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Du référendum souverainiste à l’élection sur l’indépendance
Daniel Sénéchal
Tribune libre de Vigile
samedi 12 avril 2008      161 visites      2 messages


Dans quatre textes publiés récemment par Claude Bariteau, Bernard Frappier, Claude Morin et Gilbert Paquette, on peut constater que le dogme du référendum obligatoire avant de déclarer la souveraineté du Québec n’est plus la seule avenue démocratique envisagée pour en venir à l’indépendance du Québec. Il y a aussi la voie électorale, telle que proposée par le Parti Indépendantiste.

Voici un extrait du programme du P.I. adopté à l’assemblée de fondation du 3 février courant qui expose comment le Parti Indépendantiste entend procéder afin de réaliser l’Indépendance du Québec : élection du P.I. à la majorité des sièges ; déclaration d’Indépendance par l’Assemblée nationale ; adoption par l’Assemblée nationale de la Constitution provisoire (initiale) de l’État du Québec libre et indépendant (incluant la création de la Cour suprême du Québec) ; mise sur pied d’une assemblée chargée, à la suite de consultations populaires, d’élaborer un projet de constitution permanente à soumettre au peuple par référendum.

Certains commentateurs dont ceux mentionnés ci-haut s’inquiètent à savoir ce qui adviendrait dans cette éventualité, parmi tant d’autres doit-on faire remarquer, où le Parti Indépendantiste récolterait la majorité des sièges sans la majorité des voix. On ne réinventera pas notre système électoral et notre régime parlementaire. La véritable distorsion provient du référendum qui accorde un surpoids à la minorité de blocage canadienne au Québec.

Suite à son élection à la majorité des sièges, le référendum envisagé par le Parti Indépendantiste sur la Constitution permanente d’un Québec indépendant n’est pas un stratagème pour parer à un blocage quelconque de l’État parasitaire et je me demande où M. Bariteau va chercher cette idée qu’une négociation peut se faire sur l’indépendance du Québec. L’indépendance est déclaratoire et non négociable, sont négociables seulement les actifs et la dette.

D’autre part, je ne vois pas comment certains commentateurs pourraient envisager une coalition souverainiste puisqu’il n’y a aucun parti souverainiste présentement à l’Assemblée nationale.

J’ai suivi avec intérêt les propositions de Gilbert Paquette qui est à l’origine de cette idée de coalition souverainiste et j’en suis venu à la conclusion que c’est une forme de nivellement vers le bas autonomiste confiné dans ce cadre institutionnel que l’on connait hélas trop bien.

Alors, pour conclure, hypothèse pour hypothèse, je préfère m’en tenir au choix électoral de l’indépendance et quand le Parti Indépendantiste aura fait sa place chez l’électorat québécois comme il est en voie de le faire, le mouvement national se coalisera dans le P.I.

Daniel Sénéchal

Montréal

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Du référendum souverainiste à l’élection sur l’indépendance
    12 avril 2008, par Ouhgo

    Monsieur Sénéchal,

    Je constate avec plaisir que vous avez choisi d’expliquer le PI au lieu de dénigrer les membres potentiels dans les autres formations. C’est un progrès remarquable et vous manifestez là des qualités de chef. Comment prévoyez-vous maintenant percer le mur médiatique monopolisé par les Canadians qui n’attendent que votre sortie pour reprendre unilatéralement leur propagande haineuse et raciste ? (Lire, pour s’en souvenir, Québec bashing, démonstration d’une mission inachevée de génocide)


  • Du référendum souverainiste à l’élection sur l’indépendance
    12 avril 2008, par DPL

    Merci tout d’abord pour vos articles toujours bien argumentés, et d’un verbe qui mérite d’être souligné. Cependant, j’admettrai, j’ai encore des doutes et ai pris de soin de formuler mes questions de manière claire. Je me demandais si quelqu’un au PI accepterait d’y répondre ?

    1- Le PI accepte de déclarer l’indépendance du Québec sans avoir une majorité explicite de voix, mais il fera adopter la constitution québécoise proposée par une constituante par référendum, donc nécessairement avec une majorité de voix. Le statut du Québec, question constitutionnelle suprême, est donc traité comme un sujet requérant moins de légitimité démocratique que les règles constitutionnelles courantes. Pourquoi ?

    2- Suite à une éventuelle indépendance du Québec – supposons que sa légitimité ne soit pas reconnue par le PLQ, ce qui, à mon avis, est fort probable, et qu’il aille comme projet de réintégrer le Québec à la fédération canadienne – le PI acceptera-t-il qu’une réintégration au Canada se fasse par la volonté d’une majorité simple de députés à l’Assemblée nationale ? Sinon, pourquoi ?

    Cordialement,

    David Poulin-Litvak


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