Si je vous disais que la faune et la flore évoluent, mais qu’aucun danger environnemental ne les guette, que les autos roulent, mais qu’aucun bris mécanique ne les menace, que les ordinateurs sont performants, et qu’aucun virus ne les corrompra, me trouveriez-vous sensé, en pleine possession de mes facultés mentales ?
Eh bien, c’est un « raisonnement » aussi absurde dont tentent de nous persuader depuis des années les féministes radicales de toutes nationalités quand elles affirment que la condition masculine n’existe pas. Les hommes vivent, respirent, pensent, créent, aiment, travaillent, mais leur réalité même relève de la plus pure invention ! Même au bout d’une bouteille de whisky, je ne pourrais me persuader de pareille aberration. Je ne tenterai cependant pas l’expérience. Comment se fait-il qu’à jeun, les radicales aient déjà les facultés aussi affaiblies ?
Le fer de lance de leur argumentaire est – très – simple : les hommes n’ont pas de problèmes, donc, aucune problématique ne résulte de cette absence et, par conséquent, il ne peut y avoir de condition masculine. Enfantin, n’est-ce pas ? Précisément, ridicule, même. D’ailleurs, quand je voudrai donner une définition de sophisme à mon garçon, j’utiliserai cet exemple probant.
La désinformation érigée en idéologie
La désinformation obstinée reste l’arme première par laquelle les féministes radicales tentent de museler toute velléité de reconnaissance de la condition masculine et les tentatives de rectifier les injustices dont les groupes de pères, en tête de liste, se disent victimes. À cette problématique – car c’en est bien une – vient s’ajouter celle du décrochage des garçons. Plutôt que de remettre en question un système inefficace décrié de toute part, il est de bon ton de rendre les garçons eux-mêmes responsables de son échec auprès d’eux, de s’en prendre aux « stéréotypes sexistes » ne visant que les femmes et de stigmatiser les pères absents. On oublie facilement que plus d’un couple sur deux se sépare et que, de ce nombre, ceux qui ont des enfants voient la garde de ceux-ci attribuée dans 80 % des cas à la mère.
Riposte féministe : seul un infime pourcentage de couples vont en cour pour des problèmes de garde, donc les pères se satisfont de leur fin de semaine sur deux. Si les médias pouvaient, pour une fois, effectuer un sondage demandant à la population si elle pense sérieusement que les pères ont des chances égales aux mères d’obtenir la garde de leurs enfants, je parierais qu’ils obtiendraient une nette majorité de réponses négatives. Plus d’un père sait déjà que les dés sont pipés, que la bataille, plus qu’incertaine, s’annonce longue, coûteuse et trop souvent vaine. Ils s’abstiennent et se résignent bien plus qu’ils n’acceptent, point à la ligne.
Tandis que, par ailleurs, les soins de santé et de services sociaux pour hommes sont onze fois moins financés au Québec que ceux des femmes, l’écart ne fera que se creuser, par la magie de ce nouveau concept appelé analyse différenciée, mentionné dans le dernier plan d’action gouvernemental pour l’« égalité » entre les hommes et les femmes.
Comment croire à l’hypocrisie d’un gouvernement, quand il parade avec ce concept d’une reconnaissance, « équitable » mais en fait cosmétique, des hommes et des femmes au sein de notre système de santé alors que le rapport Rondeau, qui faisait état de ses lacunes criantes envers les hommes, a été tabletté à la suite des pressions déplorables de la FFQ et de quinze autres instances et regroupements féministes ? Des défenseurs de la condition masculine présents à la récente commission de consultation factice du gouvernement québécois sur l’égalité homme femme ont été à même de constater le mépris qui y était affiché envers les hommes et les garçons du Québec.
Le spectre de l’extrême droite
Heureusement qu’il y a le Tea Party, encore plus rétrograde que les républicains de George W Bush, comme si une telle dérive était encore possible. Avec ces hurluberlus, auxquels il faut ajouter le noyau dur, originaire du Reform Party, qui encombre le gouvernement de Stephen Harper, les radicales renouvellent et augmentent leur stock d’épouvantails ennemis du féminisme de sagesse, d’équité, de tolérance et de justice sociale dont elles aiment tant se réclamer.
Ainsi, toute revendication masculine visant à redresser les injustices dont sont victimes les hommes et les garçons se voit assimilée à une volonté de retourner à un passé patriarcal médiéval et oppresseur pour les femmes et à la crainte de voir ces dernières s’affirmer par leur seules compétences. En fait, ce sont bien davantage les excès de la discrimination positive, toujours à la hausse, en vigueur dans la fonction publique et dans le secteur privé, et non la progression – très timide - des femmes dans les disciplines non traditionnelles, qui préoccupent à juste titre.
L’a-t-on assez – et même trop – entendu, le refrain d’un antiféminisme soi-disant démasqué, pour emprunter une expression chère à de présumés chercheurs de l’UQÀM ? Comme si les tenants de la condition masculine se cachaient sournoisement pour détester entre eux les féministes radicales, leurs déviances, leur impact néfaste sur le tissus social et le coût financier atterrant pour le contribuable de leurs actions, au mieux inutiles ou ridicules, au pire, dommageables. Soupçonne-t-on ceux que l’on traite avec mépris de masculinistes d’enfoncer des épingles dans des poupées vaudoues à l’effigie de Christiane Pelchat, d’Alexa Conradi ou d’Anne France Goldwater ? Il y a beaucoup mieux à faire, et plus urgent, à visage découvert, en prime.
Car les défenseurs de la condition masculine doivent affronter les mensonges d’un féminisme d’État omnipotent, un véritable État dans l’État, loin d’un état de grâce pour eux. Ils doivent également lutter contre les analyses souvent biaisées d’un féminisme universitaire sur financé, même en période d’austérité budgétaire. Mentionnons au passage le Chaire d’étude Claire-Bonenfant, de l’université Laval, l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQÀM, sans compter les universités où, sans qu’il n’y ait d’instance semblable, des personnes clés octroient des budgets de recherche féministe. Ces femmes peuvent elles-mêmes créer des études faussées qui auront toute apparence de légitimité afin de discréditer toute revendication des groupes de pères, notamment, leur cible favorite.
Dirigeants ou dirigeables ?
Les hommes et les femmes qui les soutiennent dans leurs revendications pour une vraie égalité entre les sexes, impliquant nécessairement la réciprocité, ne l’auront pas facile dans les années qui viennent. Seule la bataille de l’opinion publique pourra faire reculer ce totalitarisme désuet qu’est devenu le féminisme radical. Contraints de tenir compte de leur électorat, nos dirigeants – ou dirigeables – n’auront alors d’autre alternative que de fermer le robinet aux subventions. Car toute la mobilisation du féminisme dominant ne tient qu’à un seul objectif : le fric, et comment en soutirer davantage en éliminant du chemin ces fâcheux irritants : les hommes et les garçons.

