Dans sa chronique postélectorale intitulée « Un échec bien mérité », Alain Dubuc commente le résultat en choisissant de commenter le recul électoral de l’ADQ. Un choix qui indique bien pourquoi en pleine crise économique le clan des canadianisateurs du gouvernement démissionnaire Jean Charest, dont est partie le chroniqueur partisan de Gesca, a choisi de démissionner pour plonger le Québec en élection, à peine deux mois après les élections fédérales : il s’agissait de se débarrasser de l’ADQ.
L’ADQ avait le grand démérite de menacer le PLQ. Une ADQ de centre-droit autonomiste forte privait le PLQ des ses appuis dans le Québec francophone, reléguant le PLQ à sa marge Ouest du Québec-Montréal. Il fallait l’abattre non pas tant pour obtenir une majorité circonstancielle, mais bien pour s’assurer à long terme que la mouvance souverainiste ne puisse profiter d’un multipartisme favorable à la cause du peuple souverain du Québec. On pouvait fort bien s’accommoder d’un gouvernement minoritaire. Ottawa et les conservateurs le prouvent bien.
En effet, l’un des arguments des canadianisateurs est de faire croire que l’accession à la souveraineté du Québec livrera l’État souverain du Québec à un parti unique, le PQ. L’ADQ avait tendance à démontrer le contraire. Il fallait détruire l’ADQ pour continuer à valider la propagande qui ferait du Québec à parti unique, un État moins évolué que l’actuel État du Canada, fut-il unilatéralement imposé d’autorité, sans que le peuple démocratique et souverain soit nommément appelé à validé de supposé État évolué.
M. Dubuc donne, au lendemain des élections, des raisons pour démontrer que les canadianisateurs avaient raison de faire des élections précipitées. Ils n’auraient donc fait, d’après le chroniqueur, que permettre à notre démocratie parlementaire de prendre acte du bien « mérité » échec de Mario Dumont. « Et, c’est très dommage » a-t-il le culot de nous dire… « Parce que cet échec de l’ADQ nous prive d’une formation qui pensait en dehors de la boîte. Et dont le projet autonomiste, qui changeait les règles du jeu du débat national, aurait pu permettre au Québec de se sortir de son psychodrame à deux. » Dommage ? Vraiment !?
Il se demande en conclusion « quel rôle pourra jouer l’ADQ et quelles idées elle défendra. » Entre les deux il fait des constats plus ou moins justes, mais peu importe, l’important pour nos canadianisateurs préférés est d’avoir réussi à enfoncer l’ADQ. Si l’ADQ parvient à survivre au départ de Mario Dumont, quel rôle pourra-t-elle jouer ? N’importe lequel, mais il n’est pas question que son rôle consiste à confiner le PLQ à la marge linguistique minoritaire du Québec francophone. À bon entendeur salut.
Réciproquement donc, les souverainistes doivent prendre le parti inverse.
D’un point de vue souverainiste, l’ADQ, même autonomiste, permettait de marginaliser les canadianisateurs dans un PLQ sans véritables appuis dans le Québec francophone. Ce qui d’un point de vue canadianisateur, devait être écarté sans ménagement. Ils ont cru un temps pouvoir le faire en investissant l’ADQ alors que Jean Charest était au plus bas dans les sondages et lorsque Mario Dumont en mesure d’espérer même former le gouvernement semblait capable de toutes les compromissions pour y parvenir. On a donc vu des larges pans du milieu des affaires, ceux moins inféodés au clan des canadianisateurs, adhérer ou donner leur appui à ce nouveau venu inspirant. Mais ils ont tôt fait de se heurter à la résistance canadianisatrice qui avait compris que l’ADQ, que Mario Dumont, n’accepterait pas remplacer le PLQ en étant aussi servilement à leur botte. Les canadianisateurs ont donc pris le taureau par les cornes et imposé à Jean Charest un nouvel entourage afin de faire d’un Jean Charest activiste de droite affairiste maladroite, un habile Robert Bourassa II capable de faire ce qu’il a fait si longtemps, ne rien changer au système canadien. Son élection à la tête d’un gouvernement minoritaire ne lui laissait pas beaucoup le choix, il faut le dire et son appétit de pouvoir a fait le reste. Il ne pouvait espérer devenir Premier ministre du Canada s’il ne parvenait pas à l’être au Québec.
L’opération camouflage est une réussite totale à peine plus d’un an après la transformation tranquille. Le milieu des affaires buissonnier a été forcé de délaisser l’ADQ. Contrairement à ce que prétend M. Dubuc, qui confond effet pour la cause, c’est « parce que la droite antigouvernementale » de l’ADQ avait quitté, qu’elle « s’est progressivement transformée en droite sociale. Cela a culminé avec le grand débat sur les accommodements raisonnables où Mario Dumont a joué un rôle carrément indigne. » Et, non l’inverse comme il le prétend. Mario Dumont n’avait pas le choix après la transformation de John Charest conservateur en Jean Charest libéral nationaliste, où il quittait, où il tentait de conserver des appuis autres que d’affaires. Il espérait d’ici les élections prévues au terme du gouvernement en place, avoir le temps de prouver au milieu des affaires qu’il pouvait se raplomber. Il fallait donc plomber l’ADQ avant que la crise économique entame le crédit du camouflé. Seule une élection précipitée permettait de le faire.
Il fallait donc prendre le risque de plonger le Québec en élection, d’autant qu’on ne pouvait pas espérer de meilleures conditions que celles que créaient à la fois la proximité d’élections à Ottawa, Washington et Québec, et de la crise économique. Il fallait espérer que l’ADQ s’effondre vraiment comme on l’espérait. Ce ne fut pas le cas, elle est parvenue à résister à la complète extinction ce qui a eu le malheur de menacer même l’obtention de la majorité, qui a favorisé le PQ. L’ADQ a gravement été blessée. Mais cela ne fut pas sans mal. Il a fallu déployer l’artillerie lourde pour parvenir à ce résultat espéré. La victoire mitigée en témoigne. Et, il a fallu l’aide d’Ottawa.
Minimiser la participation électorale
Plus le taux de participation électoral est élevé, plus l’appui au PQ, aux souverainistes, aux tiers partis est élevé. Le pari était de profiter de la conjecture pour minimiser le taux de participation. On ne pouvait rêver mieux, le contexte de lassitude électorale et des conditions hivernales peu propices ne pourraient que favoriser une faible participation. Pour peu qu’on sache bien ne pas provoquer les passions, pour peu que l’économie, ou n’importe quoi de semblablement peu sujet de passion, s’impose, les chances de gagner étaient bonnes. Ce pourquoi on s’est appliqué à produire une offre d’enjeux pauvres ou inexistants, dépourvue d’attaques senties et fondées sur une supposée élection formalité… le gouvernement démissionnaire avait toutes les chances de revenir majoritaire, à quoi bon se déplacer pour voter.
C’est là qu’entrent en scène les propagandistes de Gesca. Peu de sondages, et toujours exaltant l’inévitable gouvernement majoritaire du PLQ, non sans étirer la sauce, au besoin en étalant le sondage sur 7 ou huit jours quand il menace de menacer le lieu commun de la fatalité majoritaire. Jusqu’à ne pas mentionner le sondage Angus Reid qui annonçait un résultat pas mal plus serré quelques jours avant l’élection. Mais même cela ne parvenait pas à enfoncer suffisamment l’ADQ. Madame Marois ayant entre autres choses compris qu’elle ne devait pas attaquer cet allié naturel et a concentré ses attaques sur le PLQ.
Voir tableau des sondages : Les attaques de Harper ont fouetté le vote péquiste
« Les attaques de Harper ont fouetté le vote péquiste » ? Foutaises !
L’épisode de la coalition avortée a autant favorisé l’adhésion à l’argument de la stabilité du « volant » qu’à l’argument nationaliste-souverainiste. La remontée du PQ datait d’avant la coalition. Mais il faillait justement empêcher que la remonté se poursuive… et détournant l’attention. De vrais sondages, plus nombreux pourraient le démontrer.
C’est là qu’entrent en scène les canadianisateurs de la ART-Peur, ( activisme agressif qui maitrise l’art de la peur ), et les libéraux fédéraux dirigés par un chef en sursis qui tente désespérément de faire indirectement ce qu’il n’a pu faire directement, se tenir debout. Il aurait déjà pu le faire en proposant de refuser les élections précipitées de la ART-Peur. Il a préféré aller en élections. La coalition aurait eu plus de chance de s’imposer par surprise, avant même les élections. Une coalition qu’il aurait pu imposer par surprise après les élections.
Il a refusé la surprise, pour nuire aux élections du Québec sans changer la donne à Ottawa en donnant toutes les chances aux conservateurs de se maintenir au pouvoir. Cet épisode d’une coalition incapable de s’imposer, a permis d’achever de prendre toute la place dans cette campagne électorale du Québec qui menaçait de déraper.... Un énoncé économique Conservateur de la discorde, contredisant comme par hasard et fort opportunément un précédent discours du trône de la concorde, permet de détourner l’attention du Québec vers Ottawa. Du tout bon pour Jean Charest qui misait sur un faible tôt d’intérêt et de participation. Le message : « L’important se passe ailleurs, à quoi bon aller voter… à quoi bon le faire en plein hiver… »
L’objectif visé, montrer que l’incertitude d’une alliance PQ ADQ QS contre le PLQ pourrait se heurter à bien des obstacles. En laissant croire quelques jours qu’une coalition PLC NPD pouvait avoir quelque chance de se constituer, on ne pouvait que provoquer sa déconfiture, il suffisait de proroger la session pour désamorcer à temps la crise, à temps avant l’échéance du 8 décembre et ainsi discréditer en vrac, et le processus de coalition, et les tiers partis, et « l’instabilité » des gouvernements minoritaires dont se sont entichés les Québécois. On dit que le « Québec-rentre-dedans » aurait dopé le PQ, ce qui expliquerait la « surprise » du résultat du 8 décembre… On peut en douter à plusieurs égards. Non seulement s’est-on employé dans les médias à contredire la réalité du « Québec-rentre-dedans » mais on a dénoncé à pleines pages propagandistes le fait que ce soit significatif dans le jeu Conservateur, et qu’il était odieux de prétendre que s’opposer au Bloc étant anti-Québec. Maintenant ils nous disent que leur propagande a été inopérante… Vraiment !?
Les canadianisateurs ont bien manœuvré. Non seulement ils ont assuré la survie du PLQ, mais en plus ils ont fait en sorte que les Conservateurs ne sont plus crédibles au Québec, question rapprochement avec le Québec nationaliste. Le statu quo est là pour longtemps et les coalitions électorales et politiques auront du mal à s’imposer. La majorité aura du mal à gouverner. En effet, autant au Canada qu’au Québec, l’État est gouverné par une minorité électorale détenant à peine 40 % des voies. C’est la beauté du système uninominal à un tour qui favorise le bipartisme +, trois partis, dont deux forts et un faible. L’ADQ représentait une voie où le multipartisme avait des chances de s’imposer au Québec avec la montée de QS. Passe encore que le multipartisme s’impose au Canada, mais au Québec, c’est autre chose. La déconfiture de l’ADQ espérée et programmée par les canadianisateurs nous ramène au tripartisme si payant pour le statu quo fédéraliste de l’enfermement. Dans ce contexte, quel que soit le parti au pouvoir, il sera minoritaire, même majoritaire. Ce qui permet à une minorité fédéraliste de gouverner, et qui lui permet de limiter le pouvoir et la légitimité d’un gouvernement souverainiste. Il n’est pas majoritaire en terme de pourcentage des voies.
Réciproquement donc, les souverainistes auraient intérêt à privilégier la coalition, la constitution d’une coalition souverainiste multipartiste de gauche à droite. De QS à l’ADQ en passant par un PQ de centre. On le voudra davantage de centre-droit, pour récupérer les restes de l’ADQ. Ce serait le souhait des canadianisateurs. Une autre option est souhaitable du point de vue nationaliste et souverainiste.
Un PQ de centre-gauche
Il faut tabler sur l’espoir suscité par l’ADQ au moment de sa fortune électorale, il faut miser sur l’espoir suscité par la coalition multipartiste fédérale. Au fédéral il est fort possible qu’elle ne puisse s’imposer dans de brefs délais. Les canadianisateurs veillent et ont écarté le gêneur Stéphane Dion. Quoique… rien n’est joué à cet égard. On en saura davantage en janvier.
« Je n’exclus pas de développements positifs, mais il ( Harper ) doit faire des efforts. Il doit restaurer le lien de confiance avec les autres partis »
Ignatieff se dit prêt à renverser les conservateurs
La Presse – 2008 11 10 - Karine Fortin - La Presse Canadienne
Il faut être prudent lorsqu’on interprète les déclarations de Michael Ignatieff suivant sa nomination comme nouveau chef. Le chef du PLQ « nouveau » pourra, plutôt que de coaliser avec le NPD et le Bloc, préférer, soit prendre du temps dans l’opposition pour préparer mieux le PLC à de futures élections pour enfoncer le Bloc au Québec, soit renverser le gouvernement pour tenter d’enfoncer le Bloc dès maintenant par élections précipitées avant que le PQ ne profite de sa récente lancée et avant que Gille Duceppe profite de l’impact de sa participation à une éventuelle coalition. Un défaite ou un recul permettrait de s’en débarrasser, plutôt que donner l’exemple d’un bon fonctionnement d’une coalition fédérale ce qui permettrait de donner la chance aux souverainistes de valider la stratégie de la coalition capable renverser pour de bon le PLQ.
La coalition souverainiste – L’Unité nationaliste
C’est donc bien cette voie de l’unité et de la coalition souverainiste qu’il nous faut creuser. C’est la seule qui puisse permettre de faire front uni au rouleau compresseur canadianisateur. Il faut encourager Mario Dumont lorsqu’il invite ses successeurs à poursuivre dans la voie qu’il a tracée pour l’ADQ.
« Si on met de côté tout ce en quoi on croit, on devient un parti qui est au centre-centre, opportuniste, qui, avec deux, trois sondages, se fait un programme de dernière minute, a-t-il dit. On n’en a pas besoin d’un de plus au Québec. Alors, il faut qu’un parti ait une contribution, amène quelque chose sur le plan des idées. »
L’ADQ doit revoir son programme, affirme Dumont
La Presse – 2008 11 10 - Alexandre Robillard - La Presse Canadienne
S’il est question de revoir le programme de l’ADQ, s’il n’est pas question de le repositionner au centre-droit fédéraliste, pour qu’elle continue de se distancier et distinguer du PLQ, il n’ya a pas d’autres avenues que de positionner l’ADQ soit à la droite « autonomiste », soit au centre-droit souverainiste. Cette alternative me semble être la voie de l’avenir pour l’ADQ. Quitte à ce que ce souverainisme soit assorti d’un détour « autonomiste ». C’est-à-dire, prendre le parti du peuple souverain du Québec en quête de reconnaissance dans un Canada renouvelé et à défaut de l’obtenir dans les meilleurs délais, opter pour la souveraineté d’un État de centre-droit. Dans tous les cas, ce recentrage est viable dans le contexte d’une coalition souverainiste. L’ADQ pourrait trouver sa place dans un gouvernement de coalition et se refaire ainsi une crédibilité en siégeant dans tel gouvernement de coalition d’Union nationale.
Au programme : Un programme de coalition d’Union nationale
L’idée serait de bâtir un programme multipartite de centre capable de fédérer de gauche à droite le Québec souverainiste et autonomiste. Il s’agit pour ce faire de faire la synthèse de préoccupation de chaque tendance de la coalition multipartite. Une coalition capable de faire la promotion de chacune de ces préoccupations, parce que bien représentées et identifiées. À savoir, un État où la technocratie est plus performante, responsable, et imputable, et partant, plus proche des préoccupations du peuple, mois invasive et tatillonne, mais un État, une technocratie, une système, plus solidaire des disparités économiques qui sont le fait autant des personnes que des régions, un État capable de distribuer la richesse des grands centres comme celle des grandes fortunes privées et d’entreprises, en encourageant l’initiative et l’esprit d’entreprise personnel, collectif, coopératif, corporatif des collectivités publiques et privées régionales et nationales. Cela, dans un contexte de réforme du capitalisme de spéculation et de responsabilisation environnementale.
C’est en somme l’action démocratique dont nous avons besoin. Un parti à lui seul ne peut parvenir à la fois à faire la promotion de ses idées et prétendre rassembler autour de lui les consensus capables de susciter l’adhésion d’une majorité. L’exemple du PQ, du Bloc, qui ne sont jamais parvenus à eux seuls à fédérer une majorité des voies solide du Québec souverainiste, celui récent de l’ADQ, sont parlant. Tous ces partis-pris sont donc dans le contexte actuel condamné à la marge ou à l’opposition si l’on ne compte que sur un parti pour fédérer une majorité claire. Dans un contexte de coalition, c’est tout autre chose. Chaque parti peut réunir des activistes dédiés à telle ou telle mise en valeur de telle ou telle idée, mais avoir la chance de participer au plus haut niveau aux discussions et aux prises de décisions, cela parce qu’il participe au gouvernement. Le parti ayant obtenu la plus grande faveur électorale étant habilitée à faire les arbitrages qui s’imposent et présider la coalition. En somme, meilleure efficience de la technocratie, mais pas sur le dos des démunis et de l’État en tant qu’incarnation de la souveraineté démocratique du peuple.
Une action démocratique qui éloigne du pouvoir les partis d’intérêts appuyés à coup d’argent et d’influences occultes et indues. Seule une telle coalition majoritaire est en mesure de contrer les gouvernements affairistes forcément minoritaires dans notre système bipartiste déphasé, parce qu’indument appliqué au multipartisme. Seule une telle coalition aura intérêt à changer ce système uninominal à un tour qui nous bloque dans le statu quo canadien.
Au programme :
Prochaines élections fédérales pour enfoncer le Bloc québécois.
L’unité et la mobilisation souverainiste
À peine 2000 voies ont permis à Jean Charest d’obtenir la majorité. Moins de 200 souverainistes de plus par comté se seraient déplacés pour voter, et Jean Charest n’aurait pu constituer de gouvernement majoritaire. Un gouvernement de coalition PQ ADQ QS aurait pu permettre à la majorité des voies de gouverner.
Le PQ renaît ! De quelle renaissance s’agit-il ?
Si les élections du 8 décembre 2008 ont permis la « renaissance » du PQ il importe de la situer dans le Québec d’aujourd’hui. Un Québec fort différent de la naissance du PQ. Un Québec où pour la première fois une alternative de droite a pu montrer qu’elle pouvait avoir de la vigueur, un Québec où pour la première fois la gauche réussit à élire un député, un Québec avide de s’exprimer dans la pluralité hors l’amalgame centriste de nivellement. Le PI exprime ce désir d’expression hors le carcan du conformisme politique traditionnel que l’ADQ et QS sont parvenu à briser. Le PQ doit toujours tenter de s’imposer au centre, mais il doit le faire en prenant le parti d’un rassemblement hors parti qui tire parti de ce désir de distinction qui s’est exprimé dans l’ADQ, dans QS.
Le PQ renouvelé doit renoncer au parti unique souverainiste. Il doit se concevoir dans un autre type de rassemblement. Un rassemblement pluriel à la fois interne, mais aussi externe. Il doit désirer prendre la direction non plus seul, mais de concert avec d’autres partis souverainistes ou autonomistes dont le peuple souverain du Québec est le seul maître, qu’ils soient de gauche ou de droite. Le pari impossible du centre capable de fédérer la gauche et la droite a fait long feu. Le pari de faire l’unité souverainiste au-delà des convictions intimes et électives de gauche ou de droite a fait long feu.
L’abstentionnisme militant – Un chèque en blanc à une minorité de blocage
Les abstentionnistes militants doivent aussi prendre acte du fait qu’en favorisant l’élection d’un gouvernement majoritaire, non seulement ils ne sont pas originaux, mais en plus, acoquinés aux paresseux, aux irresponsables insouciants qui ont gobé tout cru le poisson propagandiste décourageant la participation au vote électoral de multiples façons, ils se sont tirés dans le pied. La seule chance de voir s’imposer la proportionnelle qu’ils espèrent, leur permettant d’avoir l’impression d’avoir droit au chapitre, est reportée aux calendes grecques par le faible taux de participation électoral. Tout ce qui était espéré par le PLQ et les canadianisateurs. Seul un gouvernement de coalition pourrait imposer tel changement de nos institutions électorales. Un gouvernement de coalition qui seul peut s’imposer en cas de gouvernement minoritaire, ce qui n’a pas été le résultat de ces élections grâce à leur fière militance abstentionniste.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

