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Monsieur Laurion, on n’en attend pas moins de vous pour nous rappeler les vices de langage forcément développés au Québec pour les raisons que l’on sait. Comme fils de bûcheron (pure souche) analphabète fonctionnel, j’aime bien m’exprimer verbalement en un français québécois, ma langue paternelle(puisque de mère institutrice, quand même) mais mon passé universitaire que commande de châtier au mieux mon français écrit. Quand des expressions perverses m’échappent j’aime bien rencontrer sur mon chemin des "vrais français de France" pour me corriger (mais pas trop !...)
Francophone signifiant "qui parle français", je crois savoir que le qualificatif ne peut s’appliquer qu’à des personnes. Comme vous j’entends des : langue francophone, chanson francophone, fête francophone(Bratwaithe), radio francophone et même, aujourd’hui, sur le communiqué du Conseil de la Souveraineté : État francophone !
Monsieur Laurion, votre discression vous honore, mais nous apprécierions de votre part d’autres signalements de ce genre. J’accroche toujours à ce choquant : C’est DE celà DONT je parle... Allez, vous ne nous avez pas envahi de vos remarques, alertez-nous devant les milliers de chancres langagiers qui nous affectent(modérément, bien sûr, parole de souche susceptible)
Bonjour Gaston Laurion.
Malheureusement, ce n’est pas seulement à Radio-Canada qu’on utilise l’expression “de langue francophone”. Pendant les deux spectacles que j’ai vus à la télévision, celui des Plaines d’Abraham et celui du parc Maisonneuve, entre deux chansons, pendant les parlotes à orientation nationaliste et historique qui étaient en général de très bonne qualité patriotique et historique, je me suis entendu décrire deux fois au moins, à Québec comme à Montréal, comme étant de "langue francophone". Je suis presque sûr que dans un élan d’enthousiasme Normand Brathwaite a utilisé cette expression. Je croyais être de langue française.
Surveillez les fêtes du Canada du premier juillet. Vous en entendrez de vertes et des pas mûres pour souligner que c’est la fête de tous les Canadiens. Mais on insistera peut-être pour dire que nous “de langue francophone”, c’est aussi notre fête. Ecoutez attentivement le discours de Michaëlle Jean pour voir si elle a tiré les leçons de l’affaire de la reine-nègre. Moi je m’attends à beaucoup de sirop d’érable. J’espère que ce ne sera pas du sirop de poteau.
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 28 juin 2008

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