Vigile.net
« C’est la part d’universel en nous-mêmes que nous défendons en recherchant l’émancipation du Québec ; c’est notre devoir envers la diversité du monde que nous accomplissons. » Jean-Marc Léger
             
Vigile a besoin de votre appui, n’hésitez pas à contribuer.
Financement 2009
 18325$  92%  
Objectif : 20000$
Et l’Indépendance du Québec dans tout ça ? Le devoir de cohérence
Un peu plus de cohérence de la part des ténors indépendantistes ne serait pas superflue. Une gouvernance nationale n’est possible qu’à la condition que le Québec devienne un État indépendant de langue française.
Éric Tremblay
Tribune libre de Vigile
vendredi 25 janvier 2008      1263 visites


Qu’est-ce que l’Indépendance ? C’est mettre un terme à notre état de dépendance. C’est la capacité à nous autodéterminer. C’est la capacité de nous gouverner nous-mêmes. C’est d’être responsable de nos réussites comme de nos échecs. C’est la capacité à prendre en mains notre destinée. C’est se donner un État plein et entier. C’est la liberté de notre Nation ! Sans un État fort, une nation ne survit pas.

Nous assistons présentement à un débat byzantin entre référendistes et tenants de gestes de fausses ruptures avec le régime fédéral. Il y a de quoi semer la confusion et le doute dans les esprits des électeurs quant à la capacité réel du Parti québécois de réaliser un jour l’Indépendance du Québec.

Or, voilà : la direction péquiste veut-elle vraiment réaliser l’Indépendance du Québec ? L’histoire récente depuis le référendum volé de 1995 nous enseigne plutôt le contraire. En effet, la volonté de monsieur Parizeau de faire du Québec un pays n’a pas été relayée par messieurs Bouchard, Landry et Boisclair. Ces derniers ont préféré adopter une position attentiste et étapiste malsaine et viciée. Résultat : plus de la moitié des indépendantistes, depuis 2003, ne votent plus pour le PQ.

Maintenant madame Marois indique qu’elle entend poser des gestes de souveraineté tout en respectant le cadre constitutionnel canadien, se rangeant ainsi aux arguments avancés par monsieur Larose. Plutôt que de proposer l’Indépendance comme solution aux Québécois dès les prochaines élections, elle confirme que le PQ se contentera de mesures affirmationnistes en attendant un référendum qui aura possiblement lieu dans la semaine des quatre jeudi ou quand les poules auront des dents. D’ici là, le projet d’assimilation de Lord Durham continuera de faire son œuvre. Bien qu’on ne puisse accuser madame Marois d’être inconséquente depuis son couronnement de juin dernier, force est d’admettre que ce qu’elle propose est à des années lumières de l’Indépendance.

En effet, ces fameux gestes de souveraineté ne rompent aucunement avec le régime qui nous enferme, entretient notre dépendance et nous empêche de nous exprimer librement sur la scène internationale. Pourtant, à l’heure de la mondialisation anglo-saxonne débridée, il s’avère impérieux que le Québec puisse parler de sa propre voix, sans l’entrave d’Ottawa, afin de défendre les intérêts de notre Nation au sein des forums internationaux tels l’OMC, l’UNESCO et l’ONU. Le Québec doit pouvoir négocier lui-même, sans l’ingérence d’Ottawa, les traités internationaux qui ont un impact significatif sur l’avenir de notre économie, de notre culture au sens large et de notre environnement.

Les capitalistes néolibéraux menacent notre système de gestion de l’offre qui représente 50% de nos revenus agricoles. Ces mêmes capitalistes néolibéraux aimeraient bien privatiser nos systèmes publics d’éducation et de santé qui favorisent une meilleure égalité des chances et une meilleure justice sociale afin de s’en mettre plein les poches au détriment d’un appauvrissement de notre peuple. Quant aux négociations post-Kyoto, le fait de dépendre d’Ottawa nous coûte très cher, nous qui pourtant sommes d’accord avec cet accord international visant l’amélioration de la qualité de notre environnement.

Malheureusement, les gestes de souveraineté proposés par madame Marois ne permettront pas au Québec d’avoir son mot à dire dans tous ces domaines. C’est Ottawa qui déterminera encore une fois notre avenir national. À voir ce que le fédéral a fait de Kyoto pour servir les intérêts des pétrolières de l’Alberta, l’avenir ne peut que nous inquiéter. En agriculture, il est à prévoir qu’Ottawa utilisera la gestion de l’offre québécoise comme monnaie d’échange à l’OMC afin de protéger les intérêts des producteurs de blé des prairies. À l’UNESCO, le strapontin dont se réjouit monsieur Charest ne pourra jamais remplacer la voix d’un Québec indépendant qui n’aurait que les intérêts de la Nation québécoise à promouvoir. Quant aux négociations sur l’après-Kyoto, Ottawa, confronté à des intérêts pancanadiens divergents ne peut prétendre défendre notre Nation avec la même ferveur que Québec pourrait le faire. La position anti-environnementale du gouvernement fédéral à Bali illustre parfaitement cet état de fait.

Tant et aussi longtemps que nous ne romprons pas définitivement le lien de dépendance avec Ottawa, il nous sera impossible en tant que Nation de définir entièrement notre avenir, condition essentielle à notre plein développement économique, social et culturel. Aussi, la guerre en Afghanistan illustre parfaitement le coût de notre enfermement dans le Canada et de notre inexistence sur la scène internationale. L’Indépendance de notre Nation vaut le coup, ne serait-ce que pour rapatrier nos soldats québécois à la maison, eux qui meurent inutilement dans une guerre insensée.

Le débat actuel au sein de la mouvance péquiste occulte cette réalité. C’est carrément inacceptable. La seule façon d’être entièrement responsable de notre avenir consiste en la création d’un État du Québec indépendant. C’est ce que le Parti indépendantiste proposera aux Québécois dès la prochaine élection. Le PI, c’est le choix électoral de l’Indépendance. Nous entendons mettre un terme à l’attentisme et à l’étapisme péquistes en proposant une démarche légitime, légale et démocratique : la voie électorale.

Dès qu’une majorité de députés indépendantistes sera élue à l’Assemblée nationale, nous procéderons à la Déclaration d’Indépendance et à l’adoption d’une Constitution provisoire d’État du Québec indépendant. Ensuite, l’Assemblée nationale mettra sur pied une assemblée qui, à la suite de consultations populaires, élaborera un projet de Constitution permanente lequel sera soumis au peuple par référendum. Ainsi, l’entrave d’Ottawa sera annihilée et le Québec pourra enfin enter en relation sur une base d’égalité avec toutes les nations libres du monde. Notre infantilisation cessera enfin. Seul un État du Québec indépendant fort peut préserver notre Nation des dérives de la mondialisation néolibérale et assurer la pérennité de notre langue, de notre culture et de notre identité. Afin d’améliorer notre niveau de vie et notre qualité de vie, nous devons nous gouverner nous-mêmes en adoptant toutes nos lois, en prélevant tous nos impôts, en signant et en ratifiant nous-mêmes les traités internationaux et en nous exprimant librement sur la scène internationale.

Les gestes de souveraineté proposés par madame Marois ne sont en fait que des mesures faussement nationales qui ne font que confirmer notre statut d’éternels minoritaires dans un Canada anglicisant. Les projets de Loi sur l’identité et de Constitution provinciale n’y changeront rien. Pire, le projet constitutionnel de monsieur Turp risque de confirmer notre adhésion à la Constitution canadienne de 1982 que tous nos gouvernements ont depuis refusé de signer. Ainsi, le gouvernement des juges nommés par Ottawa continuera d’invoquer la Charte canadienne des droits et libertés afin de charcuter les lois québécoises qui définissent ou définiront ce que nous sommes. Sans la véritable rupture confirmée par la Déclaration d’Indépendance, ces gestes de souveraineté subiront le même sort que la Charte de la langue française.

D’ailleurs, monsieur Camille Laurin, père de la Loi 101, disait avec justesse en 1977, que cette loi deviendrait progressivement inefficace sans la réalisation rapide de l’Indépendance du Québec. L’histoire lui a donné raison. Trente ans après l’adoption de la Charte de la langue française, plus de la moitié des nouveaux arrivants choisissent le Cégep anglais et vivent en anglais à Montréal. Notre incapacité à sortir du cadre canadien fait en sorte que les nouveaux arrivants s’intègrent à la nation d’à côté sur notre propre sol. Ottawa instrumentalise l’immigration afin de nous folkloriser. Cette réalité révoltante doit cesser !

Nous ne devons plus nous accommoder d’Ottawa, mais le congédier en déclarant l’Indépendance dès la victoire électorale du Parti indépendantiste à la majorité des sièges, et ce, dans le respect des règles démocratiques de notre système électoral et de notre régime parlementaire québécois. Un gouvernement majoritaire a l’obligation de réaliser l’entièreté de son programme. Puisque le Parti indépendantiste proposera l’Indépendance du Québec comme première priorité nationale, alors il procédera à la Déclaration d’Indépendance si une majorité de députés indépendantistes est élue. L’urgence de la situation exige que l’on cesse d’avoir peur d’offrir aux Québécois le choix électoral de l’Indépendance !

Le débat surréaliste actuel au sein de la mouvance péquiste doit donc cesser. L’Indépendance du Québec ne saurait souffrir de ce débat stérile et contre-productif entre les référendistes et les affirmationnistes. Ces deux branches de l’étapisme péquiste retardent indument l’avènement du pays du Québec. Non seulement ce débat repousse l’Indépendance aux calendes grecques, mais il embrouille davantage les Québécois. Il pourrait même être fatal à la cause en discréditant pour toujours le mouvement national. Ce cirque doit se terminer. D’ailleurs, pour paraphraser monsieur Parizeau, les étapistes n’ont aucunement l’intention de réaliser l’indépendance du Québec.

Les indépendantistes ne veulent pas rejouer dans la sinistre farce d’un troisième référendum qui permettrait à Ottawa de nous voler une seconde fois. Ils ne sauraient non plus se contenter d’un peu plus de souveraineté interne dans le Canada. Ils attendent d’un parti qu’il réalise l’Indépendance du Québec une fois qu’il se retrouve aux commandes d’un gouvernement majoritaire. C’est ce que le Parti indépendantiste entend faire une fois élu à la majorité des sièges. Rien ne vaut la clarté, la franchise, l’honnêteté et la transparence. Le PI fait confiance à l’intelligence des Québécois. Si ces derniers le portent au pouvoir avec une majorité de sièges, il réalisera ce pour quoi il aura été élu : déclarer l’Indépendance du Québec, seul véritable geste de rupture. Le Canada a été fondé sans référendum. Le Québec peut donc devenir un État indépendant en le déclarant.

Un peu plus de cohérence de la part des ténors indépendantistes ne serait pas superflue. Une gouvernance nationale n’est possible qu’à la condition que le Québec devienne un État indépendant de langue française. Toute autre gouvernance ne peut être que provinciale. Aux prochaines élections générales, le PQ et l’ADQ réclameront à divers degrés un peu plus de pouvoirs pour la province de Québec. Le PLQ se contentera du statu quo. Le PI, lui, proposera le contrôle de tous les pouvoirs d’un État normal. Les Québécois auront donc enfin la possibilité de choisir l’Indépendance par la voie électorale. Tous les Québécois voulant que le Québec devienne un pays normal sont invités à participer à la construction du Parti indépendantiste. Les forces libératrices résident dans le peuple, le PI entend les canaliser afin que le Québec puisse enfin voler de ses propres ailes.

Éric Tremblay
www.parti-independantiste.org

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




Suggérer cet article par courriel


29 novembre

IPSO - dîner-rencontre avec Gilles Duceppe


Financement de Vigile 2009

Le tirage des Fêtes

du 1er novembre au 31 décembre


Vigile sur Facebook

  • Objectif 2009: 20000$
     18325$  92%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
    Adresse:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    23/11 Edith Morin: 50$
    21/11 Daniel Verret: 20$
    20/11 Bernard Gilles Grenier: 50$
    20/11 Louis Blanchet: 30$
    18/11 Claude Morin: 50$
    18/11 Annie Autonès: 100$
    18/11 Giselle Chagnon: 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net