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André Pratte, Jean Charest et la coterie fédéraliste jubilent. Ils tirent un plaisir jusqu’à plus soif de l’éternel babillage des forces souverainistes déchirant leur chemise sur la place publique. Ils apprécient sans doute l’incohérence et l’absence d’unité. Ils goûtent jouissivement le morcellement nauséeux du groupe souverainiste, du PQ au SPQ libre à Québec solidaire, du Parti indépendantiste au Parti république et j’en passe.
Quel plaisir doivent éprouver les adversaires de la souveraineté à voir la pédanterie délétère des souverainistes qui opposent leurs stratégies à la sagesse du peuple. Nous sommes à déglinguer notre projet à force de divisions.
Un Parti foncièrement démocratique, avec un projet si noble, ne doit pas exposer ses états d’âme, ses jeux de coulisse et de pouvoir personnel ; les entreprises sérieuses gardent jalousement secrets leurs stratégies et leurs plans et en confient la réalisation à leurs dirigeants sinon ils sont anéantis par les concurrents.
Sur la route actuelle du fractionnement des forces, où se sont engagés certains de façon irresponsable, on affichera bientôt, très bientôt : Feu le projet de souveraineté.
Louis Cousineau
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... et...le Québec aura perdu toute spécificité, sera canadianisé.
Auront gagné ceux qui ont rapatrié sans notre consentement en 1982 une Constitution remodelée avec une Charte annulant celle du Québec.
Auront gagné ceux qui ont eu tellement peur de voir notre nation triompher démocratiquement au référendum 1995 qu’ils ont commis le scandale des commandites qui visait à acheter notre sympathie au drapeau rouge au moyen des millions $ provenant de nos propres impôts fédéraux !
Auront gagné ceux qui méprisent le français d’un océan à l’autre dans les organisations sportives olympiques et culturelles (littér., cinéma, journaux et médias électroniques) : on connaît la hargne des unilingues anglo de Montréal à attaquer la loi 101, à nous décrire comme racistes.
Les indépendantistes traversent actuellement une crise existentielle : ils se purgent des relents de 1995, comme, de 1981 à 1994, ils se sont purgés de 1980. Puisque le temps passe et que beaucoup vieillissent mal devant l’angoisse de ne pas connaître le Grand Soir de leur vivant, ils multiplient les théories, les stratégies et les tactiques afin de tomber sur la martingale qui fera advenir la parousie demain matin. Certains déterrent même très sérieusement l’avorton mort-né depuis cinquante ans d’une confédération comme prix de consolation, pendant que d’autres en sont aux années soixante-dix avec une proclamation d’indépendance le lendemain d’une élection remportée à la simple majorité des sièges. Les mouvements, instituts, partis et particules atteignent et même dépassent la trentaine grâce à internet, les excommunications réciproques pleuvent, de sorte qu’ils manquent tous de membres, de supporters et d’argent.
Le niveau de saturation étant atteint, la réalité, qui se comporte comme un élastique, réglera le problème : lorsqu’on l’étire trop, elle revient brutalement au point de départ. Alors, les indépendantistes feront ce qu’ils oublient depuis longtemps : ils recommenceront le seul travail de terrain qui compte : convaincre, modestement et par le dialogue d’homme à homme, d’autres citoyens, un à un, de la nécessité et de la faisabilité de l’indépendance. Ce sera moins glorieux, moins héroïque, moins flatteur pour l’ego mais beaucoup plus efficace.

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