En réponse à Kathy Malas, Dans la rubrique "À votre tour" de la Presse de samedi le 6 octobre.
Titre de la lettre : "Musulmane et fière d’être Québécoise."
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Mme Malas, je vais vous expliquer pourquoi toute cette overdose de fierté qui vous habite n’a rien à voir avec vos convictions religieuses.
D’abord, beaucoup de gens en ont des convictions, si vous vous donnez la peine de faire preuve d’un minimum d’observations, il y en a plein autour de vous, des Québécois et Québécoises de souche ou pas qui ont des convictions profondes, des valeurs humaines, spirituelles ou religieuses, mais ils (elles) ne ressentent pas le besoin d’en faire l’étalage ostentatoire en public tous les jours, comme vous le faites, et encore moins d’imposer toutes sortes d’accommodements pour des rituels, des traditions, des comportements par le biais du droit individuel revendiqué à coup de médias et de tribunaux...
Cette souplesse que nous entretenons dans notre rapport avec la spiritualité d’aujourd’hui vous dérange, mais nous, elle nous arrange fort bien et nous la devons à l’évolution de notre histoire socioculturelle teintée de notre patrimoine judéochrétien en donnant à l’empereur ce qui appartient à l’empereur et à Dieu ce qui lui appartient.
Visiblement, Madame, vous ne semblez pas avoir évolué dans le même espace/temps que nous, pourquoi diable j’aurais à vous accommoder pour que vous vous sentiez au 7e ou 8e siècle. Je comprends que cela vous échappe puisque cette même évolution tarde à venir dans les sociétés d’islam religion d’état, peut-être même qu’elle n’aura jamais lieu et l’islam continuera de dicter au pouce carré le quotidien du fidèle mahométan juste dans sa chambre à coucher et ce, jusqu’à la fin des temps.
Vous semblez si imbue spirituellement de vous-mêmes, Madame, comme étant la seule et unique vérité qui vous habite sous le voile de vos convictions religieuses.
Au Québec, c’est la foi dans la terre, dans notre culture, la foi dans la solidarité et l’héritage de nos ancêtres bâtisseurs d’avenir qui a fait que vous bénéficiez aujourd’hui de ce bien-être, de cette sécurité et de cette LIBERTÉ qui vous épanouit tant.
En tant que femme, aucun pays musulman, aujourd’hui, en 2007, ne peut offrir toute cette latitude de choix, de possibilités et de libertés dont vous jouissez ici au Québec. Ce sont des femmes comme moi, comme ma mère, comme ma grand-mère et toutes celles qui sont venues avant elles qui ont lutté pour cette liberté et cette égalité dont toutes les femmes musulmanes rêvent dans leur pays d’islam religion d’état dont elles ne sont pas toujours si fières, mais n’oseront jamais le dire... fierté oblige... ou peur de la répression oblige au silence.
Ce cliché de fierté gonflée à l’hélium islamique n’a rien de nouveau, mais il a tout de la phallocratie transpirante d’un autre âge et de la soumission à une divinité sur laquelle s’est structurée une loi théocratique, une oumma, des règles strictes, des traditions machistes, des rituels contraigants et déconnectés de la réalité, affectant l’espace public et surtout le paysage social lorsque téléportés dans un contexte laïc et non-musulman.
Je suis lasse et fatiquée des slogans de grosse mongolfière vertement islamique qui frôle l’hypocrisie, lasse aussi de cette autocensure de l’islamiquement correct tel une coquille vide de sens et qui va nulle part, sauf devant les tribunaux pour s’imposer.
Mais pour les gens d’ici, tout ce cirque ne veut rien dire du tout. Ces clichés médiatisés qui ont déjà paradé en Europe à fond la caisse, du genre : " Musulmane et fière de l’être" ou "Québécoise et fière d’être musulmane" ou Musulmane et fière d’être Québécoise, ou française, ou belge, ou allemande, ou australienne, ou britannique... ou quoi encore ???"... NON merci.
Cette redondance de "déjà vu" est contre-productive et n’a plus d’écho. Elle dévoile au contraire le besoin de s’accrocher pour s’accrocher, dans cette incapacité de s’affranchir, d’évoluer, de changer, de se remettre en question, de briser un mythe, un tabou, un interdit, une règle vide de sens, une tradition, un rituel tel un boulet qui s’ignore, une chaîne qui vous lie à jamais aux seuls repères qui donnent un semblant de sens à la réalité prise hors du contexte islamique... c’est-à-dire dans un environnement non-musulman.
Madame, vous n’êtes pas née musulmane.
Pourquoi l’homme musulman n’a nul besoin de se couvrir..., il peut épouser plus d’une femmes, et en répudier tout autant. La musulmane n’a pas cette liberté. Pourquoi le musulman peut exiger la soumission de sa ou ses épouses et Allah recommande la punition corporelle et l’isolement si la soumission de celle(s)-ci ne répond pas à sa guise...
Pourquoi le témoignage d’une femme ne peut équivaloir celui d’un homme et Allah a créé l’homme supérieur à la femme, relayant celle-ci à un état de mineure à vie... étrange conception que ce rapport de genres ordonné par Allah.
Je n’étalerai point les versets troublants qui enferment la femme dans l’étau d’une telle alliénation. Au 7e siècle, Mahomet était analphabète, il doit son minimum d’instruction à sa première épouse, 20 ans son aînée instruite et riche commerçante. La seule qu’il a respectée d’ailleurs... Après, sa vie oscille entre celle de guerrier, de brigand, de polygame et de pseudo messager d’Allah... inventant le coran et des versets du style de la sourate VIII et IX : "Tuez les polythéistes, partout où vous les trouverez". "Si vous ne vous lancez pas au combat, Allah vous châtiera d’un châtiment douleureux ; il vous remplacera par un autre peuple." "Je vais jeter l’effroi dans le coeur des incrédules : frappez sur leur cou ; frappez-les tous aux jointures... Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition, et que le culte soit rendu à Allah en sa totalité"...
Tout un modèle de vertu, ce Mahomet ! On devrait faire un film à partir de sa biographie, riche en luxure, razzias, butins de guerre, harem, pillages... mais tellement inspiré, ce bédouin du désert...
Alors, Madame la musulmane pure et dure, jusqu’au bout des cheveux, je ne suis nullement étonnée de vous voir jubiler. Vous devriez dire que, grâce au Québec, vous pouvez être à la fois musulmane et libre... ce qui est plutôt contraire à l’islam. En vous lisant, on croirait lire un conte des mille et une nuits du genre le génie et la lampe magique... Mais, il vous reste un sacré bout de chemin encore à faire, Madame.
Pour moi, le voile islamique, même le plus soyeux, le plus coquet, fleuri de pallettes, du plus coloré au plus noir corbeau... n’est rien d’autre qu’une bien triste autoguettoïsation, une ornementation caricaturale et exhibitionniste de cette forme relationnelle sado-maso à travers laquelle la soumission à un Allah, créé de toute pièce par un homme mégalomane, pour les hommes, politiquement, socialement et mentalement, vient révéler son emprise et sa conquête sur le genre féminin, symbolisant le mur de l’interdit, le stigmate de soumission, la minorité visible qui aspire à devenir majoritaire et imposer un jour sa loi qui passe par la soumission des femmes. Le voile est politique et porteur d’une théocratie phallocrate arriérée, déplacée et sinueuse.
Nul besoin de porter le voile islamique pour s’afficher vertueuse, pieuse, musulmane convaincue du cuir chevelu jusqu’au bout des orteils, non consommatrice de cannabis ou d’alcool, fille de bonne famille, vierge... et quoi encore... En Tunisie, on ne le porte pas. Et ailleurs, des adolescentes sont emprisonnées pour avoir refusé de le porter.
Le voile islamique n’a pas sa place au Québec, c’est avec conviction profonde que je l’affirme. J’y crois aussi fort que vous croyez aux djins, à la guerre sainte, aux houris, à la charia, aux hadiths, au paradis, à Mahomet et sa douzaine d’épouses et sa douzaine de concubines et je ne sais quoi d’autres pour lesquelles vous vous mettez à genoux 5 fois par jour, en frappant votre front inlassablement sur le sol...
Il m’apparaît irraisonnable, démesuré et totalement incompatible à la société laïque québécoise, d’accommoder qui que ce soit pour des motifs de croyances religieuses.
Vous êtes libre, Madame Malas, et égale à n’importe quel homme de ce pays, c’est de cela dont je suis fière, Madame, et je peux comprendre que vous soyez fière d’être Québécoise... puisque vous avez beaucoup à gagner de l’être. Mais, il m’apparaît que cette LIBERTÉ, dont vous jouissez tant ici, vous grise et vous effraie à la fois, votre voile en est devenue votre garde-fou, bien malgré vous.
Pour ce qui est de vos convictions religieuses, cela ne me regarde en rien, vous pouvez croire en Blanche Neige, en Bouddha, à la vierge Marie ou votre Mahomet, ça se passe entre vous et vous-même, nul besoin de l’exiber.
Cela m’offense en tant que femme, offense aussi toutes celles qui ont lutté avant moi dans ce pays de mes ancêtres, cela offense mes convictions profondes pour lesquelles je suis fière et pour lesquelles je me bats encore, même si vous croyez que cette liberté est acquise.
Fièrement sans voile,
Hélène Béland
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
