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[L’indépendance] est le contraire politique de l’autonomie, même si, sur un plan historique, on peut la considérer comme son prolongement. Il n’y a rien de commun entre un séparatiste et un autonomiste : l’un veut la sécession du Québec, l’autre veut sa participation, plus ou moins intégrée, à la Confédération. - Hubert Aquin
             
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En attendant Godot...
François-Pierre Gauvin
Tribune libre de Vigile
jeudi 13 avril 2006      263 visites


Les sorties publiques de MM. Michel Tremblay et Robert Lepage ont fait jaser au Québec comme dans le reste du Canada. Les titres trompeurs de La Presse suivis par les autres médias fédéralistes ont tenté de « spinner », avec succès d’ailleurs, leurs déclarations afin de nous laisser croire qu’ils rejetaient du revers de la main l’indépendance du Québec. Il n’en est rien. Ceux-ci se disent toujours souverainistes, voire « séparatiste » dans le cas de M. Tremblay. Il faudrait donc que les journalistes fassent un travail plus rigoureux (vaste programme !) et surtout qu’ils comprennent que l’on peut remettre en question une idée sans toutefois la rejeter.

Plusieurs personnalités ont malheureusement été virulentes dans leurs réponses à MM. Tremblay et Lepage. Nous avons tout à fait le droit d’être déçus, mais leurs remises en question soulèvent des problèmes que le mouvement souverainiste se doit de reconnaître. Il est absolument vrai que le débat sur la question nationale a glissé vers un débat strictement économique. Bien que cette question soit d’importance, elle ne constitue toutefois pas l’essence du projet.

Par ailleurs, je ne suis pas d’accord avec les propos de M. Lepage qui déplore qu’il n’y ait actuellement personne pour incarner le projet de la souveraineté du Québec. Le désir d’indépendance s’incarne dans chaque Québécois et chaque Québécoise qui sont prêts à faire du Québec un pays. Nous devons nous engager dans ce projet plutôt que d’être de simples spectateurs passifs qui attendent de se faire convaincre.

Les Québécois et les Québécoises doivent cesser d’attendre leur Godot. Valdimir et Estragon l’ont attendu en vain. Monsieur Godot « ne viendra pas ce soir mais sûrement demain »... Cessons d’attendre celui ou celle qui « incarnera » le projet. Prenons-nous en main une fois pour toutes ! La force de notre projet n’est pas qu’il repose sur les épaules d’un seul homme ou d’une seule femme, mais plutôt sur les épaules de tout un peuple.

Francois-Pierre Gauvin
Étudiant au doctorat / Doctoral student
Centre for Health Economics and Policy Analysis

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