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Frankois ou Québécois d’ascendance canadienne-française ?
Joachim Lambert
Tribune libre de Vigile
dimanche 25 mai 2008      167 visites      2 messages


Yoyons voir. Quel est le nom de mon peuple au juste ? Attendez, il y a la toute dernière appellation de monsieur Gérard Bouchard, Québécois d’ascendance canadienne-française ; somme toute c’est une façon de dire Québécois-canadien-français ou Canadien-Français du Québec. Excusez-moi, ce n’est pas ce que je voulais dire. J’avais oublié que les Canadiens-Français n’existent plus. Pour notre élite intellectuelle très montréaliste cela fait sans doute moins colon que de dire Québécois-de-souche. Mais il paraît qu’il est plus chic pour la rectitude politique, plus dans les convenances sociales, de dire Québécois francophone. Mais si je me souviens bien, cet éminent érudit qu’est monsieur Bouchard ne parlait-il pas jusqu’à tout récemment de Québécois-francophone-d’ascendance ? Non, non, pas de chicane. Pour plaire à tout le monde, disons que je suis un Québécois-francophones-de-souche-française. Voilà, c’est ça !

Déjà, en 1988, Jacques Godbout posait la question : « Qu’est-ce qu’un Québécois ? » ; ainsi que Lysiane Gagnon en 1995 qui se demandait : «  Dites-moi, quel est le nom au juste du peuple que l’on célèbre le 24 juin ?  : Québécois ? Canadiens français ? Canadiens-Français avec un trait d’union ? Québécois francophone ? Franco-Québécois ? Québécois de langue française de vieille souche ? ». Madame Gagnon terminait son article par ces mots : «  D’où venons-nous ? De Nouvelle-France. Où allons-nous ? Dans toutes les directions, c’est-à-dire nulle part. Qui sommes-nous ? Comment savoir ? Ce qui n’est pas nommé existe-t-il ? »

Mais continuons notre petite exploration ethnonymique. Ma nation qui est la nation autochtone française du Québec peut-elle avoir pour nom : souchienne, dans le sens de « de souche ». Je suis donc un souchien. Bon. Mais je suis aussi un Québécois-pure-laine-tricoté-serré ou un francophone de vieil établissement. Non. Il y a mieux. Je crois que la meilleure est le Québécois-du-cru de Gérard Pelletier en 1995. Tenez, mettons-y une petite touche fédéraliste, disons Québécois d’origine franco-canadienne ; c’est bien non ? Non ? Alors allons-y pour une bonne poutine ethnologique de qualité supérieure avec Ex-Canadiens-Français-Québécois-Franco-Canadiens-Québécois-de-souche-et-de- naissance-français-d’origine-pure-laine-tricotés-serrés.

Mais en fait, en toute simplicité, je suis Frankois. L’ethnonyme Frankois qui veut dire « homme libre », consacre à nos yeux toute la valeur historique, culturelle et linguistique d’une nation de femmes et d’hommes parvenus, en terre d’Amérique, à la maturité responsable et à l’identité véritable dans la dignité. Sans nom, nous le savons, il n’y a point d’identité. Nous sommes notre nom. Avec le nom Frankois, notre volonté nationale trouve un soutien, une aide et un ancrage à partir duquel nous pourrons complètement déployer nos ailes.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Frankois ou Québécois d’ascendance canadienne-française ?
    25 mai 2008

    Laurent Desbois

    Ex-franco-Ontarien,

    fier Québécois depuis trente ans,

    et canadian… par la force des choses et temporairement … sur papiers seulement !


  • Frankois ou Québécois d’ascendance canadienne-française ?
    25 mai 2008, par Gaston Boivin
    Comment pouvons-nous prétendre au maintien, à la défense et à l’avenir de ce que nous sommes si, collectivement, nous ignorons, dans les faits, ce que nous sommes effectivement ? Comment les autres, au surplus, peuvent-ils respecter réellement ce que nous sommes s’ils méconnaissent exactement ce que nous sommes ? Comment le leur reprocher alors même qu’une bonne partie, pour ne pas dire la grande majorité de notre peuple, l’ignore ? Comment un peuple peut-il savoir ce qu’il est, se connaître, s’il ignore ou s’il n’a pas, collectivement, une connaissance véritable et suffisante de son passé ou si celui qu’on lui enseigne est fondamentalement galvaudé, après avoir été revisé et reconstitué pour satisfaire l’unité canadienne et l’histoire du Canada de la Confédération et du conquérant anglais ainsi que leurs fantasmes ? Comment bien défendre notre intégrité si on nous en détourne,.. si, en quelle sorte, on nous l’aliène ? Comment les autres peuvent-ils eux-mêmes la connaître si on les en détourne également et si on la leur aliène ? Comment, dans ces conditions, les rapports entre nous-mêmes ne peuvent-ils pas être compliqués et difficiles et comment, en l’espèce, ceux avec les autres ne peuvent-ils pas l’être encore plus ? Comment d’ailleurs peut-il en être autrement alors-même que, de la part de l’establishement fédéraliste et de ceux, qui, parmis, son élite financière, se font les plus ardents défenseurs et promoteurs, à tous crins, du Canada de 1867, de son pseudo-fédéralisme, et de leur histoire(qui est le prolongement de celle du conquérant anglais), et ce avec une constance, qui a la réguralité d’une horloge ainsi que l’intensité d’un brasier, notre de peuple est sans cesse et de plus en plus l’objet d’une désinformation, d’une propagande et d’une manipulation, toutes si bien planifiées et tricotées tellement serrées, qu’elles en feraient rougir Goebbels lui-même, et qui pour ce faire n’hésite pas à triturer et à saborder, tant à ses yeux qu’aux yeux des autres, l’histoire qui est la sienne, celle qui l’a fait. Voilà, à mon avis, un sujet qui aurait dû être abordé par la Commission Bouchard-Taylor et qui aurait pu, au surplus, favoriser, pour l’avenir, entre tous les Québécois, des relations plus harmonieuses et plus respectueuses de part et d’autre. Me semble, que, si cette Commission avait quelque chose à dénoncer, c’est bien ce qui précède, et qu elle n’avait pas, par son silence à ce propos et par certaines de ses autres remarques, à s’en faire, au contraire, le complice.
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