Vendredi 5 décembre 2008
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Les lois fédérales doivent respecter la primauté du français au Québec

Montréal, le mercredi 10 octobre 2007 – Alors que le débat sur l’identité québécoise bat son plein avec les audiences de la Commission Bouchard-Taylor, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, exhorte le gouvernement conservateur à agir concrètement pour la nation québécoise et à passer de la parole aux actes en reconnaissant la primauté du français au Québec, une valeur fondamentale de la nation québécoise.

« Maintenant que la nation québécoise a été reconnue en mots, le Canada a l’obligation de reconnaître cette nation dans les faits et dans les actes en respectant la loi 101 partout sur le territoire du Québec », a affirmé le chef du Bloc Québécois lors d’un discours prononcé à l’Université de Montréal.

Cliquez ici pour télécharger le texte intégral du discours de Gilles Duceppe (PDF, 64 Ko)

Gilles Duceppe a évoqué le combat des Québécoises et des Québécois qui se sont battus pour voir adopter la loi 101. « Le français, c’est ce qui nous réunit et c’est ce qui nous définit. C’est ce qui nous a tenus ensemble dans le passé et c’est aussi ce qui nous permettra d’exister dans l’avenir. On a renversé une situation où les nouveaux arrivants au Québec devenaient Canadiens, Canadiens anglais. Pourtant, on n’a pas fini de se battre pour notre langue », a-t-il signalé.

Le chef du Bloc Québécois a rappelé qu’une bonne partie des transferts linguistiques au Québec se font encore aujourd’hui vers l’anglais, que de nombreux francophones du Québec travaillent en anglais, que la francisation en est encore à ses balbutiements dans bien des entreprises et que les raisons sociales anglophones se multiplient.

« L’une des raisons principales qui expliquent cette situation, c’est le refus obstiné du gouvernement canadien de reconnaître la loi 101 sur le territoire québécois. Le problème, c’est qu’on n’est pas libre, comme nation, d’imposer le français comme langue officielle parce que le gouvernement fédéral nous impose des limites. Encore le mois dernier, la Cour d’appel a déclaré inopérant un article adopté unanimement par l’Assemblée nationale en 2002 en vertu d’une Charte canadienne des droits et d’une Constitution qui ont été imposées au Québec sans son accord », a-t-il expliqué.

Gilles Duceppe a ajouté qu’il est temps d’agir pour forcer le gouvernement fédéral à respecter la loi 101 sur le territoire québécois.

Des amendements aux lois fédérales

« Le Bloc Québécois a le devoir de défendre l’identité québécoise et en particulier notre identité comme nation francophone en Amérique. Nous allons donc proposer des amendements à certaines lois fédérales qui touchent la reconnaissance du français comme langue officielle du Québec et comme langue de travail au Québec », a fait valoir le chef du Bloc Québécois.

« Pour imposer la loi 101 sur le territoire québécois, du moins partiellement, nous allons notamment demander de modifier la Loi sur les langues officielles afin que le gouvernement fédéral reconnaisse que le français est la langue officielle du Québec. Nous allons aussi soumettre des propositions d’amendements au Code canadien du travail pour que les entreprises soumises aux lois fédérales soient contraintes, en ce qui a trait à la langue de travail, d’observer les lois en vigueur sur le territoire où elles sont en activité », a encore expliqué Gilles Duceppe.

« Nous allons le faire en souvenir de toutes les générations qui nous ont précédé et qui se sont battues pour qu’on puisse vivre en français au Québec, la tête haute. Nous allons le faire pour les générations futures, pour qu’elles puissent à leur tour exister comme nation francophone en Amérique », a soutenu enfin Gilles Duceppe.

Les partis canadiens mis au défi

Le chef du Bloc Québécois a rappelé que Stephen Harper a longtemps été un farouche opposant de la loi 101. « Le premier ministre lui-même a déclaré, le 19 janvier 2002 : Il serait faux de prétendre que je suis d’accord avec tous les aspects de la loi 101 […] et les dirigeants fédéraux ne devraient pas approuver les restrictions linguistiques au Québec plus que dans les autres régions du pays. Cela dit, Stephen Harper a maintenant reconnu la nation québécoise et a passé la dernière campagne électorale à promettre un fédéralisme d’ouverture. Lui qui a multiplié les promesses brisées à l’endroit du Québec ne pourra plus se défiler. Stephen Harper devra prendre position pour ou contre le Québec quand nous allons déposer nos projets de loi », a-t-il soutenu.

Gilles Duceppe a également invité les chefs des autres partis fédéraux à se joindre au Bloc Québécois dans ses démarches pour assurer la primauté du français au Québec. «J’offre à Stéphane Dion la chance de refaire l’image de son parti au Québec, le parti de Trudeau qui a imposé la Charte qui permet aujourd’hui de démolir la loi 101, pierre par pierre. Je demande à Jack Layton de nous appuyer et de faire mentir la réputation de son parti ternie par la participation de Thomas Mulcair, seul député du NPD au Québec et ancien procureur d’Alliance Québec, aux assauts juridiques contre la loi 101», a-t-il lancé.

« Si les partis canadiens qui ont reconnu la nation québécoise sont cohérents, ils vont devoir comprendre que la nation québécoise et le français vont de pair, que reconnaître l’une, c’est reconnaître l’autre », a conclu Gilles Duceppe.

Cliquez ici pour télécharger le texte intégral du discours de Gilles Duceppe (PDF, 64 Ko)


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