Politique Québécoise

Du côté de la dignité et du respect

C’est de plus en plus certain, le prince britannique William et son épouse feront une visite officielle au Québec cet été, et à nos frais svp, comme toujours. Cette visite devrait même avoir lieu à Québec le 3 juillet, jour qui commémore la fondation de la capitale de l’Amérique française. Ils ne manquent pas de culot et de suffisance ces gens-là ! Or, devant l’imminence de cette visite, principalement quatre types de réaction se font ressentir.

Tout d’abord, il y a ceux qui se pâment. Ce sont ces groupies qui ne voient dans le prince britannique qu’une vedette (bien qu’il n’ait jamais rien accompli pour le devenir) et, selon eux, on doit automatiquement aduler les vedettes et ne pas protester. On doit se mettre en rang, applaudir et opiner du bonnet, comme jadis lors de la visite épiscopale. Ils y voient aussi une jolie personne (ça se discute !) ou je ne sais trop quoi de « glamour », de « jet set »… Et ça les fascine. Bref, le degré zéro de la conscience politique. L’aliénation d’Elvis Gratton. Ils se pâment devant William comme ils le feraient devant Paris Hilton. Là s’arrête leur réflexion politique et leur conscience nationale. Et ils courent s’acheter un « g-string » ou une tasse en plastique à l’effigie du nouveau couple royal. À désespérer de l’humanité.

La deuxième catégorie est celle qui renifle, qui hume l’odeur des billets verts et qui veut en palper, peu importe qui l’on doit accueillir. Si ça peut rapporter du fric, il faut accueillir, et l’on se fout du reste ! Pour ces gens-là, le prince William et son épouse ne représentent rien d’autre qu’une occasion d’attirer des touristes et de vendre plus de hamburgers au McDonald’s de la rue Saint-Jean. Il y en a même dans cette catégorie de renifleurs qui prétendent que Québec a besoin d’une telle visite pour se faire voir dans le monde… Comme si Québec, une des principales destinations touristiques de la planète, avait besoin que la monarchie britannique visite ici ses « loyaux sujets » pour que notre capitale soit sur la carte du monde ! Dans cette catégorie, vous aurez évidemment reconnu un type comme Régis Labeaume, champion de la génuflexion devant tous ceux prêts à dépenser une poignée de petit change dans « sa » ville. Et il n’est pas à écarter d’emblée qu’il soit également de la première catégorie.

La troisième grande catégorie est celle où se retrouvent tous ceux qui feignent l’indifférence, qui détournent le regard, par lâcheté essentiellement. Plutôt que de protester, ils nient le réel. Ils sont contre les visites monarchiques, bien sûr, ils comprennent la situation, mais ils se taisent par manque de courage. Tout d’un coup que protester indisposerait quelqu’un ? Et risque-t-on de perdre un vote ? Que va-t-on dire de nous dans le Toronto Star ? Alors ils se ferment la gueule, pilent sur leurs principes et remplissent leur pantalon jusqu’à la ceinture. De façon désespérante, la plupart de nos élites politiques souverainistes actuelles entrent dans cette catégorie. On est loin de Pierre Bourgault, et celui-ci doit se retourner aussi rapidement dans sa tombe que Pierre Falardeau et tant d’autres dont on s’ennuie cruellement.

Heureusement pour notre devise nationale (Je me souviens), il y a également la catégorie de ceux qui se souviennent, ceux qui se rappellent de ce que représente la monarchie britannique, ceux qui réfléchissent au sens de cette visite, à ce qu’elle illustre et à ce qu’elle peut avoir comme impact politique. Et ils n’ont pas peur. En conséquence, ils protestent haut et fort. Ils veulent défendre l’honneur du peuple québécois, une notion qui ne semble plus exister dans la tête de beaucoup de nos compatriotes. Mon camarade Patrick Bourgeois et les collègues du RRQ sont les premiers d’entre ces combattants de la liberté et de la dignité.

Pour ma part, de multiples raisons justifient de protester contre les visites officielles de la monarchie britannique en sol québécois. Souvent, on nous demande pourquoi nous protestons. Et nous répondons. Nous avons déjà publié plusieurs textes sur le sujet et nous continuerons d’en publier plusieurs autres. Mais c’est parfois lassant d’avoir sans cesse à expliquer que la Terre tourne autour du Soleil. Donc prenons les choses autrement pour l’instant. En fait, quelques personnes nous demandent parfois quand nous allons cesser de protester contre ces visites. Angle d’analyse intéressant. Alors, vous voulez savoir quand ? Personnellement, voici.

J’arrêterai de protester contre les visites royales britanniques en sol québécois quand :

1- ... elles cesseront d’être des opérations politiques de propagande pour l’unité canadienne et la monarchie britannique ;

2- ... on cessera de prendre mes taxes et mes impôts pour financer les visites de ces richissimes têtes couronnées ;

3- ... le Québec aura rompu ses liens politiques avec la monarchie britannique (ce que souhaite l’immense majorité du peuple québécois), institution dépassée et antidémocratique s’il en est une, et que l’on paie aussi de nos taxes et impôts par-dessus le marché ;

4- ... cette institution aura présenté ses excuses pour tous les crimes contre l’humanité qu’elle a commis ici et partout sur la planète, dans tous ces pays qui ont été sous la botte de son Empire ;

5- ... quand sa glorieuse majesté aura mis fin à la partition de l’Irlande et à son contrôle illégitime de l’Irlande du Nord.

Revendiquer ces choses fondamentales, c’est pour moi positif et productif et dans le sens d’une humanité meilleure. Ceux qui ne le comprennent pas me désespèrent. Si l’on décide d’abandonner de tels principes, aussi bien jeter au feu le droit des peuples à la dignité et au respect. Je le refuse et je proteste. Et, comme dirait l’autre, je sais que je ne suis pas seul.


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Visite royale au Québec - juillet 2011 - William et Catherine

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