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Empêtré dans les finasseries et les tergiversations quant à la promotion de son projet fondamental, le Parti Québécois s’est fait servir la leçon qu’il ne voulait pas entendre depuis trop longtemps : c’est par la mobilisation et non par le marketing politique qu’on associe les citoyens à la réalisation d’un objectif aussi noble que l’indépendance. - Robert Laplante
             
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Entre le chef et le programme
Michel C. Auger
www.cyberpresse.ca
mercredi 9 mai 2007


Le parti qui mange ses chefs en aura dévoré un autre. Avis aux intéressés à sa succession, le Parti québécois a toujours autant de mal à apprendre de ses erreurs. Comme de toujours attacher son chef avec un programme rigide qui ne lui donne que très peu de marge de manœuvre.

Sauf que, cette fois-ci, les erreurs sont encore récentes et la défaite a laissé des plaies qui sont encore trop vives pour ignorer les leçons du passé. La première de ces leçons, c’est qu’on n’impose pas un programme à un nouveau chef, que c’est le chef qui doit avoir la possibilité de définir un programme qu’il sera à l’aise de défendre.

Ce qui a fait mal à André Boisclair tout au long de son mandat comme chef du Parti québécois, c’est de devoir vivre avec le programme adopté au congrès de juin 2005, lors du congrès qui a conduit à la démission de Bernard Landry.

Pendant toute la course au leadership, ni M. Boisclair, ni les autres candidats au leadership n’ont voulu prendre leurs distances avec ce programme. M. Boiclair le qualifiait souvent de « formidable ».

Le seul ennui, c’est qu’il avait été adopté en plein effervescence souverainiste, avec un gouvernement Charest impopulaire et une option fédéraliste dont l’image était ternie par le scandale des commandites. Les sondages donnaient la victoire au Oui, et le seul débat entre les candidats au leadership était de savoir qui irait le plus vite sur l’autoroute de la souveraineté.

Un an et demi plus tard, on a vu comment l’électorat réagissait à ces propositions quand il ne s’agissait plus de répondre à un sondage mais d’élire un gouvernement pour les quatre prochaines années.

Qu’il le veuille ou non, le PQ devra revenir à une nouvelle version des « conditions gagnantes », soit de ne pas promettre un référendum à tout prix, mais un référendum seulement s’il est certain de le gagner. Les résultats du 26 mars dernier ne laissent aucune autre alternative.

Même si cela devait refroidir – ou même faire fuir – certains de ceux que l’on appelle les « purs et durs », il est clair que la très grande majorité des militants péquistes reconnaissent que la promesse d’un référendum obligatoire ne permettra plus de gagner une élection dans un avenir prévisible.

Mais le débat de fond qui doit être entrepris touche beaucoup plus que la méthode d’accession à la souveraineté. Elle touche l’option elle-même. Il est clair que depuis le référendum de 1995, c’est l’option souverainiste elle-même qui est en perte de vitesse. C’est l’idée que la souveraineté politique est la meilleure solution à tous les problèmes du Québec qui ne fait plus recette.

Le PQ devra se demander si son projet politique – qui est encore très proche de la souveraineté-association imaginée par René Lévesque à la fin des années 1960 – est encore la meilleure pour le Québec des années 2010.

Le PQ devra aussi retrouver ses racines réformistes. Ce qui a fait la réputation du PQ, c’est aussi sa capacité de proposer des solutions concrètes aux problèmes immédiats des Québécois. Le PQ ce n’est pas seulement le parti de l’indépendance et de la Loi 101, c’est aussi celui des recours collectifs, de l’assurance-automobile, du zonage agricole et des garderies à 5$.

La feuille de route présentée par le PQ pendant la dernière campagne était remarquablement déconnectée des problèmes bien concrets des citoyens, qui, en masse, ont déserté le PQ pour une ADQ qui leur semblait plus proche de leurs préoccupations.

Ce sont ces deux éléments essentiels qui manquaient dans le programme qu’a dû défendre André Boisclair. Avec son départ, les péquistes n’ont plus le choix, ni de bouc émissaire commode : ils devront se poser les questions qu’ils ont soigneusement évité depuis des années.

Avant de s’aventurer dans une course au leadership, nul doute que les divers prétendants voudront d’abord s’assurer que ces questions seront débattues. Sans quoi le prochain chef connaîtra inévitablement une carrière aussi courte que celle d’André Boisclair.

  • On dit que le PQ mange ses chefs. En effet, mais comment et pourquoi ?
    Jonathan Valois La Presse   10 mai 2007 
  • Dans une situation intenable, il quitte la direction du PQ
    Antoine Robitaille Le Devoir   9 mai 2007 
  • Le PQ a peut-être une dernière chance, mais il ne peut pas se permettre une autre erreur. Ce serait aussi la dernière.
    Michel David Le Devoir   9 mai 2007 
  • Yves L. Duhaime Le Devoir   9 mai 2007 
  • Vincent Marissal La Presse   9 mai 2007 
  • Mais tout est arrivé trop vite, finalement, dans la carrière politique d’André Boisclair, et pour cela tout finit trop mal - pour l’instant.
    Yves Boisvert La Presse   9 mai 2007 
  • Sommes-nous prêts, au Québec, pour un premier ministre homosexuel ?
    Rima Elkouri La Presse   9 mai 2007 
  • La cause la plus fondamentale du malaise actuel se situe fort probablement dans la déception qui habite les militants et les membres de cette formation depuis quelques mois.
    Jean-Herman Guay www.cyberpresse.ca   9 mai 2007 
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