrit l’Histoire, combien de "sophismes" pour justifier leur réécriture ?
L’Histoire dérange si souvent. On l’étouffe ou on la nie, parfois on la réécrit comme ceux qui vont jusqu’à nier les fours crématoires et les fosses communes, les entrepôts de cheveux et d’objets "classés", les barbelés et tous ces signes témoins à la fois éloquents et trop silencieux des horreurs.
On tente souvent de réécrire l’Histoire.
Ce n’est pas uniquement la Russie et ses méchants qui la réécrivent et l’adaptent "un peu", c’est aussi un peu tout le monde. La France avec l’Algérie dans ses livres d’Histoires récents, les bons États-Unis qui l’écrivent rapidement au lendemain des événements en l’adaptant « un peu » pour ne pas avoir à la réécrire plus tard.
Réécrire l’Histoire…
Les méchants Russes ont sorti des documents établissant, « selon eux », la responsabilité du gouvernement polonais de l’époque dans le déclenchement du carnage que l’on sait.
Quels sont-ils ces documents ?
Poutine a fait un demi-devoir de vérité.
On focus sur la demi qui agace et on laisse tomber qu’il a dit que le pacte de non-agression signé entre l’Allemagne nazie et la Russie soviétique était « immoral ».
Il a pris soin de souligner que tous les autres traités négociés avec Hitler l’étaient tout autant. Jusqu’ici, il me semble que ce n’est pas si grave comme discours. Il n’y a rien de trop insultant pour l’Histoire et pour ceux qui la connaissent au point de savoir à la virgule près comment les choses se sont passées et qui sont les « vrais » coupables du déclenchement. Il est évident que les « vrais » coupables sont « sûrement » les méchants. C’est la définition sans équivoque du méchant. Le méchant, par définition, est absolument « toujours » coupable. C’est une loi indiscutable, un peu comme la « loi » du marché.
L’écoeurant Poutine a même été jusqu’à "disculper" « par la bande », faut-il le mentionner, ce dégueulasse Staline : « La diplomatie soviétique de l’époque [l’écœurant Staline que nous haïssons tous] estimait, au minimum, déraisonnable de refuser la proposition de l’Allemagne, et avec raison... »
Ah ! Le maudit Poutine, un méchant tordu ce ratoureux (pour ne pas dire pire). Dire de telles choses. Comme si les bons avaient des défauts et comme si ce pourri de Staline pouvait avoir dit et même pensé une telle aberration !
Non, mais, on ne va tout de même pas réécrire l’Histoire pour nous faire croire que les Russes n’étaient pas « un peu » complices de ce fou à Hitler !
Non, mais ! Quelle chance d’avoir des gens, comme Monsieur Truffaut ce journaliste « aguerri » pour dénoncer ces demi-vérités et surtout ces sophismes trompeurs.
« Bien évidemment, la posture adoptée par Poutine a ulcéré des historiens et politiciens polonais qui parlent de révisionnisme. »
Du révisionnisme, absolument, du révisionnisme total.
Tout le monde sait que les atrocités des Soviétiques étaient égales (sinon pires) que les atrocités nazies. Voyons, comment pourrait-il en être autrement ?
Pensons à Abou Ghraïb, à Guantanamo, à ces prisons secrètes d’Irak et d’Afghanistan ou encore à ce qui peut se passer sur Diego Garcia… oh ! je m’excuse, je me suis trompé de dossier. Veuillez corriger, ces endroits sont classés dans nos livres d’Histoire comme des endroits essentiels dans la lutte contre la terreur et malheureusement, il y a eu quelques cas « isolés » de « petites » atrocités. Vraiment petites en comparaison aux infamies commises par les sataniques Soviétiques.
Non, mais Poutine… regardez-le allez avec sa face de petit crosseur !
Il a de quoi se faire haïr ce Poutine.
Monsieur Truffaut nous ouvre les yeux sur ses sophismes.
Et tenez-vous bien, comme dirait l’autre, Medvedev a instauré une commission pour empêcher la falsification de l’Histoire. Rien de moins, comme dirait l’autre, encore une fois.
Le leader russe [Medvedev] a créé cette commission [d’empêchement de la falsification de l’Histoire] et tenez-vous bien, les historiens sont minoritaires. Une commission composé par qui ? Des journalistes peut-être ! Ah ! Ces rustres Russes !
Ces derniers siègent aux côtés de mandarins des ministères de la Défense, de l’Intérieur et du FSB (ex-KGB). Poutine siège là-dessus, sans doute, cet ex (sic) du KGB (sic sur le "ex" parce la rumeur laisse entendre qu’il est toujours bien actif dans ce KGB qu’on dit "disparu" (entre guillemets).
Le patron de cette officine ? Vous l’aurez sans aucun doute deviné, nul autre que le chef de cabinet « en personne » de Medvedev. Belle gang !
« Toujours est-il que le mandat assigné à ces messieurs est de gommer, d’effacer, de contrecarrer tout détournement de l’Histoire « portant atteinte aux intérêts de la Russie ». Il y a lieu de préciser aux intérêts... « présents » de la Russie. Les écœurants, je vous dis.
En réalité que cherche le Kremlin ?
Voulez-vous que je vous le dise ? Bah ! Ce n’est pas nécessaire, Monsieur Truffaut nous l’explique très bien. Jamais personne d’autre que ces maudits Russes ne pourrait se rendre si bas dans la magouille et la fourberie. Moi, plus on m’en parle des Russes, plus je les haïs et je suis convaincu que ces maudits veulent envahir notre Nord. Les Russes ont un œil et même deux sur notre Pôle dont les États-Unis s’occupent si généreusement, par amitié.
« Moscou s’acharne comme jamais à tuer dans l’oeuf tout examen de l’occupation soviétique par les anciens satellites du glacis soviétique. »
Si seulement le Canada avait quelques glacis pour protéger sa glace qui fond au Nord ! Ah ! Ces maudits Soviétiques. Ils avaient plein de glacis, des endroits qu’ils occupaient brutalement pour protéger leur ignoble forteresse. C’est "normal" que maintenant, ils ne veuillent pas que l’on examine de trop près leurs vieilles occupations.
Ah ! Je te dis ce Poutine et ce Medvedev (la marionnette de Poutine), ce n’est pas du Dick Cheney. Lui, ce Cheney, il n’a pas peur de faire examiner ses décisions et mêmes ses actions qui ont marqué l’Histoire et qui ont eu pour conséquence de sauver le monde libre dans lequel nous baignons et c’est grâce à des zommes comme lui que je peux écrire et que je ne parle pas russe aujourd’hui. Merci Dick.
Quant à Poutine, le bel écoeurant, de tous les présidents russes depuis la chute du Mur de Berlin, c’est lui qui a réduit l’accès aux archives. Avant, on pouvait savoir "un peu", maintenant "niet".
Une rumeur dit : « Beaucoup craignent d’ailleurs qu’à la suite de la création de cette commission, le Kremlin étrangle davantage l’accès aux documents. » Et si une rumeur dit, c’est sûrement vrai. Vous avouerez avec moi que c’est dégueulasse ce que l’on fait en Russie.
« Pour terminer, une question s’impose : comment Medvedev et Poutine vont-ils extirper de la mémoire des Polonais, Hongrois, Tchèques, Slovaques, Bulgares, Baltes et autres le souvenir de l’occupation soviétique alors qu’on le sait encore frais ? »
Des souvenirs frais qu’on rafraîchira au besoin.
Comment vont-ils faire, les sacripants ?
Ils sont tellement pourris à l’os et dégueulasses qu’ils vont bien sûr trouver le moyen d’essayer, mais… bonne chance les tits copains, on a des journalistes qui connaissent très bien l’Histoire et qui ne laisseront jamais les écoeurants dans votre genre tenter de la modifier.
Bon, et maintenant, cela dit, qu’en pensent les Historiens sérieux ?
Bah ! Est-ce vraiment important ?
Serge Charbonneau
Québec
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Eh oui ! Et les Historiens dans tout ça.
Je vous recommande de lire Mme Agnès Gruda qui nous décrit la même nouvelle avec la mission de la haine en moins.
« Qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale ? »
Même AFP (à travers Le Monde) nous transmet "la" nouvelle d’une façon plus sereine : « Seconde guerre mondiale : la Pologne se "noie dans le passé" (presse russe) »
Même Radio Canada nous offre une couverture plus sobre de l’événement du 1er septembre à Gdansk.
RFI nous offre aussi une approche complémentaire et moins "émotive" que celle de Monsieur Truffaut (ainsi que de la mienne, bien entendu). « Seconde Guerre mondiale : Poutine défend le rôle de Moscou »
Il y a aussi Monsieur Alexandre Shields qui nous dresse un article à cheval sur le journalisme et l’Histoire.
Plusieurs passages sont de l’écriture de l’Histoire (certains passages pourraient être considérés comme "réécrits".
Par exemple : « Les Soviétiques, libérateurs d’une Pologne écrasée sous la botte nazie ? Ce n’est pas l’avis du président polonais, Lech Kaczynski, qui s’est élevé hier contre la tentation de récrire »
On passe de la responsabilité du déclenchement de la guerre aux acteurs de la libération polonaise. L’Histoire est bien complexe. Les Historiens s’arrachent souvent les cheveux pour tenter de l’écrire fidèle à ce qu’elle a été.
Monsieur Shields nous en livre des passages avec une plume assurée.
« Deuxième Guerre mondiale - La Pologne s’élève contre la tentation de récrire l’Histoire »
On n’en finira jamais avec l’Histoire, pensons simplement à nos Indiens d’Amérique (nos Amérindiens). Les bons et les méchants, les "sauvages" et les "missionnaires" scalpés… le bon Brébeuf avec les charbons iroquois dans les yeux (il me semble avoir appris cela dans mes cours d’Histoire)
Sur Wikipedia on peut lire :
« Brébeuf est traîné au village de Saint-Ignace où il est accueilli par une pluie de pierres, bâtonné et lié au poteau de torture. On lui a versé de l’eau bouillante sur la tête dans une parodie de baptême, un collier de cognées de tomahawks chauffées à blanc passé autour du cou et un fer rouge enfoncé dans la gorge sans qu’il pousse un seul gémissement. Le feu a été allumé sous lui et son corps lacéré de coups de couteaux. À sa mort, son cœur a été arraché et mangé. Il a été canonisé le 29 juin 1930 par le Pape Pie XI. »
Quel historien était présent sur les lieux de sa torture ?
Sur quel document s’est-on basé pour décrire les choses avec une telle précision ?
Ah ! L’Histoire ! À écrire, à toujours vouloir la réécrire…
Parfois, certains éditorialistes sont délirants.
Comme certains animateurs de radios poubelles peuvent l’être. On en met, on en ajoute, on jouit, on en bave, et le bon peuple frétille de ce traitement hautement démagogique.
Pauvre Monsieur Truffaut, pouvez-vous le mettre en cure de désintoxication, s’il vous plait ?
Serge Charbonneau
Québec

