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Le chroniqueur politique "prestigieux" du Globe and Mail de Toronto publie aujourd’hui dans La Presse une analyse du débat des cinq chefs qui doit avoir lieu en anglais ce soir.
Son dernier paragraphe est à remarquer. Le voici.
"En ce qui concerne Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, sa présence dans le débat en anglais est une complète perte de temps et même une insulte étant donné que son parti ne présente aucun candidat hors du Québec. Presque personne dans l’auditoire anglophone au Canada n’est intéressé par ses plaintes prévisibles et inspirées par un esprit de clocher à propos du Québec."
Donc Jeffrey Simpson, s’il n’en tenait qu’à lui, exclurait Gilles Duceppe, chef d’un parti important de l’opposition à Ottawa, du débat des chefs. Les Canadiens anglais, selon Simpson, ne sont pas intéressés "à ses plaintes prévisibles inspirées par un esprit de clocher à propos du Québec". Je suppose que quand l’Ontario a obtenu l’ensemble de l’industrie automobile, elle n’était pas inspirée par l’esprit de clocher.
M. Simpson, je suis indépendantiste mais actuellement je paie mes taxes et mes impôts à Ottawa et Gilles Duceppe me représente. Je veux l’entendre parler en mon nom au débat des chefs et je comprends très bien l’anglais de telle sorte que je n’aurai pas recours à la traduction simultanée.
Vous voulez exclure Gilles Duceppe de ce débat crucial comme Michaël Forcier et le parti conservateur, dans leur fameux panneau publicitaire veulent exclure le Bloc québécois de la politique québécoise parce qu’il serait inutile et coûteux. Jeffrey Simpson et Michael Fortier, même combat.
M. Simpson, la prochaine étape de votre pensée serait d’exclure le Québec au complet du Canada comme vous le suggérait ici même une indépendantiste de la première heure Andrée Ferretti. Ne trouvez-vous pas que le Canada fonctionnerait bien mieux sans le Québec. Vous auriez le gouvernement majoritaire que vous voulez et vous n’auriez plus à endurer un Jean Charest ou une Pauline Marois qui sont des maîtres "des plaintes prévisibles et de l’esprit de clocher". Qu’attendez-vous pour convaincre le Canada anglais que le temps est venu de vous débarrasser du Québec puisque vous voulez exclure Gilles Duceppe du débat des chefs au mépris de citoyens canadiens comme moi qui ont voté et vont voter pour le Bloc à Ottawa.
Suivez les conseils d’Andrée Ferretti qui fait la promotion de l’intérêt de tous les Canadiens. Dehors Québec dont le représentant du Bloc est une insulte et une perte de temps pour que le Canada puisse discuter en paix et s’épanouir comme une vraie nation qui serait débarrassée du boulet d’une fausse nation.
Robert Barberis-Gervais, Longueuil-Pierre-Boucher, 2 octobre 2008
Le Québec "exclu" du Canada signifie que le Québec n’est plus inféodé au pouvoir post-impérial, centralisateur, arbitraire, unitaire et parasitaire d’Ottawa. Le "prestigieux" chroniqueur politique du non moins prestigieux Globe and Mail ne voit pas qu’au moins six autres provinces attendent précisément "l’exclusion" du Québec pour s’exclure à leur tour. Ce sera la fin d’Ottawa mais non la fin du Canada qui est un continent distinct en Amérique du nord. Les relations vont se maintenir sur la base d’intérêts communs. La politique est affaire d’intérêts, de rapports de forces et d’effectivité, non de sentimentalité à l’eau de rose, comme le veut le Globe and Mail lorsque ça fait son affaire.
René Marcel Sauvé
Félicitations M. Barberis-Gervais pour votre solide réponse à M. Jeffrey Simpson du Globe and Mail de Toronto.
Finalement, c’était M. Stéphane Dion, anglomane de service, qui ne semblait pas trop être à sa place dans le débat anglais.
M. Gagnon Merci pour vos bons mots mais je les fais suivre à Andrée Ferretti à qui il faut attribuer la maternité de cette approche prometteuse. Voici le texte qui est à l’origine de tout. Je le reproduis ici avant qu’il ne s’en aille dans les archives.
Dernier tour de piste Andrée Ferretti Tribune libre de Vigile mercredi 3 septembre 2008 620 visites 17 messages
Le Canada est un pays artificiel qui de plus est fondé sur un mensonge, celui de l’instauration d’un État confédéral. Depuis le début des années 1960, le mouvement indépendantiste québécois l’empêche de fonctionner dans son propre intérêt, c’est-à-dire celui de sa majorité historique anglaise et écossaise et leurs descendants. Le multiculturalisme, mesure politique de Trudeau, pour contrer l’indépendantisme du Québec, sape encore plus sûrement le Canada comme État souverain d’une véritable nation, qu’il ne réussit à combattre efficacement l’avènement d’un État national québécois.
L’impossibilité de plus en plus évidente pour un Parti fédéral de former aujourd’hui et demain un gouvernement majoritaire, conséquence majeure de la présence du Bloc québécois sur son théâtre d’opérations, devrait inciter ce Parti à éclairer les Canadians et les Québécois sur leurs intérêts communs, à savoir la séparation à l’amiable des deux entités.
Pour son dernier tour de piste, le Bloc québécois devrait faire campagne auprès des Québécois sur la démonstration de leur pouvoir, en élisant ses candidats en plus grand nombre que jamais, d’empêcher le Canada de se doter d’un gouvernement capable de fonctionner selon les aspirations et intérêts de sa majorité, tant qu’il ne se libérera pas du Québec, et, dans le même souffle, faire comprendre cette même réalité aux Canadians. Quelle belle bataille à mener : la libération de deux nations par les représentants de celle qui est dominée par l’autre.
Andrée Ferretti, Brigham
n.b. Les propos de Jeffrey Simpson donnaient une occasion trop belle pour "vulgariser" la pensée d’Andrée Ferretti. J’ai d’ailleurs envoyé une version de mon texte où je la cite plus longuement. (cf. cyberpresse ; forum : la presse ; le soleil ; le droit ; le nouvelliste ; le devoir) Puisque le texte de Simpson a été publié dans La Presse/papier, mon texte devrait être publié. Pratte ne me publiera pas : ayant porté plainte contre lui au Conseil de presse qui m’a en partie donné raison, il ne me publiera pas. Cet ostracisme m’honore et montre que Pratte n’a aucun principe.
Salutations amicales à Andrée Ferretti en souvenir de l’époque glorieuse du RIN où mon beau-frère Michel Viger vous trouvait bien fatigante. Qu’il repose en paix. Quand j’ai vu le titre : dernier tour de piste, j’ai pensé que vous nous faisiez vos adieux. Quel soulagement quand j’ai vu que ça s’appliquait au Bloc.
Robert Barberis-Gervais, Longueuil-Pierre-Boucher qui a Jean Dorion comme candidat du Bloc.
Après deux jours d’absence, je viens de me brancher sur Vigile. Et je lis votre article, monsieur Barbéris, et, plus loin, votre commentaire, en réponse à monsieur Gagnon. Je vous remercie pour l’un et pour l’autre.
Je profite de votre tribune (avec l’espoir que vous me le permettez) pour pousser plus loin l’analyse que je proposais dans "Dernier tour de piste". Pour dire que Stéphane Dion, au cours du débat en français, m’a confortée dans mon opinion de la nuisance que sont l’un pour l’autre le Canada et le Québec.
Le projet de société de Dion m’est en effet apparu comme une réponse appropriée aux problèmes actuels du Canada, mais désastreux pour le Québec, non pour les solutions économiques et environnementales qu’ils proposent, mais parce qu’elles exigent, pour être effectives, une centralisation absolue des pouvoirs de l’État qui voudrait les appliquer.
Or, ce projet global, dépasse, et de loin, ses seules visées de contrôle des leviers économiques, pour s’étendre à tous les domaines de législation et d’activité du Canada, conçu comme pays unitaire.
DONC, ce projet est irréalisable dans le Canada actuel, pays fédéral, aussi peu respecté que soit encore sa nature, par l’opposition VITALE du Québec.
Bref, le Canada sera un pays impossible à gouverner selon les intérêts de sa majorité, tant que le Québec en fera partie, tant que le Québec l’empêchera de fonctionner, grâce, en autres raisons, à la présence du BLOC dans son antre.
Votons BLOC QUÉBÉCOIS avec la conscience que plus sa présence sera forte, plus, en cette étape de notre histoire, il sera une force érosive du Canada actuel, érosion qui pourra contribuer à la naissance d’un Québec libre et, donc, à un Canada libéré du Québec.
Andrée Ferretti.
Une insulte ?!?
Voyons les choses sous un autre angle : c’est bien si Gilles Duceppe n’avait pas été invité (ou autorisé) à être présent à ce débat des chefs en anglais, qu’il y aurait eu insulte envers le peuple québécois. Et pas seulement pour ceux de ses représentants qui sont indépendantistes !
Je dois avouer qu’ils me font rire, à Ottawa ; Michaël Fortier, avec son espèce de camion polluant qui traîne une pub, disant que le Bloc est inutile, dépassé... Écoutez ; vers le début des années 1990, les quotidiens anglophones consacraient des annonces pleine page... au Parti de la Loi naturelle ! Si on peut faire de la place, au Canada anglais et chez la communauté anglophone du Québec, à un tel parti, eh bien, pourquoi pas pour un parti tout à fait sérieux, et légitime, comme le Bloc ?
Remarquez bien qu’outre la question d’une légitimité ou utilité... je crois bien que ce qui irrite ainsi M. Simpson, et d’autres dans son genre, c’est justement que le Bloc dérange, au Rest of Canada ! Ils nous préfèrent soumis et peu soucieux de nos droits, là-bas.

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