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Yoyons voir. Quel est le nom de mon peuple au juste ? Attendez, il y a la toute dernière appellation de monsieur Gérard Bouchard, Québécois d’ascendance canadienne-française ; somme toute c’est une façon de dire Québécois-canadien-français ou Canadien-Français du Québec. Excusez-moi, ce n’est pas ce que je voulais dire. J’avais oublié que les Canadiens-Français n’existent plus. Pour notre élite intellectuelle très montréaliste cela fait sans doute moins colon que de dire Québécois-de-souche. Mais il paraît qu’il est plus chic pour la rectitude politique, plus dans les convenances sociales, de dire Québécois francophone. Mais si je me souviens bien, cet éminent érudit qu’est monsieur Bouchard ne parlait-il pas jusqu’à tout récemment de Québécois-francophone-d’ascendance ? Non, non, pas de chicane. Pour plaire à tout le monde, disons que je suis un Québécois-francophones-de-souche-française. Voilà, c’est ça !
Déjà, en 1988, Jacques Godbout posait la question : « Qu’est-ce qu’un Québécois ? » ; ainsi que Lysiane Gagnon en 1995 qui se demandait : « Dites-moi, quel est le nom au juste du peuple que l’on célèbre le 24 juin ? : Québécois ? Canadiens français ? Canadiens-Français avec un trait d’union ? Québécois francophone ? Franco-Québécois ? Québécois de langue française de vieille souche ? ». Madame Gagnon terminait son article par ces mots : « D’où venons-nous ? De Nouvelle-France. Où allons-nous ? Dans toutes les directions, c’est-à-dire nulle part. Qui sommes-nous ? Comment savoir ? Ce qui n’est pas nommé existe-t-il ? »
Mais continuons notre petite exploration ethnonymique. Ma nation qui est la nation autochtone française du Québec peut-elle avoir pour nom : souchienne, dans le sens de « de souche ». Je suis donc un souchien. Bon. Mais je suis aussi un Québécois-pure-laine-tricoté-serré ou un francophone de vieil établissement. Non. Il y a mieux. Je crois que la meilleure est le Québécois-du-cru de Gérard Pelletier en 1995. Tenez, mettons-y une petite touche fédéraliste, disons Québécois d’origine franco-canadienne ; c’est bien non ? Non ? Alors allons-y pour une bonne poutine ethnologique de qualité supérieure avec Ex-Canadiens-Français-Québécois-Franco-Canadiens-Québécois-de-souche-et-de- naissance-français-d’origine-pure-laine-tricotés-serrés.
Mais en fait, en toute simplicité, je suis Frankois. L’ethnonyme Frankois qui veut dire « homme libre », consacre à nos yeux toute la valeur historique, culturelle et linguistique d’une nation de femmes et d’hommes parvenus, en terre d’Amérique, à la maturité responsable et à l’identité véritable dans la dignité. Sans nom, nous le savons, il n’y a point d’identité. Nous sommes notre nom. Avec le nom Frankois, notre volonté nationale trouve un soutien, une aide et un ancrage à partir duquel nous pourrons complètement déployer nos ailes.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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