HP Rousseau et la Caisse

mardi 21 avril 2009


Le 30 mai 2008, la Caisse de dépôt et placement du Québec perdait (en fait une perte qui doit être interprétée comme un gain pour les Québécois) son président Henri-Paul Rousseau - HP pour les intimes - pour Power Corp, cette transnationale québécoise qui contrôle beaucoup de services publics (santé, eau, énergie, pensions de vieillesse, etc.) et de médias afin de propager son idéologie.

HP Rousseau est un autre affairiste provenant du privé avec sa culture d’avidité et de rendement rapide à tout prix, peu importe les moyens, que l’on a nommé à la tête d’un de nos plus importants instruments de développement économique et social du Québec.

HP a levé les feutres juste après avoir signé un renouvellement de son mandat de président pour une période additionnelle de 5 ans en nous laissant sur les bras le fruit de ses dogmes éculés et de ses politiques d’arriérés qui totalise au moins 40 milliards $ de pertes publiques encourues dans des affaires totalement débiles comme le papier commercial garanti par des hypothèques irrécouvrables totalisant 14 milliards $ (La Caisse est l’institution financière canadienne qui a le plus investi dans ces véhicules financiers bidons soit 40 % de ses liquidités) ; 7 milliards $ de pertes encourues dans des actions de compagnies cotées sur les bourses américaines ; un investissement tragique de 3 milliards $ dans des aéroports à Londres en Angleterre que HP avait qualifié dans La Presse du 29 février 2008 de : « Une machine à cash extraordinaire ».

Sa patente extraordinaire s’est plutôt avérée un panier sans fond tel que mentionné, entre autres, dans un article du Journal de Montréal du 6 septembre 2008 intitulé : « Royaume-Uni ; 562M $ de plus injectés dans British Airport Authority (BAA) ». Ça, c’est le même smatte qui ne voulait pas investir dans des entreprises québécoises préférant investir nos argents à l’étranger en prétextant que c’était plus payant. Allô l’expert !

Malgré ses déboires titanesques, les politiciens, les médias, surtout La Presse de Power, et d’autres ont continué à l’encenser. Tout simplement incroyable. Faut dire que l’important monsieur a de nombreux contacts politiques et d’affaires. Un autre faiseux que l’on érige en héros ! Ça fait partie du modèle québécois.

Prisonnier de sa doctrine conservatrice très à droite, qui séduit Power Corp et son propriétaire Paul Desmarais HP a dit de la Caisse de dépôt, comme le rapporte le Journal de Montréal du 9 mai 2007, que la mondialisation était « incontournable » et qu’il n’était nullement inquiet de la vente d’Alcan à des étrangers.

Donc, selon lui, il faut dorénavant, et pour toujours, se soumettre à l’hégémonie des transnationales plus grosses que les pays et qui mettent en compétition tous les travailleurs et tous les gouvernements de la planète pour le plus petit commun dénominateur.

Pourtant, des organismes internationaux comme l’OCDE, l’ONU et même la Banque Nationale, n’ont de cesse de répéter que, face à la mondialisation dans les petits pays et ceux en voie de développement, l’État doit intervenir pour protéger son économie, garder le contrôle de ses grandes entreprises stratégiques et adopter des politiques fiscales appropriées pour sauvegarder ses services publics, sinon il y a un grand risque de « recolonisation par les transnationales étrangères ».

Mais l’incontournable HP, cité dans le Devoir du 24 avril 2008, a dit clairement : « La Caisse n’empêchera pas les prises de contrôle étrangères » et le ministre du Développement économique libéral du Québec, Raymond Banchand, en a rajouté comme en témoigne ce titre de La Presse du 30 novembre 2007 : « Bachand ne s’inquiète pas de la mainmise étrangère ».

Bachand a même traité de xénophobes, rien de moins, tous ceux qui osent penser à s’inquiéter. Ces deux colonisés de première classe ont applaudi et ont même favorisé la vente à des étrangers de joyaux québécois comme Alcan, Cambior, Domtar, la Bourse de Montréal, Biochem Pharma, Axcan Pharma, Sico, etc.

Dire que des symboles historiques québécois aussi significatifs que le Château Frontenac, le vieux pont de Québec et le Canadien de Montréal appartiennent à des intérêts étrangers me fait lever le cœur. Comme les Québécois sont colonisés depuis toujours, et heureux de l’être, ils ont les politiciens et les commis d’État qu’ils méritent.

Pendant ce temps, la Caisse investissait à l’étranger. La Presse du 23 octobre 2007 titrait : « La Caisse pourrait investir 1,6 milliards (sic) en Inde » et le 11 août 2008 : « La Caisse veut construire des centres commerciaux au Brésil et en Chine ». Sans compter son investissement bidon de 3 milliards $ dans un aéroport à Londres (BAA) et ses 200 millions $ investis dans un aéroport en Australie.

Puis, La Presse du 15 mars 2005 nous informait que la Caisse, à la sauce HP, tenait à investir des millions en Colombie-Britannique et ailleurs dans le monde dans des hôpitaux privés, des autoroutes à péage, des aqueducs, dans le transport en commun et dans la distribution de gaz naturel. Pour HP, investir nos économies à l’étranger c’est beaucoup mieux que d’investir au Québec. Un autre qui pète plus haut que le trou.

Dans un article du 7 mars 2009 intitulé : « Qui est Robert Tessier ? », Le Devoir nous apprend que cet ancien p.d.-g. de Gaz Métropolitain était un farouche partisan de toute hausse des tarifs d’électricité d’Hydro-Québec qui faisait, selon ses dires, une concurrence « déloyale » à cet importateur de gaz naturel et promoteur du port méthanier Rabaska à Lévis qu’est Gaz Métro.

Dans cet article, le monsieur s’est défini lui-même comme un lucide enragé. Il est aussi membre, tenez-vous bien, du conseil d’administration d’Investors, propriété de Power Corp qui se spécialise dans les régimes de retraite « privés », et du Conference Board du Canada et du Conseil du patronat du Québec. Tout un commis de l’État !

On continue de plus belle à nommer des faiseux et des porte-queue, partisans de la privatisation de nos instruments collectifs, à la tête de nos outils collectifs, sans que les Québécois ne lèvent le petit doigt.

Dans un article du Devoir du 14 décembre 2004 intitulé : « Priorité au rendement à la Caisse de dépôt : Une rebuffade pour Yves Séguin », il est écrit qu’Yves Séguin, alors ministre des Finances, s’était opposé à cette nouvelle orientation débile de la Caisse, comme il s’était opposé à ce que le Parti libéral du Québec verse 325 millions $ de fonds publics en subventions à la firme étrangère Intrawest pour construire des condos de luxe à la station de ski du Mont-Tremblant et qu’il voulait mettre sur pied une équipe de vérificateurs spécialisés dans l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux.

Le gratin n’a pas aimé et a commandé le renvoi de cet emmerdeur. En bon franchisé, Jean Charest l’a prestement viré.

Félicitations quand même, monsieur Séguin, et vous avez toute ma reconnaissance pour votre courage même si cela vous a coûté votre job de ministre.

Clisse, ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre que, pour calculer la rentabilité véritable de la Caisse de dépôt, il ne faut pas uniquement tenir compte du rendement comptable à court terme rattaché au placement, mais bien d’utiliser comme base de calcul la rentabilité macro-économique qui tient compte, en sus des retombées économiques des emplois créés ou sauvegardés au Québec, des sièges sociaux et des usines conservés ici, des impôts et des taxes payés par ces travailleurs et ces investissements, des emplois indirects, de la souveraineté du Québec sur ses ressources naturelles, ses biens publics et ses entreprises stratégiques qui bénéficient à tout le monde de plusieurs façons.


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