Monsieur Charest et son “garnement” - comme disait le regretté Sol, poursuivent une déplorable stratégie qui se compose à la fois d’arrogance feutrée, d’attentisme et de fermeture, de paternalisme, mais aussi d’un calcul sordide sur le fait que cette stratégie pourrait avoir pour effet de pourrir et d’envenimer le conflit qui oppose le pouvoir étatique tel qu’exercé par le PLQ, à la jeunesse étudiante.
Cette jeunesse qui aura à prendre sa place au coeur d’une économie du savoir mérite d’être reconnue et écoutée. La « mince ouverture », tardive par ailleurs, manifestée par le premier ministre à propos des prêts-bourses, n’est pas à la mesure des enjeux actuels.
Pour acquérir une entière légitimité, la jeunesse étudiante devra aussi reconnaître les droits et aspirations de l’autre jeunesse, celle qui n’a pas poursuivi d’études postsecondaires, et qui est passablement occultée dans la conjoncture actuelle. Les jeunes travailleurs, chômeurs, décrocheurs, y compris les “jeunes de la rue”, etc., ne doivent pas disparaître derrière l’immense écran d’un carré rouge qui s’affirme avec détermination et dynamisme !
Par ailleurs, les quelques gestes de solidarité du mouvement étudiant envers des travailleurs qui font face d’une manière très brutale aux effets destructeurs d’un capitalisme apparemment libéré de toute contrainte morale ou légale, sont appréciés et devraient se multiplier, notamment dans l’affaire Aveos.
Après l’erreur grossière de la CLASSE qui a très naïvement et d’une manière irresponsable invité ses membres à se livrer sans défense au piège évident du carnaval antipolicier du 15 mars dernier, le mouvement étudiant se touve dans une situation stratégique difficile et d’autres erreurs de ce type pourraient lui être fatales. La CLASSE pourrait discréditer sérieusement l’ensemble du mouvement si elle continuait à répéter, dans une langue de bois identique à celle des dirigeants du carnaval antipolicier : « On encourage pas la violence et le vandalisme, mais on ne les condamne pas non plus ! »
Il reste qu’une solidarité entière, intergénérationnelle et interrégionale, s’impose avec le mouvement étudiant. Une victoire de ce mouvement sera aussi une victoire pour l’ensemble de la société québécoise, pour tous les espoirs et pour toutes les luttes à venir.
Yves Claudé

