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Il y a au Canada un seul problème : l’autonomie des Québécois. La réalité de l’autonomie empoigne toute la vie politique. L’état d’esprit des Canadiens français est celui d’une minorité qui veut cesser de l’être. La colère est si grande qu’ils ont maintenant la volonté d’être autre chose que des hommes en colère. - André Malraux - 1963
             
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Dumont l’imposteur
Mario Dumont vient de faire la démonstration qu’il appartient à cette race de politicien qu’il méprise et que les Québécois détestent
Patrice Boileau
Chronique de Patrice Boileau
mercredi 18 avril 2007      646 visites      4 messages


Décidément, le chef de l’Action démocratique accepte de se livrer à toutes sortes de contorsions politiques pour séduire les Québécois et accéder au pouvoir. Le nouveau chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale leur a même prouvé dernièrement qu’il n’hésitera pas à mentir pour devenir premier ministre.

Ainsi donc, Mario Dumont « n’a jamais été souverainiste. » Il n’a jamais cru en la « séparation du Québec du Canada. » S’il a milité pour le camp du OUI, en 1995, c’est à cause de la présence de Lucien Bouchard, nommé alors « négociateur en chef » du Québec pour établir un nouveau partenariat avec le reste du Canada. Aux yeux du leader adéquiste, ces pourparlers en vue de modifier les rapports entre les deux États prouvent que la consultation populaire ne portait pas sur l’indépendance du Québec. C’est en substance ce qu’il a soutenu à l’émission « Dutrizac » le 4 avril dernier, sur les ondes de TQS.

Voilà qui est extrêmement court comme argumentaire. À moins de vouloir se livrer à de la malhonnêteté intellectuelle… Ce à quoi veut visiblement s’abaisser Mario Dumont. Comment peut-il en effet prétendre que le référendum de 1995 ne visait qu’à renouveler le fédéralisme canadien ? N’a-t-il pas aperçu Jean Charest brandir son passeport canadien lors de la grande mascarade canadienne au centre-ville de Montréal ? Ce « love-in » n’a pas été organisé par les forces fédéralistes afin qu’ils expriment leur enthousiasme à l’idée d’entreprendre des discussions constitutionnelles avec les Québécois.

Le message de Jean Chrétien au petit écran, à la veille du vote, était assurément un avertissement lancé aux Québécois du « danger » de voter OUI. Le visage troublé de l’interlocuteur n’a pu être causé par une crainte de devoir réformer la Constitution. Son propos ne laissait planer aucun doute de l’enjeu référendaire, comme l’a attesté ce qu’on pouvait lire sur les affiches du camp fédéraliste. Mario Dumont est innocent, mais pas à ce point.

En travaillant pour le camp du OUI, le chef de l’Action démocratique a lucidement aidé le Québec à devenir un pays. En le niant effrontément aujourd’hui, le leader de l’ADQ cherche-t-il à démontrer à la population qu’il lui a menti tout au long de la campagne référendaire ? L’ensemble des discours qu’il a alors prononcés n’aurait été que du théâtre : l’homme aurait feint être indépendantiste ? Y a-t-il quelqu’un au Québec qui avale ce récit rocambolesque ? Y a-t-il surtout quelqu’un qui perçoit encore de la droiture chez cet homme ?

Voilà surtout des révélations choquantes. Celui qui accuse ses adversaires de tromper la population depuis son entrée en politique active, les surpasse. Le député de Rivière-du-Loup, qui soutient que son parti est porteur d’un vent de fraîcheur, dégage plutôt des relents encore plus nauséabonds que ceux qu’il attribut aux autres formations politiques. L’interprétation déshonorante qu’avance Mario Dumont sur sa participation au référendum de 1995 éclabousse toute la classe politique. Son triste propos exacerbe le cynisme que les Québécois éprouvent envers leurs élus, exactement ce qu’il prétend vouloir combattre. Quelle sera sa prochaine contradiction ? À quel parjure se livrera-t-il dans les semaines à venir ? Comment faire confiance à cet homme dorénavant ?

Surtout que Mario Dumont manifeste depuis quelques jours son désir de voir le Québec ratifier l’odieuse Constitution de 1982. Si Ottawa consent à y enchâsser une clause qui encadrerait son pouvoir de dépenser, le chef de l’opposition officielle a effectivement souligné qu’il ne s’objecterait pas à voir le Québec y adhérer. Voilà une condition bien mince. La réponse brutale qu’il a obtenue de la classe politique fédérale démontre bien que sa « philosophie autonomiste » ne créer pas une « nouvelle dynamique » qui favorise à « réparer les erreurs de 1982. » Chose certaine, plusieurs cherchent encore dans le refus catégorique d’Ottawa « l’esprit d’ouverture » que le député de Rivière-du-Loup décèle chez les conservateurs de Stephen Harper…

Suite aux nombreuses voltes-face auxquelles nous a habitués Mario Dumont, les Québécois ont tout lieu d’être aux aguets. Maintenant que le gouvernement fédéral l’a humilié en claquant la porte constitutionnelle à son « approche autonomiste », il faudra en effet voir ce qu’il compte faire. Si le chef de l’ADQ décide de forcer le jeu et de pousser le gouvernement libéral de Jean Charest à négocier une entente constitutionnelle à rabais, la population devra monter aux barricades pour défendre les intérêts du Québec : elle devra d’abord être consultée avant l’adoption de toutes réformes.

Que conclure de tout cela ? Que reste-il dorénavant du programme « autonomiste » de l’ADQ ? Qui peut assurer aux Québécois que les idées avancées par l’Action démocratique ne seront pas jetées aux poubelles à la première occasion ? Qu’en pensent les souverainistes qui l’ont suivi le 26 mars dernier, eux qui sont soudainement entraînés dans un débat constitutionnel stérile qui les rebute ?

Mario Dumont vient de faire la démonstration qu’il appartient à cette race de politicien qu’il méprise et que les Québécois détestent. Celui qui a longtemps pourfendu l’attitude malhonnête des « vieux partis » a montré, par ses derniers événements, qu’il peut faire pire. Faire élire 40 de ses comparses à l’aide de formules creuses qui ont cherché à attiser le mécontentement général n’était déjà pas très innovateur. En ajoutant à cette vieille tactique le mensonge et la trahison, le chef de l’Action démocratique établit clairement qu’il n’est pas digne de gouverner. Ce politicien ignoble ne peut se voir remettre les rennes de l’État québécois.

Patrice Boileau

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Vos commentaires:
  • Dumont l’imposteur
    18 avril 2007, par Gilles Bousquet

    M. Boileau n’y va pas avec le dos de la cuillère. Les gros mots insultants sont souvent utilisés comme vous le faites quand on manque d’arguments solides et que l’on fait appel à l’émotion du lecteur.

    M. Daniel Turp, spécialiste constitutionnel, et important député du PQ vient juste de se joindre au mouvement de l’ADQ pour un constitution québécoise dans un esprit d’autonomie du Québec. C’est quoi les insultes que vous lui réservez ?

    Pas de panique M. Boileau, c’est pas bon pour le bonheur ça.

    Gilles Bousquet St-Hyacinthe


  • Dumont vs. Turp
    18 avril 2007, par Charles
    En réaction au commentaire, je tiens à préciser que proposer une Constitution du Québec n’est pas rejoindre l’ADQ. Si tous les partis de l’Assemblée nationale s’entendaient sur une Constitution du Québec, la nation québécoise serait gagnante. Or, lorsque l’identité du Québec est renforcée, les souverainistes ne peuvent que se réjouir. Chaque fois qu’on consolide les positions québécoises, l’identité québécoise, l’État québécois, le processus d’accession à l’indépendance n’en est qu’avantagé.
  • Une partie d’échecs...
    18 avril 2007

    Salutation citoyennes et citoyens,

    Via son projet de constitution, Turp, le député péquiste, a avancé un pion... On verra bien assez vite la réaction d’Ottawa... Le PLQ voudra s’en tenir au statu quo tandis que l’ADQ devra passer à l’acte de l’autonomie...

    Une dynamique politique qui permettra une avancée vers la libération nationale du Québec qui se produira à terme... Avec la constitution québécoise suivra la citoyenneté nationale...

    Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

    Gilles Brassard


  • Dumont l’imposteur
    19 avril 2007, par Daniel Sénéchal

    Bonjour M. Boileau,

    J’aimerais ajouter quelques éléments par rapport à votre description ou votre analyse de M. Dumont, ce fier représentant de certaines chambres de commerces et des patronneux de petit esprit.

    Il va sans dire que M. Dumont a bel et bien embarqué pleinement dans le camp du Oui, en 1995, autour du moment ou il y a eu un damage de pion à Jacques Parizeau, cette intervention sur un partenariat proposé au ROC par Lucien Bouchard, faisant en sorte qu’on reléguait la souveraineté à l’arrière plan, avec une proposition d’un nouvel arrangement avec le ROC dans un cadre confédératif empilée sur une question de souveraineté pendant le même vote.

    On proposait aux québécois, sans vraiment le dire, une nouvelle forme de social-darwinisme, une espèce de souveraineté légère, comme un couple divorcé dont un conjoint serait forcé de se remarier sous la tutelle du plus fort.

    Sortons nos livres d’histoires et vérifions, il me semble que des négociations entreprises par le Québec avec le ROC mènent invariablement vers une érosion de l’état québécois.

    M. Bouchard se disait souverainiste en 1995. Les choses peuvent changer si vite parfois...

    Face aux critiques que Jean Chrétien avait régurgité suite à sa courte victoire du Non, pestant et vociférant sur ce qu’il voyait comme étant un manque de clarté dans la formulation de la question référendaire de 1995, M. Dumont avait déclaré à des journalistes qu’il lui semblait que la question était pourtant très claire, qu’on pensait à la souveraineté du Québec et à un partenariat avec le ROC, un relation de un à un, que les québécois avaient bien compris la question.

    Par où le vent toune-t-il aujourd’hui pour M. Dumont ?

    Daniel Sénéchal Montréal




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