F-35 : dans l’intérêt national

vendredi 1er octobre 2010

Claude Lajeunesse - L’été dernier, le gouvernement du Canada a annoncé son intention d’acquérir 65 avions de combat interarmées F-35, en vertu de la stratégie de défense Le Canada d’abord (dévoilée en 2006) dans laquelle il s’engageait - en termes de politique et de budget - à remplacer notre flotte vieillissante de chasseurs CF-18.

Au nom des 80 000 travailleurs canadiens qui oeuvrent dans ce secteur de haute technologie et à forte valeur ajoutée d’un océan à l’autre, nous accordons notre appui sans équivoque à l’acquisition de ce chasseur de nouvelle génération pour les Forces canadiennes. De fait, plusieurs de nos membres ont soutenu ce processus d’acquisition dans lequel s’est engagé le Canada aux côtés de huit autres pays alliés, dès la phase de démonstration du concept entamé en 1997. Mais, lors de récents débats à la Chambre des communes, les parlementaires ont questionné le bien-fondé, le calendrier et le caractère abordable de cette acquisition.

Notre participation au programme de l’avion d’attaque interarmées (JSF) se distingue du traditionnel processus d’acquisition de matériel militaire. Selon le modèle traditionnel, le Canada achète l’équipement parachevé auprès d’un fournisseur, puis négocie une quantité de retombées industrielles équivalente au coût d’acquisition pour l’industrie canadienne pour des travaux tels que la maintenance, l’entretien ou toute autre modification des appareils.

Toutefois, ces retombées industrielles ne se traduisent pas toujours par le développement de nouvelles connaissances pour notre industrie ou, plus important encore, par le déploiement ou l’exportation du savoir-faire canadien.

En revanche, le programme JSF a permis aux acteurs canadiens du secteur de développer des technologies d’avant-garde qui figurent désormais parmi les composantes essentielles de la chaîne d’approvisionnement de la multinationale Lockheed Martin et de nombreux autres constructeurs.

Les fournisseurs canadiens ne seront pas confinés aux opportunités de développement et d’entretien. Ils pourront soumissionner pour l’obtention de contrats de travail sur un minimum de 3000 appareils. L’expertise et le savoir-faire que nous développons grâce au programme JSF permet de positionner les entreprises canadiennes favorablement relativement aux futures grandes plateformes de l’aviation civile en cours d’élaboration par Airbus, Boeing, Bombardier et Bell Helicopter notamment. Ainsi, le programme JSF renforce la compétitivité internationale future de notre secteur.

Plus de 80 entreprises canadiennes ont déjà obtenu quelque 850 millions de dollars de contrats liés au programme JSF, soit six ans avant la livraison du premier avion de combat. Ces entreprises et bien d’autres sociétés aérospatiales canadiennes sont en bonne position pour remporter les contrats de fabrication dont la valeur globale pourrait attendre les 12 milliards de dollars et encore plus pour les travaux de soutien en service des appareils.

Notre industrie aérospatiale possède plusieurs avantages concurrentiels, un savoir-faire unique et une proximité géographique avec les États-Unis. Nous sommes confiants que le Canada obtiendra plus que sa « juste part » des bénéfices et nous regrettons que les manifestations d’inquiétude des opposants dénigrent les capacités et les performances exceptionnelles de notre industrie aérospatiale.

Toute incertitude quant à la décision du Canada d’acquérir les chasseurs F-35 ou tout signal envoyé à nos partenaires du programme JSF voulant que le Canada puisse ne pas procéder à cette acquisition mettent en péril notre capacité à tirer le maximum des opportunités associé au programme d’avions de combat.

L’acquisition des chasseurs F-35 ne doit pas faire l’objet de partisannerie(sic) politique et d’opposition systématique. Il est dans notre intérêt national de mener à bien cette décision.

***

Claude Lajeunesse

L’auteur est président et chef de la direction de l’Association des industries aérospatiales du Canada.


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Ottawa - Canada - corruption, violence, extrême-droite, etc.

Ottawa, c’est loin. Les morceaux de fromage sont plus gros. Les rats aussi. Et tout est obscur dans ces alcôves du pouvoir canadian et de ses sbires.
Ces choses se passent au Canada, dans le plusss-pire-pays-au-monde...


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