Doit-on en rire ?
Madame Lise Payette dans sa chronique publiée dans Le Devoir de ce vendredi 9 octobre 2009, dit : « Vaut mieux en rire... » en parlant de la folie pandémique concernant la grippe (porcine (?) A-H1N1) et la vaccination. [1]
En rire… Doit-on en rire ?
Nous en sommes plus à la première farce ! Le sérieux nous a-t-il quittés ?
Je ne sais vraiment pas si « vaut mieux en rire… »
On nous affirme que c’est une pandémie aussi terrible que la grippe espagnole.
La grippe de 1918, dite grippe espagnole, c’est la pandémie la plus dévastatrice qui ait frappé le monde au XXe siècle. Elle a fait plus de victimes que les deux guerres mondiales réunies. On estime qu’entre 25 et 40 millions (certains disent 100 millions) de personnes mortes de la grippe entre septembre 1918 et le printemps 1919. Une grippe qui a envahi les États-Unis en 7 jours et a traversé la planète en 3 mois. On estime que 50 % de la population mondiale fut contaminée (soit à l’époque 1 milliard d’habitants). La grippe de 1918 était 20 fois plus mortelle que les grippes « normales ». En dépit du nom (espagnole) cette grippe débuta aux États-Unis et elle a envahi la planète tuant des millions de personnes, en moins de temps que toutes les guerres. Ce fut le plus grand désastre de l’histoire. Et ce, même si à cette époque on considérait avoir une science médicale avancée.
Des régions furent plus dévastées que d’autres : en Alaska, 60% de la population esquimaude a été plus durement atteinte. Aujourd’hui on dit que les Inuits sont plus vulnérables. Dans les îles du Pacifique, 20 % de la population a souffert de maladie respiratoire. Apparemment, c’était une grippe qui avait subi une mutation particulièrement sauvage. Ce genre de virus qualifié de dérive antigénique offrait beaucoup de résistance aux vaccins les rendant peu ou pas efficaces.
Certains spécialistes disent que lorsqu’une épidémie comme la grippe espagnole de 1918 commence, aucun vaccin n’est utile ; une telle épidémie se répand autour du monde plus rapidement que n’importe quel laboratoire de recherche pourrait isoler le virus et préparer et distribuer un vaccin sécuritaire et efficace.
Aujourd’hui, ou donc peut-on trouver un débat sérieux entre spécialistes pour comprendre cette question ? Dites-le-moi.
Doit-on se contenter de quelques internautes tranchants qui nous disent avec une assurance hors du commun : « tout questionnement est ridicule, faites-vous vacciner les yeux fermés et tout ira bien, vous verrez, je suis immunologiste de salon et si vous voulez vous pouvez venir m’affronter dans un examen spécialisé. »
Depuis le début de ladite pandémie, on nous fait le rapprochement avec la grippe "espagnole". Les deux pandémies sont-elles si semblables ? Par le nombre de victimes, on peut en douter sérieusement. Par la virulence de la grippe, on peut en douter encore plus sérieusement.
Quelle est donc cette panique qu’on nous entre de force dans l’esprit ? Pourquoi donc faire de cette nouvelle maladie un danger mortel si grand ?
On parle d’engouement pour les complots. Les gens voient de plus en plus des complots partout et de tout genre. Comment donc expliquer ce phénomène étrange ?
Tout simplement par le manque réel d’information et surtout l’absence totale de débat sérieux. Aucun débat sérieux n’existe dans nos médias et non plus sur nos places publiques.
Tout ce que nous pouvons entendre comme réponse à ceux qui doutent et qui se posent vraiment des questions, c’est : « vous êtes ridicules, on vous a séduit avec ces idées folles de complots et de magouilles. » Entre vous et moi, cette argumentation est plutôt faible.
Où sont donc les rapports scientifiques et les chercheurs « indépendants ». Existe-t-il des chercheurs « indépendants » ou s’ils sont tous payés pour pousser une vision plutôt qu’une autre peu importe les faits scientifiques ? On ne sait plus, on ne sait vraiment plus.
Tout ce que l’on sait, c’est que la terrible pandémie que nous vivons depuis plus de six mois, n’a pas fait énormément de victimes (4100 dit-on, c’est beaucoup, mais si on considère les victimes annuelles de la grippe, c’est très peu (seulement en Allemagne, il y a eu de 15 000 à 20 000 morts durant l’hiver 2004-2005. Selon le Centre national de prévention et de contrôle de la grippe, le nombre de victimes annuel se situe normalement entre 5 000 et 8 000 victimes). La virulence, si l’on peut dire, de la pandémie n’est vraiment pas au rendez-vous. Alors, on comprend mal cette urgence ressentie par nos dirigeants de nous faire vacciner.
De plus. Les sommes faramineuses en question. Si la race humaine est vraiment menacée, il devrait être totalement hors de question que quiconque fasse des profits avec cette calamité.
Tous les laboratoires devraient être réquisitionnés par l’OMS pour sauver ces millions d’Humains menacés de mort précoce.
Seuls les coûts de fonctionnement (il faut bien payer les gens qui travailleraient d’arrache-pied pour sauver la race humaine) devraient être envisagés. Aucun profit ne serait permis et une transparence totale dans les recherches devrait être requise. Tous les laboratoires de recherche devraient mettre en commun leurs découvertes et leurs essais cliniques. Ainsi, nous aurions au moins confiance que cette course aux vaccins ne sert pas uniquement les prédateurs de capitaux.
Il faut établir clairement : nous sauvons l’Être Humain OU nous faisons des PROFITS.
De plus, toutes les statistiques permettant de juger de l’efficacité de la vaccination devraient être publiées. Les salles de rédaction, les chefs de pupitre, les répartiteurs devraient mettre des équipes entières de journalistes pour nous livrer ces nombreuses statistiques tout en les vulgarisant pour qu’on puisse en sortir chacun nos propres conclusions. De plus, les recherches concernant les adjuvants, leurs bienfaits et leurs défauts devraient aussi être publiées sans restriction. Une loi mondiale de l’ONU devrait obliger tous les laboratoires de livrer leurs rapports d’évaluation. Nous parlons de la survie de millions d’Êtres Humains !
L’INFORMATION, LE DÉBAT, voilà ce qui peut faire cesser les théories du complot.
Mais, jusqu’ici, force est de constater que tout favorise le doute et nourrit les théories de complot.
Paradoxalement ceux qui disent que le doute est « ridicule », justifient le doute. Lorsque c’est ridicule on ne crie par très fort que le doute est « ridicule » on le démontre tout simplement. Si ce doute est vraiment « ridicule », il suffit de peu pour le démontrer. Si on ne peut efficacement démontrer que ce doute est ridicule, c’est qu’il n’est pas si ridicule que cela.
Non, je crois que cet événement pandémique, mieux vaut ne pas trop en rire.
Serge Charbonneau Québec
[1] Vaut mieux en rire... http://www.ledevoir.com/2009/10/09/...


