Éditorial de Vigile

octobre 1996
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« Quels que soient ceux qui exercent le pouvoir, nous sommes structurellement et juridiquement dans une situation d’oppression nationale (...). Nous sommes devenus une colonie du Canada. Nous sommes à la croisée des chemins. Nous pouvons prendre la voie de la soumission et de la désintégration ou nous pouvons choisir de lutter pour la libération. » Denis Monière

VIGILE (UNE) :
« Veille d’une grande fête »


Ce site entend participer à cette grande VEILLE, à ce « travail » historique par lequel le peuple québécois s’achemine vers son indépendance politique, en présentant, entre autres, les opinions d’acteurs politiques (politiciens, intellectuels, journalistes, économistes, etc.) qui définissent les alternatives démocratiquement offertes aux Québécois.

  VIGILE (UN)
« Gardien dans la nuit »


Il entend aussi démasquer les ennemis de la démocratie québécoise, francophobes et colonialistes, qui ne respectent pas les règles du jeu démocratique et, par leur délire, exposent les citoyens d’ici à des conséquences dangereuses.

Le peuple québécois est en marche vers son indépendance politique. Historiquement engagé depuis 1760, mis à l’épreuve en 1837, retrouvé en 1960, ce processus, s’accomplissant aujourd’hui sous nos yeux, et par nos décisions, se déroule dans un cadre démocratique indiscutable et dans des conditions sociologiques plus diversifiées donnant à la nation québécoise une figure moins monolithique.

Il aurait fallu aux Canadiens plus de courage, plus de sagesse, pour bâtir un dialogue capable de fonder le consentement politique sur la claire reconnaissance de deux nations, de deux peuples fondateurs : sur le principe de l’égalité des peuples !!! Une telle démarche aurait pu porter ses fruits. Cette condition, quoique insuffisante, était essentielle.

Mais elle n’a pas été remplie. Car les Canadiens persistent à considérer leur pays comme une simple collection d’individus... conformément à l’idéologie officielle du multiculturalisme canadien ! La plus grave des menaces pour le peuple québécois !!! Au mieux, un malentendu, qui a beaucoup à voir avec la domination et la mémoire, avec les solidarités difficiles à tisser entre peuples forcés de cohabiter...

S’il veut survivre, le peuple québécois doit se retirer d’une telle confusion et faire reconnaître sa souveraineté politique. Aussi n’est-il pas étonnant de constater en son sein une majorité se construire et s’affermir la volonté de se donner un PAYS.

Ce débat, les Québécois le font démocratiquement, et ce, malgré les extrémistes de tous bords.

Après plus de 30 ans de « pourparlers stériles », le peuple québécois tirera les conclusions qui s’imposent, assumant son destin historique dans la solidarité nationale.

Aujourd’hui, les Québécois « de souche », sans renier leur identité, sans cesser le travail de la mémoire, ont déjà réussi à donner à leur projet historique et national une dimension civique, conviant ainsi toutes les bonnes volontés à bâtir un pays démocratique, tolérant, ouvert et prospère.

Quant aux groupes minoritaires, s’ils ont des droits, largement respectés, ils savent qu’ils ont aussi des devoirs, avant tout celui de respecter la quête fondamentale (celle du « droit d’exister ») du seul peuple francophone majoritaire en Amérique du Nord, dont ils font partie et dont ils ont choisi de partager le destin. Cela ne signifie pas qu’ils doivent être souverainistes. Mais, peu importe qui ils sont et d’où ils viennent, cela signifie qu’ils ont le devoir, en tant que citoyens du Québec, de choisir le cadre institutionnel qui servira le mieux la culture québécoise et les intérêts de cette communauté politique à laquelle ils appartiennent.

Quant à nous, ce cadre, c’est la souveraineté politique. L’heure est venue de sortir de cette impasse, source de toutes les confusions, et d’engager les efforts nécessaires pour donner à ce pays le cadre institutionnel conforme à ce qu’il aspire à devenir, compte tenu de ce qu’il a été et de ce qu’il est aujourd’hui !!!

C’est dans cette perspective, qui approche de son dénouement, que VIGILE entend jouer le jeu démocratique et proposer sa contribution.

Bernard Frappier
Vigile
octobre 1996

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