@ M. Bousquet
Vous dites qu’il ne faut pas nécessairement « être souverain avant de négocier une entente de confédération avec le ROC en bloc ou séparé en 2 ou 3 ou 4 parties. »
Vous avez raison, il ne faut pas l’être « nécessairement ». On n’a pas à divorcer avant de séparer les meubles. Mais encore faut-il être marié pour divorcer, encore faut-il être divorcé pour se remarier. Hors on ne peut divorcer, le mariage n’a jamais été approuvé. Vous parler de remariage ou de reconsidérer les termes du contrat de mariage. Or, le Canada dit, ne cesse de dire, s’obstine à dire que le mariage est valide, il est trop tard pour renégocier le contrat. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un mariage entre deux personnes, mais d’un harem polygame. Une maison de fou où il n’a jamais été question ni de demander nommément à l’une des épouses son approbation, si de divorce, c’est un mariage forcé, un rapt en fait. Que voulez-vous « négocier » dans ces conditions ? Le Canada n’est pas une entité à laquelle nous pourrions nous marier. Il s’agit d’une entité qui ne nous reconnait pas en tant que personne. Nous ne sommes qu’une des femmes du harem qui doit négocier avec les autres épouses une place qui nous ferait être la seule épouse d’un tout qui n’existe pas. Que voulez-vous négocier et avec qui ?
Votre proposition de Confédération d’État souverains, ne peut se « négocier » actuellement. Pourquoi ?
Parce qu’il s’agit dans ce contexte de « négociation » :
de soumettre toujours et encore la volonté du peuple souverain du Québec à la volonté des autres ;
il s’agit d’être toujours et encore dans la loi et l’ordre du Canada du statut quo ;
d’être toujours et encore les demandeurs, les quêteux ;
de n’avoir comme de poids à mettre dans la balance que la menace de « séparation », sans jamais manifester l’intention ferme de la mettre a exécution. Cela n’a jamais suffit au Canada pour se réformer. Au contraire, il en a profité pour se braquer et se retrancher dans le statut quo de blocage, en proférant des menaces de représailles ;
Il faut cesser d’attendre le bon vouloir du Canada qui n’a aucun intérêt à négocier tant et aussi longtemps que ne sera pas renversé l’ordre qu’il nous impose, d’autorité et d’en haut. Il faut invalider l’État actuel du Canada et le sommer de se fonder sur la volonté claire du peuple souverain du Québec. Cela peut se faire en votant pour la création de l’État souverain du Québec ou cela peut se faire avant de le créer, pour faire place nette, pour invalider la légitimité du statut quo actuel qui est largement et majoritairement refusé par ce peuple souverain.
Une fois invalidé l’ordre imposé de la légitimité factice du Canada, un autre État doit voir le jour. Ce pourrait être celui dont vous parlez, ce pourrait être deux États souverains, associés économiquement, mais ce ne pourra jamais être le statut quo à moins qu’il soit nommément approuvé par le peuple souverain du Québec. Or, en l’état actuel des choses, négocier quoi que ce soit est tout à fait inutile.
Vous proposez que le Québécois soient appelés à se prononcer sur une offre à soumettre au Canada avant même que nous soyons appelés à nous prononcer sur l’ordre actuel du Canada. Ce qui nous livre corps et bien à rien du tout. Le Canada n’a qu’à refuser l’offre pour que nous soyons livrés à nouveau au même état de fait sclérosé d’un ordre légal illégitime. Cela après des années d’efforts inutiles et vains que nous devrons consacrer à la discussion, la mise au point, la mise aux voies d’une telle offre de « partenariat ». Cela a déjà été fait...
C’est tout comme revenir en arrière sans aucune espèce d’arme de plus. Cela a été déjà tenté à Meech et Clarlottetown. Le Canada a refusé... et le statu quo s’est tout simplement imposé dans le vide créé par son refu. Notre refus de mettre aux voix ce statut quo impose qu’il s’impose de fait en cette absence.
Il faut briser, invalider le statut quo avant toute chose. Il faut affirmer que le mariage n’a pas été prononcé, qu’il a été refusé. Il faut affirmer qu’avant tout mariage, il faut que le peuple souverain du Québec soit appelé à dire OUI. Il faut invalider tout État qui s’impose dans cette absence de OUI.
Il faut ensuite fonder l’État souverain du Québec, associé ou non, confédéré ou non. Ce sera au Canada d’en prendre acte. S’il désire encore former avec nous, un État associé politiquement, qu’il nous fasse des offres. Nous les accepterons ou refuserons. NOUS, le peuple souverain du Québec.
Toute autre « négociation », pour peu que le Canada veuille négocier, nous enferme dans la volonté de l’autre, nous éloigne d’exprimer la nôtre. Nous devons exprimer la nôtre, hors le chantage et les menaces de représailles. Cela d’abord en invalidant la validité de l’État du Canada qui profère ces menaces. Cette volonté libre peut s’exprimer dès lors qu’elle se situe hors l’État à « négocier », de manière à rétablir un ordre d’autorité qui soit démocratique. Dans cet ordre, ce n’est pas l’État qui fonde l’État, c’est le peuple qui seul peut fonder l’État qu’il désire. Ce qui n’a jamais été le cas. Jamais l’État du Canada n’a été soumis à l’approbation du peuple souverain. Cela doit avant toute chose être non plus seulement dénoncé. Cet État de fait doit être invalidé. Le reste suivra.
« Le Québec libre dans un Canada uni » Un gag, non une vérité.
Vous voulez contourner le fait que les Québécois seraient attaché au Canada. « Le Québec libre dans un Canada uni » de Yvon Deschamps... Sauf que, vous n’avez pas compris que c’était un gag. Comme l’est celui qui dit « Les unions quosse ça donne ». Le gag consiste à nous faire réfléchir et à prendre parti. Ce gag a été pris par les propagandiste canadianisateurs au premier degré et imposé comme une vérité. Or, cette vérité n’est que mensonge.
Le Québécois libres de choisir leur destin, libres, donc, hors le chantage et les menaces de représailles, ne se sent pas majoritairement d’attachement au Canada. Certainement pas celui qui s’impose d’autorité. Les Québécois veulent majoritairement un État qui émane du peuple souverain qu’il est. Ils ont presque majoritairement voté en cette faveur, malgré le chantage, malgré les menaces.
Certes, cet État souverain que ce peuple espère et désire, aura des liens avec ses voisins. Je ne vois pas pourquoi il faudrait pour autant il faille subordonner cette volonté d’État souverain à quelque Canada recomposé. Surtout pas dans les conditions actuelles qui nous vouent à la « négociation » dans ce genre de mariage jamais entériné par la mariée.
Pour sortir du blocage, il faut centrer le débat sur la volonté du peuple souverain du Québec, hors le chantage, hors les menaces. Nous sommes victimes d’un État abuseur et agressif. Victimes de cruauté mentale qui nous enferme dans un ordre illégitime. On nous dit libre mais dans un même temps on profère des menaces de représailles économiques, politiques, culturelles et sociétales, dans le cas où cette liberté se veut vivre hors l’emprise de l’abuseur. Vous voulez que la victime d’abus, d’abus d’autorité, d’abus de langage, d’abus de violence menaçante et agressive, trouve malgré tout dans ce contexte son compte dans la « négociation » libre ? C’est ça que vous nous proposez ?
Ce qu’il nous faut c’est renverser l’ordre actuel qui place un État au dessus du peuple. Un État qui exige que l’État souverain ne s’impose que par la libre adhésion du peuple souverain alors que lui s’impose sans même se prêter réciproquement à pareil exercice. C’est de l’abus d’autorité. C’est imposer une camisole de force à un peuple avide de liberté. Il ne pourra jamais y avoir de discussion libre de négociation libre sans affranchissement libre.
Nous prononcer sur ce que nous ne voulons pas
Si nous hésitons sous la menace à adhérer à ce que nous voulons, nous pouvons nous entendre majoritairement sur ce que nous ne voulons pas. Si nous ne parvenons pas à nous entendre sur ce que nous voulons, nous pouvons cependant nous entendre sur ce que nous ne voulons pas. Commencons par ça.
Nous ne voulons pas du Canada actuel du statut quo. Nous récusons la légalité et la légitimité du mariage. Il n’est dès lors plus question de divorce. Il est question d’exiger que le mariage s’il y a se fasse dans la liberté et la reconnaissance du fait qu’il n’y a pas de mariage.
Il n’y a jamais eu libre mariage. Il n’y en aura pas tant que la liberté d’y adhérer ne sera pas consommée. Il ne pourra y en avoir qu’après avoir retrouvé notre liberté, qu’après avoir retrouvé nos coudées franches, si tant est que les retrouvant, nous ayons quelqu’intérêt à avoir une relation privilégié avec ce Canada de l’abus. Je ne vois pas pourquoi il nous faudrait « négocier » quoi que ce soit avec cet abuseur.
Nous pourrons négocier avec tous les États du monde, le jour où nous aurons donné l’occasion à ce peuple souverain du Québec le droit de se prononcer sur l’État actuel de l’enfermement, de se prononcer sur ce qui constitue un véritable ordre démocratique qui place le peuple souverain au début, au centre et à la fin de l’État souverain valide et légitime.