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Québec — Peut-on encore se souhaiter un joyeux Noël à l’Assemblée nationale ? En tout cas, ni le premier ministre ni le chef de l’opposition n’ont prononcé le mot « Noël » hier dans leurs voeux à la Chambre. Tellement que le chef adéquiste Mario Dumont a eu ce commentaire : « On me permettra un accommodement raisonnable pour souhaiter aux Québécois "joyeux Noël" en bonne et due forme. »
Pour certains, Noël n’est plus politically correct. Le Toronto Star rapportait hier que la juge Marion Cohen a fait retirer cette semaine un arbre de Noël du hall d’entrée d’un tribunal dans la Ville reine. Dans une lettre, elle avait expliqué que ce symbole chrétien pourrait « choquer les gens d’autres croyances et cultures » et pouvait les pousser à conclure que l’institution n’est pas neutre à leur endroit. Le premier ministre Dalton McGuinty a condamné le geste mercredi. Cela faisait suite à une controverse à propos de 14 arbres de Noël à l’aéroport de Seattle. En 2002, la ville de Montréal avait créé un tollé en rebaptisant « arbre de vie » les arbres de Noël devant l’hôtel de ville. Elle s’était ravisée par la suite. Des employés de Patrimoine Canada ont récemment révélé qu’on préfère parler des « fêtes du solstice d’hiver ». Sur le site Internet de Transports Canada, on note qu’en « décembre, les occasions de célébrer abondent : solstice d’hiver, Noël, Hannoucah, Eid-al-Fitr (premier jour après le ramadan) ».
À Québec hier, les entourages de MM. Boisclair et Charest se sont montrés plutôt froissés que Le Devoir relève l’absence du mot « Noël » dans leurs discours d’hier. « Ah ! Il y a un arbre à l’entrée du bureau du premier ministre et on l’appelle "arbre de Noël", ne vous inquiétez pas », a protesté Hugo d’Amours, attaché de presse du premier ministre Jean Charest. Ce dernier, a-t-il expliqué, avait parlé sans texte. Le même argument du discours « sans texte » a été utilisé par Joël Simard-Ménard, attaché de presse d’André Boisclair, qui a ajouté ceci : « Dans sa carte de "Noël" — que vous allez recevoir bientôt —, il est bien écrit "Joyeux Noël" », a-t-il insisté.
Au bureau de Mario Dumont, le chef de cabinet Jean-Nicolas Gagné a expliqué les choses ainsi : « Nous, on est contre la tendance qui veut qu’on dise "Joyeuses Fêtes" plutôt que "Joyeux Noël". Dans certaines écoles, ces dernières années, on a corrigé des enfants pour qu’ils évitent le mot "Noël". C’est rendu qu’il faudrait parler de la fête du solstice ! Heille ! »
Bilan critique
Par ailleurs, le chef adéquiste a dressé hier un bilan très défavorable du gouvernement et du Parti québécois, notamment du chef André Boisclair. Selon lui, le gouvernement Charest a échoué en ce qui a trait à ses deux grands engagements : « les baisses d’impôt et la santé ». Quelque 35 000 Québécois sont encore inscrits sur les listes d’attente d’une chirurgie « hors des délais acceptables », a-t-il fait remarquer. Aussi, deux Québécois sur trois n’ont toujours pas de médecin de famille. Pour éviter toute crise cet automne, a dit M. Dumont, le premier ministre a décidé de changer de stratégie, laquelle consiste à « ne rien faire ».
Pour le chef adéquiste, André Boisclair a déçu, alors que l’automne devait être un moment fort pour lui. Il n’a pas su repousser le gouvernement « dans les câbles » et n’a pas donné une idée claire de ce que serait un gouvernement du PQ. De plus, selon lui, le scandale des courses de chevaux rappellera aux gens ce qu’est le « modèle péquiste ». « J’ai bien l’impression qu’il y a pas mal de Québécois pendant les Fêtes qui vont regarder dans la tente, puis qui vont dire : on n’embarquera jamais là-dedans », a dit M. Dumont en évoquant le sketch auquel le chef péquiste a participé.
Le chef adéquiste était le premier à faire le bilan de la session parlementaire (la deuxième de la 37e législature), suspendue à 15h44 hier. En principe, elle devrait reprendre le 13 mars 2007, mais des élections générales pourraient en sonner la fin. En ajournant hier, la vice-présidente de l’Assemblée nationale a eu ces mots : « Joyeuses Fêtes. »

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