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Il n’y a plus aucune raison que TQS demeure ouverte. En fermant son
service des nouvelles et en remerciant le plus spectaculaire des chefs
d’antenne au Québec, Jean-Luc Mongrain, TQS perd son âme. Un très mauvais
pari pour les nouveaux acquéreurs de ce réseau que de moins en moins de
personnes voudront défendre à la suite de ce curieux virage.
Le reste de la programmation de TQS n’a plus aucun sens dans le contexte de la survie d’un troisième réseau de télévision généraliste au Québec. Cette programmation, une fois amputée de son volet informatif, n’aura plus rien de très original à offrir à son public qui pourrait déjà l’être par n’importe quelle autre chaîne spécialisée au Québec ou qui pourrait être réparti entre les trois autres réseaux de télévision généraliste en fonction de leur créneau respectif.
TQS est une station qui se démarquait surtout par l’originalité de ses journalistes qui avaient réussi à créer un lien particulier avec leurs téléspectateurs sans tomber dans le sensationnalisme à outrance comme c’est actuellement le cas à TVA, où il y a une absence totale de ligne éditoriale. En saquant son service de l’information, TQS se saborde elle-même, n’ayant plus rien d’original à offrir à son public. Rien qu’on ne trouvera pas ailleurs.
Le départ de l’équipe de Jean-Luc Mongrain sera vécu comme un deuil par plusieurs téléspectateurs, y compris par ses observateurs les plus critiques, qui s’étaient attachés à lui en raison de ses coups de gueule qui tranchaient avec la langue de bois des autres chefs d’antenne. Paradoxalement, Mongrain savait exagérer sans tomber dans l’excès. L’homme avait peut-être des défauts, mais il avait aussi beaucoup de talents, en particulier celui de créer un lien privilégié avec chaque téléspectateur et chaque membre de son équipe. Ça se voyait et ça se sentait dans nos salons, nous étions importants pour lui.
Jean-Luc Mongrain avait le feeling de la télévision, il savait utiliser chacun de ses ressorts au moment opportun. Il savait surtout tenir son rôle qu’il n’a jamais quitté. Sa ligne éditoriale était claire, défendre les petits contre les abus du système, privé ou public. Une place de plus en plus laissée vacante par la SRC et TVA et qu’a su occuper avec brio Jean-Luc Mongrain. Un créneau que personne ne comblera à la suite du départ annoncé de l’équipe qui l’entourait, pour qui il était sans doute une inspiration. Le mouton noir de TQS, c’était Jean-Luc Mongrain. Il était non seulement l’homme du réseau, mais en plus, je suis sûr que la majorité de ses fidèles téléspectateurs en étaient venus à croire que TQS, c’était son réseau. Un public qu’il n’a par ailleurs jamais trahi.
TQS aurait certainement pu continuer sans lui, en acceptant son héritage, comme elle l’avait déjà fait par le passé avec Guy Fournier. En congédiant toute son équipe d’information, TQS rompt avec une tradition de plus de 20 années en information télévisée et refuse de léguer aux jeunes générations montantes de journalistes l’héritage de débrouillardise qui l’a toujours caractérisée.
TQS ne survivra pas au départ de son équipe d’information parce qu’elle n’a plus aucune raison de survivre, elle n’a plus sa raison d’être. Il faut fermer TQS.
Louis Lapointe
Brossard
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