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Je viens tout juste de lire l’article d’Yves Boisvert dans le journal La Presse du mercredi 16 janvier. Comme lui, j’ai été très surpris, en lisant le reportage de la journaliste du Journal de Montréal, de constater qu’on faisait une grosse manchette sur la « Difficulté d’être servi en français à Montréal » en affirmant que sur 97 tentatives en vue d’obtenir un emploi alors qu’on ne maîtrisait pas le français, on y était parvenu 15 fois.
Les 15 réussites sont, bien sûr, détaillées alors que les 82 échecs sont passés sous silence. J’aurais bien aimé, au nom de la rigueur journalistique, connaître les raisons desdits échecs.
En réponse à cet article, André Pratte écrit en éditorial dans La Presse : « N’a-t-on rien appris de l’affaire des accommodements raisonnables ? Avant de monter sur ses grands chevaux à partir d’informations fragmentaires, ne devrait-on pas disposer d’un portrait complet de la situation ? » Et celui-ci de poursuivre son analyse en citant le rapport de l’Office québécois de la langue française de l’automne 2006 affirmant que sur 2500 commerces visités au centre-ville de Montréal : « L’accueil se fait en français plus de quatre fois sur cinq et le service est en français quelque neuf fois sur dix ».
Le problème, c’est que cette information ne nous prouve en rien qu’elle repose sur un portrait “complet” de la situation. Dans un très intéressant article diffusé sur Vigile.net, Patrrick Bourgeois du RRQ nous raconte en détail ses tentatives afin d’obtenir une copie du rapport de l’Office québécois de la langue française, le document étant PUBLIC. Même après le dépôt d’une demande, via la loi d’accès à l’information, après du ministère des Communications et de la Culture, il a dû se résoudre à déposer une seconde demande de révision afin d’obtenir de l’OLF une copie dudit rapport. Une véritable saga, et pour preuve, cet extrait de son article : “La fonctionnaire m’a quand même dit qu’elle me ferait parvenir les documents qu’ils avaient au ministère et qui concernaient ce dossier. Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir par la suite une lettre dans laquelle on me disait que l’OLF n’avait jamais remis de copie de l’enquête au ministère de la Culture. Pourtant, Line Beauchamps, alors à la tête de ce ministère, vantait allègrement l’étude, elle se disait très contente que le français aille si bien au Québec ”
Je suis franchement surpris, pour rester poli, de l‘attitude condescendante d’André Pratte et de ceux qui comme lui, font feu de tout bois et prétendent être mieux informés de tenants et aboutissants des questions dont ils débattent. Il semble bien que contrairement à ce qu’il affirme et que, comme pour « l’affaire Hérouxville », on a tiré des conclusions sans disposer d’un portrait complet de la situation. Aussi bien chez les défenseurs de la langue française que chez les pourfendeurs de l’anglicisation, le manque de rigueur et la propension au « chialage » l’emportent-ils sur l’honnêteté intellectuelle et l’objectivité.
N’ayez crainte, je ne suis pas de ceux qui croient que la langue française se porte bien au Québec. Je suis en contact régulier avec le public, le monde de la culture et des arts ainsi qu’avec des entreprises de services et je ne crains pas d’affirmer haut et fort que nous marchons sur une corde raide en ce qui a trait au français parlé et écrit au Québec. Cependant, ce ne sont pas des enquêtes bâclées comme celle du journal de Montréal ou des analyses exsangue comme celle d’André Pratte qui me convaincront ; ni plus d’ailleurs que l’attitude navrante, à l’image de celle de son parti, de notre ministre de la culture Christine Saint-Pierre ou de « la chef » Pauline Marois qui déclare qu’il est : « Clair qu’on est presque revenu à la situation qui prévalait avant l’adoption de la loi 101. »
Faut quand même pas exagérer. Allons Mme Marois, c’est un pays que nous voulons faire, pas du capital politique avec n’importe quoi pourvu que ça serve nos intérêts. Entre l’angélisme libéral et l’alarmisme péquiste, je préfère de loin l’appel à l’intelligence et à la réflexion d’un Gérald Larose. Cela dit pour ceux qui veulent vraiment faire un pays.
Claude G. Thompson
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Il faut lire la chronique de Benoît Aubin :
http://www.canoe.com/infos/chroniques/benoitaubin/archives/2008/01/20080117 -092501.html
Aubin répond sans ambages à Marissal et Boisvert. Les deux perdent toute crédibilité. Je me demande encore pourquoi Radio-Québec et en partie Marie-France Bazzo leur donnent encore une tribune ?

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