L’arrestation de graffiteurs du RRQ à Québec, le 25 juin, n’a pas, à ma connaissance, fait la manchette (ni même un entrefilet dans le cahier Q) dans les médias grand public, ce qui ne devrait plus étonner. En revanche, on peut à bon droit s’étonner, on doit même s’en scandaliser, de n’avoir entendu aucune protestation de la part du Parti québécois, du Bloc québécois, du Conseil de la Souveraineté, de l’IPSO, du RIQ et autres mouvements et partis indépendantistes.
On nous dira sans doute qu’il serait plutôt gênant de reprocher aux autorités d’appliquer la loi. Bien, mais nous savons tous qu’à moins de dépradations sérieuses de la propriété publique ou privée, on n’interpelle pratiquement jamais les graffiteurs. Les déclarations des policiers aux contrevenants du RRQ, selon ce que rapporte M. Bourgeois, confirment d’ailleurs qu’il s’agit, du moins à Québec, et surtout pendant les Fêtes du 400e, de réprimer exclusivement le graffiti politique.
Mais alors, toutes ces banderoles et autres fanfreluches fédérales qui déparent le paysage et dénaturent la raison d’être du 400e, que sont-elles sinon des graffitis politiques ? Ah, mais c’est pas pareil, elles ont été payées par le commanditaire fédéral, c’est légal. Ben voilà : ce qui confirme notre soumission et manipule notre Histoire est bien parce qu’il est légal, ce qui remet les pendules à l’heure est mal parce qu’il est illégal mais ne serait même pas nocif et ne donnerait lieu à aucune réaction des tenants de l’ordre s’il ne s’agissait pas de leur rappeler qu’ils ont commis un geste illégitime dans la vision qu’ils présentent de nos origines.
En fermant leur gueule, nos représentants élus censés promouvoir la fin de notre dépendance se fondent dans l’ordre imposé, dont ils acceptent l’hypocrisie légaliste. Ensuite, on accusera le bon peuple de n’avoir rien compris parce qu’il les déserte de plus en plus lors des élections.
Raymond Poulin
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