"Ceux qui peuvent abandonner une liberté essentielle — dans ce cas, la souveraineté nationale du Québec — en échange d’un peu de sécurité immédiate ne méritent ni liberté ni sécurité. " Benjamin Franklin
Quand on ne posséde pas tous les outils politiques pour assurer l’avenir d’une collectivité sociale singulière, comme c’est le cas de la nation québécoise, et qu’en plus, celle-ci est constamment menacée par les intérêts de mainmise d’une majorité périphérique d’esprit hanséatique, la pleine souveraineté devient le sauf-conduit qui peut garantir la survie de cette collectivité remarquable, faisant de sa démarche socioéconomique un modèle de coexistence, liberté, générosité et de modernité pour le monde. Les arguments relatifs à ce que l’on vient de dire seraient sans justification si la démarche inévitable pour assurer ce modèle devenait stérile.
Or, il ne faut pas oublier qu’en démocratie, c’est la majorité des électeurs qui décide quels sont ceux qui doivent contrôler le pouvoir politique ; c’est précisément ce même pouvoir qui donne la prérogative d’obtenir tous les autres pouvoirs décisionnels, c’est-à-dire les pouvoirs économique, judiciaire, militaire, culturel, financier, scientifique... Pourtant, un peuple numériquement faible, tels les québécois, se battant dans un contexte multiculturel divergent et en constante augmentation démographique de manière exponentielle, les autres citoyens du Canada, ce même peuple québécois ne peut pas assurer son devenir collectif sans faire de la souveraineté son leitmotiv jusqu’à atteindre cet objectif de conquête nationale.
Il faut avoir un large horizon de vue, aux dépens même de notre propre existence et bénéfices individuels, pour ne pas tomber dans l’irresponsabilité collective et dans l’action traîtresse contre les intérêts nationaux, en échange de croire que cela donne l’unique possibilité d’obtenir des biens matériels et autres bénéfices ou privilèges circonstanciels qui seront toujours éphémères. Pour ceux qui pensent ainsi, l’appartenance à une réalité nationale en péril n’a pas l’importance requise. Mais heureusement, dans un futur immédiat le Parti Québécois aura une autre opportunité de continuer son travail politique, débuté il y a 30 ans, en accédant au pouvoir lors des prochaines élections du 26 mars 2007, afin de mettre en place d’autres lois essentielles qui feront éviter le péril qui menace la nation québécoise. Ceci, pour empêcher d’être constamment en minorité dans un contexte de pouvoir supranational pan-canadien en constante expansion démographique et qui lui échappe, pouvoir incompatible avec son défi d’évolution sociale de progrès, de sa singulière destinée collective et de préservation de son identité nationale.
Aujourd’hui un débat houleux est ouvert à l’intérieur de deux pricipaux partis politiques fédéralistes, concernant la reconnaissance de la nation québécoise pour arriver à élever le nombre de députés au Québec, de manière à pouvoir contrôler l’appareil politique à Ottawa. Il s’avère que le manque de scrupule laisse libre cours à plusieurs commentaires et propositions parmi les responsables politiques de ces deux partis, allant jusqu’à la relecture de la Constitution pour porter la possibilité de reconnaître le fait social distinct et incontestable du Québec comme étant une nation à l’intérieur de la Confédération canadienne. Ce qui permettrait de "nouvelles" négociations politiques biaisées, avec la possibilité de proposer de faux arrangements alternatifs afin de sauver l’unité canadienne. Devant une telle stratégie les avis sont partagés de sorte que l’on assiste à des surenchères politiques des libéraux et des conservateurs avant la célébration des prochaines élections fédérales, et surtout au défi que supposera, pour ces manipulateurs politiques, de faire obstacle au triomphe du "oui" du troisième référendum qui se tiendra probablement en 2009.
C’est par conséquent la peur (bleue et rouge) de ces partis fédéralistes craignant pour leur survie politique et celle de leur pouvoir économique partisan dans un contexte de partitocratie fédérale, qui les incitent à trouver, par des leurres(1), des manières rusées d’empêcher que la majorité des Québécois ne prenne conscience de cette possibilité rapportée dans le manifeste du projet national intitulé " quand nous serons vraiment chez nous ", qui fut soumis aux membres du PQ lors du congrés d’octobre 1972 : " De cette constatation —de pouvoir devenir souverain— aussi simple vraiment et révolutionnaire que celle de toute maturité, du constat d’échec à répétition du régime fédéral a découlé tout naturellement que le Québec doit devenir au plus tôt un État souverain ".
Afin de parvenir à assurer l’avenir économique et l’épanouissement social et culturel du peuple québécois, le Québec doit inévitablement devenir un pays pleinement libre et souverain. C’est-à-dire, un État possédant tous ses pouvoirs politiques, pour constituer, avec ces pouvoirs, une Nation reconnue par la communauté internationale afin de préserver de manière indépendante et souveraine la place qui lui reviendrait dans le concert des nations, à l’ONU, dans le but d’apporter, par cette reconnaissance institutionnelle internationale, la contribution de notre savoir-faire technologique, culturel et politique pour l’avancement des droits humains et socioéconomiques des peuples du monde.
Jean-Louis Pérez
(1) La présentation du budget fédéral dans quelques jours —avant les élections du 26 mars— va figurer un montant d’argent destiné à réduire le déficit fiscal du Québec, faisant que ce soit une façon de leurrer à nouveau les Québécois. Cette manière d’intervenir pendant la campagne électorale devrait être suspendue de la même façon qu’a été interdite la publication du rapport d’Option Canada, pour éviter que Jean Charest subisse la perte de votes.
Note : Cette lettre a été envoyée à plusieurs forums et journaux digitaux avant l’annonce du ministre fédéral des Finances concernant le montant destiné à "réduire" le déficit fiscal du Québec.
