Le vote s’est déroulé tel qu’il a été prévu et les libéraux (qui pour l’occasion ont temporairement dégagé leurs mains de sous leurs fesses) ont voté pour que le Canada maintienne la mission de guerre jusqu’en 2011 dans la province de Kandahar.
Au début de cette saga, on a présenté le tout comme étant une « mission quasi humanitaire » centrée sur la reconstruction d’écoles d’où les petites Afghanes étaient exclues. Le but présenté était noble et cela a suffi pour engager la main canadienne dans l’engrenage d’une véritable guerre, à l’encontre de notre rôle traditionnel reconnu internationalement : l’apport des casques bleus canadiens pour le maintien de la paix.
Une fois engagée dans cette sordide aventure pacifico-militaire, la main fut rapidement suivie par le tordage prévisible de l’avant-bras. Et voici que depuis hier, c’est tout le bras qui est maintenant passé dans le tordeur militaro-industriel. (En passant, le gouvernement refuse de rendre public le véritable coût financier de cette guerre non déclarée).
Eh oui ! Par la volonté d’un vote majoritaire aux Communes, nos soldats canado-québécois continueront donc leur « mission étrangère » au moins jusqu’en 2011. Je dis au moins, car je suis persuadé que cette guerre qui a déjà subi deux rallonges n’aura de fin que quand le bon peuple cessera de laisser les politiciens agir d’une manière insensée devant l’absurdité de cette guerre idéologique et économique.
Et cela, ce n’est pas pour demain !
Bien entendu, ce sera de plus en plus difficile de dénoncer cette guerre, d’autant que la propagande militaire a un effet certain sur la population qui est bien tannée d’avoir à se préoccuper de politicailleries.
Le gouvernement Harpeur (le moins transparent de l’histoire canadienne moderne) est passé maître dans la technique des couleuvres à faire avaler. Le cul béni, le sourire en coin, Harpeur joue au chat et à la souris avec les problématiques les plus graves : l’environnement (on s’occupera des sables bitumineux en 2020), la sécurité publique (la peine de mort reçoit un appui par la bande), l’Afghanistan (on n’a pas fini de livrer des tonnes et des tonnes de crayons aux petites écolières), et même… la Loi électorale (le DGE poursuit le parti conservateur pour plusieurs accrocs prétendument survenus lors de la dernière campagne électorale).
J’oubliais presque l’affaire Cadman, ce député indépendant atteint d’un cancer en phase terminale, et qui rendu à l’article de la mort, s’est vu offrir une candidature conservatrice (dont sa veuve a hérité depuis) dans un comté de la Colombie-Britannique. Mais de cela, il vaut mieux ne pas parler sous peine d’être poursuivi par Harpeur-le-transparent…
Revenons donc à cette guerre non déclarée.
Ce qui me fait particulièrement suer c’est que les choses risquent d’aller de plus en plus mal en Afghanistan. À cet égard, un indice crève les yeux : Malgré les pressions importantes et soutenues (depuis plusieurs semaines) auprès de leurs homologues respectifs et provenant du ministre de la Défense, du ministre des Affaires étrangères et surtout du premier ministre canadien, aucun autre pays de l’OTAN ou même du reste de la planète n’a daigné se montrer le bout du nez pour supporter sur le terrain nos soldats.
Et lorsque cela ira de plus en plus mal, les libéraux prétendront que selon leur interprétation, ils n’ont pas voté pour une mission de combat. Pour vous en convaincre, je cite Stéphane Dion : L’OTAN doit assurer la relève des troupes dans la province de Kandahar pour que nos troupes puissent passer, en février 2009, à une mission de formation de l’armée et de la police afghanes et de sécurisation des projets de reconstruction.
Croyez-vous vraiment que c’est ce qui a été voté hier ?
Après tout, pour les libéraux, une vie de soldat contre une défaite électorale assurée, cela vaut le coup. N’est-ce pas ?
Serge Longval,
Longueuil
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