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Eau Canada !
« Monsieur Harper, notre eau n’est pas à vendre »
Denis Paradis
La Presse
dimanche 22 avril 2007


Monsieur le premier ministre,

Je viens d’apprendre la tenue d’une réunion à Calgary le 27 avril prochain, entre des hauts fonctionnaires du Canada, des États-Unis et du Mexique. Un des sujet de discussion : l’exportation de l’eau.

Il n’est pas inutile de rappeler que :

> L’eau est une ressource irremplaçable

> La Commission mixte internationale sur les eaux limitrophes (Canada/U.S.A.) mentionnait en 2000:1) que moins de 1% de l’eau des Grands Lacs est renouvelée annuellement ; 2) que lorsqu’on prend en compte tous les secteurs d’activité du bassin, il n’y a jamais de « surplus » d’eau. Chaque goutte d’eau peut être utilisée de plusieurs façons

Pourquoi alors des rencontres sur l’exportation de l’eau ?

Le gouvernement fédéral a déjà adopté la position suivante : « L’Aléna ne confère de droits sur les ressources naturelles en eau à aucune des parties (..) L’eau, à l’état naturel, dans les lacs, cours d’eau, réservoirs, aquifères, bassins hydrographiques et autres ne constitue pas une marchandise, n’est pas commercialisable et par conséquent, elle ne fait pas et n’a jamais fait l’objet de dispositions d’aucun accord. »

Donc, pas de problème si l’eau reste à l’état naturel, c’est-à-dire, n’est pas sortie de son environnement, c’est-à-dire des lacs, rivières, bassins, etc.

Eaux limitrophes

En décembre 2001, la Chambre des communes a adopté la Loi du Traité des eaux limitrophes internationales, visant à interdire les prélèvements massifs d’eaux canadiennes, soit dans quelque 300 lacs et rivières limitrophes.

En plus, le gouvernement du Canada s’est entendu avec les diverses provinces et territoires afin qu’ils assurent la protection de toutes les ressources en eau douce du Canada à l’intérieur de leurs juridictions respectives.

Or, depuis 2001, en vertu de la loi :

Art. 13 (1er) « nul ne peut utiliser ou dériver des eaux limitrophes d’un bassin hydrographique en les captant et en les transférant à l’extérieur du bassin. »

Et les pénalités sont lourdes :

Art. 22 « amende maximale d’un million de dollars et un emprisonnement maximal de 3 ans pour chaque journée d’infraction. »

On n’est pas obligé d’avoir visité de nombreux pays à travers le monde pour comprendre l’importance de cette richesse qu’est l’eau. Dans quelques années, sa valeur relative pourrait bien dépasser celle du pétrole !

On n’est pas obligé d’avoir vu le film d’Al Gore (An Inconvenient Truth) pour comprendre l’importance de cette richesse qu’est l’eau. On n’est pas obligé d’être libéral pour comprendre l’importance de cette richesse qu’est l’eau. Monsieur Harper, notre eau n’est pas à vendre.

Denis Paradis, Ancien député libéral fédéral de Brôme-Missisquoi, l’auteur est avocat.

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