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Du "Voir" au "Journal de Montréal"
Daniel Sénéchal
Tribune libre de Vigile
mercredi 9 mai 2007      612 visites


J’aimerais réagir au franc-parler qui cloche de Richard Martineau paru dans cet organe de divertissement nommé Le Journal de Montréal le 8 mai 2007, titré « Lettre aux péquistes ».

J’aimerais aborder, en premier lieu, la conclusion de son texte où l’illustre franc-tireur nous explique, avec cette limpidité, voire cette simplicité, que de blâmer son chef, c’est la solution facile pour les péquistes.

Quelques petites questions M. Martineau. D’habitude, le chef d’un parti qui perd une élection se voit remplacé par quelqu’un d’autre, rien de plus normal et de banal. Ça se fait partout. Vous devriez comprendre ça ? Pourquoi est-ce que ce serait spécial pour M. Boisclair ? Est-ce qu’il devrait être récompensé pour cette défaite ?

Maintenant, observez la rigueur d’analyse déployée par M. Martineau dans cet extrait suivant : « Vous me faites penser à un gars qui lâche sa nouvelle blonde juste parce qu’elle ne plaisait pas à ses amis. Il trouve que c’est la plus belle femme au monde, il veut l’épouser et lui faire un enfant, mais quand il voit le regard de déception sur le visage de ses potes, il se retourne et lui donne son quatre pour cent. Bravo pour la loyauté. »

Quelle comparaison futile et superficielle ???

S’cusez, M. Martineau, vous êtes peut-être sans savoir que M. Boisclair a fait subir à son parti sa pire défaite électorale depuis 1976 et qu’en tant que chef de ce parti, il l’aurait voulu à son image, le parti d’un seul homme, comme son mentor Lucien Bouchard et René Lévesque avant lui. On aurait dû le nommer le chef du PQ à vie ?

C’est simple, M. Boisclair n’a tout simplement pas l’entregent nécessaire et il n’a pas fait le poids contre Mario Dumont, ce dernier disposant de son propre parti conçu par et pour lui-même, cet ADQ qu’il contrôle comme un régent.

Par ailleurs, M. Martineau se plaint des psychodrames à répétition du PQ et la fâcheuse tendance des péquistes à laver leur linge sale en public.

Doit-on rappeller à M. Martineau que, dimanche dernier, M. Boisclair a fait toute une séance de lavage de linge sale en public à l’émission « Les coulisses du pouvoir » de la SRC ?

M. Boisclair a finalement démissionné aujourd’hui. La vie continue.

Contrairement au parti Libéral, qui est le parti des anglos et de leurs valets ainsi que de l’argent sale, le parti Québécois est le seul parti important au Québec à être doté de structures démocratiques où les membres peuvent, occasionnellement, influer ou exercer un certain contrôle sur leur direction.

Le MSA et le PQ de M. Lévesque ont été créés avec le soutien de leurs divers militants afin que le Québec accède à la souveraineté ou devienne un pays. Ceci s’est fait au-delà des considérations politiques des tendances de gauche ou de droite, c’était un parti centriste. Quarante ans plus tard, le pays est toujours à faire et le PQ est devenu un parti contrôlé par certains courants néolibéraux ou néoconservateurs provincialistes, un parti doté d’un leadership qui ne veut plus faire l’effort de faire la démonstration si évidente de la nécessité d’un Québec indépendant.

M. Martineau nous dit qu’il ne sait plus, même que selon lui le PQ ne sait plus s’il est pour l’indépendance, la souveraineté, la séparation, l’autonomie, les conditions gagnantes, le fédéralisme renouvelé, le beau risque, la souveraineté-association, l’élection référendaire ou le bon gouvernement ???

Il me semble que M. Martineau n’avait pas ce genre d’hésitation ou de confusion dans les textes qu’il écrivait pour le journal Voir voilà plus de dix ans.

M. Martineau, comme son ami M. Dutrizac, reprennent souvent le message d’un passionné trou du cul nommé Réjean Breton, dit le Prof Breton, à savoir que la gauche syndicaliste, c’est méprisable. Que cette gauche n’a pas sa place au PQ, ni ailleurs au Québec quant à ça. Cette gauche devrait, logiquement, aller à Québec solidaire.

Petite question M. Martineau, est-ce que l’objectif premier de Québec Solidaire c’est de faire l’indépendance du Québec ?

Si c’était le cas, j’en serais un membre.

Daniel Sénéchal
Montréal

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