Vos 1200 voix de plus que votre adversaire vous les devez à une clientèle enclavée à Parc-Extension. Qu’on en juge par les résultats obtenus par exemple dans la section de vote de l’école Camille Laurin (triste ironie de l’histoire !) : Vivian Barbot : 30. Justin Trudeau 489.
Pour avoir été représentante durant toutes les journées de vote, j’ai vu défiler vos électeurs. Certains avaient du mal à tenir debout. Il faut dire que vous étiez présent aux petites heures pour les réveiller et les faire descendre au rez-de-chaussée de leur maison de retraite où se tenaient les bureaux de vote. À certains, il avait été dit que s’ils ne votaient pas immédiatement, ils ne pourraient plus voter. Pour faire plaisir au « beau monsieur Trudeau » qu’ils avaient vu sur la couverture des magazines à potin, ils comptaient les cases sur leurs bulletins de vote ou, tout simplement copiaient le signet avec une croix face à votre nom.
Dans les écoles où se tenaient les bureaux de vote le 14 octobre, j’ai vu défiler des femmes ne parlant souvent ni français ni anglais, conduite par un mari qui leur avait dit où apposer leur croix. Combien de subventions ont été promises aux petites communautés de Parc-Extension pour qu’elles puisent continuer à tenir captives leurs membres dans votre touchante mosaïque multiculturelle ?
Vous voilà donc installé sur le trône de votre fief de Papineau. Permettez-moi de vous transmettre mon mépris face à votre sinistre victoire dans cette petite république de bananes.
Françoise Bouffière
Montréal
