Vigile.net
« [L’indépendance] est le contraire politique de l’autonomie, même si, sur un plan historique, on peut la considérer comme son prolongement. Il n’y a rien de commun entre un séparatiste et un autonomiste : l’un veut la sécession du Québec, l’autre veut sa participation, plus ou moins intégrée, à la Confédération. »   Hubert Aquin
             
Vigile a besoin de votre appui, n’hésitez pas à contribuer.
Financement 2009
 18275$  91%  
Objectif : 20000$
Entre le nous et le mou
« Il faut vouloir ce qui nous suppose et nous dépasse à la fois ». (G. Bataille)
Jean-Claude Pomerleau
Tribune libre de Vigile
lundi 17 septembre 2007      548 visites      1 message


Il est évident que le premier ministre John Charest a créé la commission Bouchard-Taylor pour pallier à son manque de leadership face à la question identitaire, c’est-à-dire la définition du « nous », peuple du Québec. À cet égard, il n’y a rien à attendre de ce spectacle itinérant et nomade qui adopte le visage d’une vaste thérapie collective où le Québec prête le flanc à une critique venant de nos « amis » du « Rest of Canada » (le ROC), le présentant comme intolérant et raciste.

Cette impression est d’ailleurs amplifiée volontairement par le discours de ce même M. Charest, lors du dernier Conseil général du Parti libéral du Québec, ainsi que par tous ces idéologues de la médiacratie fédéraliste en mission pour contenir le « nous » peuple du Québec à l’intérieur de la cage à castor canadienne. Mais, on sent manifestement que ce « nous » commence à en avoir plein le « casse ».

En fait, la question qui se pose ne porte ni sur les accommodements, ni sur l’immigration, qui ne sont qu’accessoires à la véritable question qui est celle de la définition du « nous » (peuple du Québec). On s’étonne que les deux grands intellectuels qui ont daigné descendre de leurs tours d’ivoire pour se transformer en thérapeutes « populaires », ne l’aient pas encore compris ou feignent de ne pas le comprendre.

Pourtant, la réponse est facile et limpide, pour peu que l’on ait quelques notions de géopolitique. Le « nous », peuple du Québec, ne peut s’incarner et se définir en termes politiques et juridiques que dans un État national. Ce qui veut dire en clair que l’Assemblée nationale du Québec doit adopter une constitution du Québec contenant un Code de citoyenneté ; une Charte des droits (celle du Québec 1975 et non celle du Canada) et une Charte de la laïcité. Ce cadre politique et juridique baliserait ainsi la problématique dans son ensemble. Cette constitution du Québec aura évidemment préséance sur la constitution canadienne. Il faut, comme disait Jean Lesage être «  maître chez nous ». Fin du débat.

Toutefois, il est évident qu’une constitution du Québec qui aurait prévalence sur la constitution canadienne entrerait tôt ou tard en conflit de légitimité avec cette dernière : le nous, peuple du Québec, aurait alors à trancher entre la constitution canadienne de 1982, rejetée à l’unanimité par l’Assemblée nationale et la constitution du Québec qu’une majorité (démocratique) de Québécois se donnerait pour se définir comme peuple. Ce rapport de force établi sur un point précis (ex : Charte canadienne vs Charte du Québec) ne pourrait que procurer un avantage stratégique déterminant à la cause de la souveraineté. C’est cette perspective qui fait paniquer les idéologues fédéralistes. Il leur est, en effet, intolérable que le « nous » peuple du Québec échappe à leur contrôle et sorte de la cage à castor canadienne.

À cette étape de notre histoire, la question qui se pose en ce qui concerne le « nous » peuple du Québec qui veut incarner sa volonté dans les instances d’un État national ne relève pas de la sémantique, mais plutôt de la géopolitique.

Un jour, il faudra bien trancher entre le nous et le mou. Et ce sera à nous de trancher et non aux deux grands intellectuels de cette commission.

Jean Claude Pomerleau
Membre du Parti Indépendantiste (PI)

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —




Suggérer cet article par courriel

Envoyer un message privé à Jean-Claude Pomerleau



Vos commentaires:
  • Entre le nous et le mou
    21 octobre 2007, par jcpomerleau

    21 Octobre.

    Avec le dépôt d’un projet de loi portant sur une Constitution du Québec les considérations stratégiques et tactiques sur ce thème deviennent plus actuelles. On peut entrevoir plus précisément le conflit de légitimité qui se dessine ,entre la Constitution du Canada (1982) et celle du Québec (si elle est adptée) , portant particulièrement sur les Chartes,

    Je mentionne dans mon texte que le rapport de force qui s’établira sur ce point précis (Charte vs Charte) sera favorable au souverainistes. Un sondage récent (1) révèle que 75% des gens au Québec sont favorables à une modification de la Charte pour établir la primauté du principe d’égalité entre homme et femme.

    Or seul la Charte du Québec peut être modifié pour répondre à cette exigence. Mais même inscrite dans une Constitution du Québec cette Charte n’a pas de prévalence sur la Charte de Trudeau, laquelle est enchâssée dans une Constitution de pays contenant une clause d’interprétation indiquant qu’elle doit être lue en tenant compte du concept du multiculturalisme.

    Ce sondage est donc réconfortant pour l enjeu qui se dessine.

    (1) http://www.canada.com/montrealgazet...

    “Women’s rights : Seventy-five per cent of Quebecers want to amend the Charter of Rights and Freedoms to make the equality of men and women more important than the rights of religious groups. In the rest of Canada, support for such a measure is lower – “

    J.C. Pomerleau



29 novembre

IPSO - dîner-rencontre avec Gilles Duceppe



Vigile sur Facebook


Financement de Vigile 2009

Le tirage des Fêtes

du 1er novembre au 31 décembre
  • Objectif 2009: 20000$
     18275$  91%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
    Adresse:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    21/11 Daniel Verret: 20$
    20/11 Bernard Gilles Grenier: 50$
    20/11 Louis Blanchet: 30$
    18/11 Claude Morin: 50$
    18/11 Annie Autonès: 100$
    18/11 Giselle Chagnon: 25$
    18/11 Giselle Chagnon: 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net